Rob Cookson a trouvé «très difficile» le congédiement de Guy Boucher. «Tu penses à ce que tu as fait qui aurait pu nuire à son poste d’entraîneur-chef.»

Crawford cède la parole à ses adjoints

PHILADELPHIE — Une dizaine de jours après le départ forcé de Guy Boucher, il y a des petits changements visibles dans la façon de faire de son successeur par intérim et ancien associé, Marc Crawford.

L’une d’entre elles a été mise en évidence dimanche après l’entraînement du club à Philadelphie, alors que Crawford a pris congé des journalistes pour laisser ses adjoints Chris Kelly et Rob Cookson parler à sa place, ce qui n’arrivait jamais sous le joug de Boucher.

En attendant que Martin Raymond, l’adjoint de Boucher qui était le plus proche de lui, puisse partager ses états d’âme, Cookson a pu lever un peu le voile sur les difficultés rencontrées par le personnel d’entraîneurs après le congédiement de l’entraîneur québécois.

« C’est très difficile. J’ai déjà été dans ces situations lors de mes expériences passées. C’est compliqué parce que les choses se passent à un rythme tellement élevé à ce niveau-ci. Tu n’as pas le temps de reprendre ton souffle pour réfléchir à ce qui s’est passé, te demander ce que tu aurais pu faire mieux pour rendre la situation meilleure. Tu penses à ce que tu as fait qui aurait pu faire mal à son poste d’entraîneur-chef. Mais c’est difficile parce que nous sommes sur le tapis roulant. Une fois la saison terminée, on pourra se demander ce qu’on aurait pu faire mieux. Je n’ai pas vraiment eu la chance de lui parler (à Boucher) depuis le changement. Quand on va avoir plus de temps, je verrai où il en est. Ses pensées sont probablement dans un autre monde également à l’heure actuelle », a indiqué Cookson.

Le plus discret des adjoints de Boucher avait été embauché il y a trois ans en même temps que Crawford, alors qu’ils travaillaient tous deux pour la même formation des Lions de Zurich, en Ligue élite suisse.

Cette saison, alors que Boucher avait réparti les responsabilités différemment, il était passé de la galerie de presse pendant les matches à derrière le banc pour aider avec les attaquants. Mais quand Crawford a pris la relève, il s’est retrouvé à diriger la circulation du côté du banc où se retrouvent les défenseurs.

« Je me suis occupé des défenseurs lors de mon expérience précédente avec Marc. J’ai dit aux gars de me donner une vingtaine de minutes pour rassembler mes pensées. Ça s’est bien passé parce que nous avons un bon groupe de personnes à la ligne bleue. C’est ce qui fait la différence, des gens de qualité. Je dis toujours que les défenseurs sont plus faciles à superviser que les attaquants, parce qu’ils sont très consciencieux de leur jeu aux deux bouts de la glace, et ils pensent bien le jeu, sans vouloir être négatif envers les avants. Ils sont un groupe plus petit et ils sont plus soudés, ça nous permet d’avoir des bonnes conversations », a-t-il noté.

Ajustements

Celui qui a commencé dans la LNH à la fin des années 1990 comme entraîneur du vidéo pour les Flyers sous Roger Neilson, remercié après trois ans alors qu’il commençait la lutte contre le cancer, lutte perdue une fois devenu un adjoint de Jacques Martin à Ottawa, estime qu’il est encore possible d’effectuer des changements pour améliorer le jeu défensif déficient du club.

« Il est possible d’effectuer des changements subtils. Les joueurs à ce niveau sont très intelligents, ils comprennent le jeu probablement plus que nous en raison de leur expérience. On n’a pas changé beaucoup de choses, mais on a fait quelques petits changements pour rendre notre équipe meilleure dans différents aspects, en s’adaptant à nos joueurs. En regardant nos performances et où nous sommes au classement, on a la liberté de faire quelques changements si on pense que c’est nécessaire. C’est un avantage également », pense celui qui verra son contrat arriver à échéance cet été, comme les autres membres du personnel d’entraîneurs.

+

LES SÉNATEURS EN BREF

Crawford pas content

Marc Crawford a pris congé des journalistes dimanche alors que la veille au soir, il n’a pas mâché ses mots pour critiquer ses joueurs après leur revers de 3-2 contre les Bruins, à qui ils tenaient tête jusqu’au but de David Krejci à 45 secondes de la fin.

«Sur le but gagnant, nous avons raté deux affectations et nous avons eu un mauvais changement. Ces choses-là ne peuvent pas arriver. Ce n’est pas qu’ils ont été chanceux, on s’est battus nous-mêmes. Si cette équipe veut grandir, elle doit arrêter de faire ces erreurs fondamentales. Nos gars ont donné tout ce qu’ils avaient, ils ont bien répondu après les buts. (...) On peut retirer beaucoup de positif, mais le négatif est plus gros. On s’est battus nous-mêmes et ça doit cesser», a-t-il déclaré après coup.

Marchand silencieux

Nouvel entraîneur adjoint avec les Sénateurs, Chris Kelly a effectué un retour à Boston samedi soir, là où il a passé six saisons de sa carrière, dont une couronnée par une conquête de la coupe Stanley. «C’était un peu différent, évidemment, en étant derrière le banc. L’atmosphère était excellente, et je pense que c’est bon pour nos joueurs de jouer dans une telle atmosphère», a-t-il dit.

La peste des Bruins Brad Marchand s’est retenue de taquiner son ami en passant près du banc pendant le match. «Il sait qu’il ne peut pas faire ça avec moi», a blagué Kelly, qui a pu parler à Marchand après le match.

Entre les lignes

Le Wells Fargo Center n’étant pas disponible en raison d’un match des 76ers de la NBA, les Sénateurs ont tenu leur entraînement dans un vieil amphithéâtre datant de 1923 situé sur le campus de Penn University, à ne pas confondre avec Penn State. Un aréna où il faisait très froid. «J’ai blagué avec “Boro” (Mark Borowiecki) que ça doit ressembler à celui de (l’université) Clarkson (où il est allé). C’était cool, il y a beaucoup de tradition dans ces vieux arénas», a dit Brady Tkachuk...

Christian Jaros n’est pas venu rejoindre le club à Philadelphie, soignant toujours sa blessure à l’aine. Les Sénateurs espèrent qu’il sera en mesure de revenir au jeu jeudi lors de la visite des Blues de Saint-Louis...

Avec 16 buts, Brady Tkachuk est le troisième Sénateur qui compte plus de 15 buts à sa saison recrue, après Alexandre Daigle et Martin Havlat.