Christian Jaros est venu en aide à Craig Anderson après son arrêt face à Jaden Schwartz en troisième période, samedi.

Craig Anderson solide, mais déçu

SAINT-LOUIS — Craig Anderson était à prendre avec des pincettes, samedi soir. Pour deux raisons.

Le gardien de but numéro un des Sénateurs d’Ottawa venait de compléter son premier match en 2019. Il avait bloqué 35 des 38 lancers de ses adversaires.

Après un long mois d’absence, ce n’était pas exactement une vilaine performance.

Anderson était de mauvais poil parce qu’il avait un peu l’impression d’avoir tout fait ça en vain.

«Nous n’avons pas obtenu le résultat qu’on voulait. Nous sommes arrivés à une période de l’année où il nous faut obtenir des résultats», a-t-il déclaré au terme du match remporté 3-2, en temps réglementaire, par les Blues de Saint-Louis.

«Je n’ai pas bien fait mon travail sur la séquence qui a précédé leur deuxième but. J’ai effleuré un lancer de la pointe avec le bout de mon gant. Si j’avais réussi à capter la rondelle, un arbitre aurait sifflé. Les Blues n’auraient pas eu la chance de décocher le deuxième lancer, celui qui leur a permis de marquer ce but.»

Anderson est plutôt sévère envers lui-même. Il a réussi plusieurs arrêts importants, avant et après ce but, pour permettre aux Sénateurs de rester compétitifs.

L’entraîneur-chef Guy Boucher a offert ce court commentaire, à la fin de la soirée, pour évaluer sa performance.

«Il n’aurait pas pu en faire davantage dans cette partie.»

Anderson a lui-même habitué les journalistes à un système d’auto-évaluation plutôt élémentaire.

«Mon travail consiste à donner une chance à mon équipe de gagner», a-t-il répété souvent.

Samedi, les Sénateurs ont poussé jusqu’en fin de soirée. Ils ont obtenu quelques chances de marquer, en fin de match, pour forcer la tenue de la prolongation.

«Dimanche, quand je vais revoir le match, je pourrai sans doute me consoler en me disant que j’ai donné une chance à mon équipe. Je ne peux pas me satisfaire de cela. Nous ne pouvons pas être contents au lendemain d’une défaite. En tant que professionnels, il nous faut trouver des solutions. Il faut trouver des façons de s’améliorer», dit le vétéran de 37 ans.

Rondelle immobilisée

Anderson était de mauvaise humeur pour deux raisons après la partie. Il en voulait aussi un peu aux arbitres de ne pas avoir immobilisé le jeu, sur la séquence qui a permis aux Blues d’inscrire le but de la victoire.

Le gardien avait réussi à couvrir la rondelle avec sa mitaine, tout près de son filet. L’attaquant Pat Maroon a réussi à la déloger avec son bâton. Quelques secondes plus tard, le défenseur Carl Gunnarsson l’a déjoué.

Boucher était livide.

«Je vais garder mes commentaires pour moi», fut sa première réaction, durant sa conférence de presse d’après-match.

Il a simplement fallu qu’un collègue insiste un peu pour qu’il déballe son sac.

«Je suis convaincu, à 150 %, que le jeu était terminé. Je ne sais pas ce que Craig aurait pu faire différemment. La rondelle était sous son gant. Il avait réussi à l’immobiliser! C’était, clairement, un arrêt.»

Boucher était fâché et déçu. «Parce que nos gars se sont battus. Ils auraient mérité un meilleur sort.»

Anderson, lui, refuse de rester accroché. «L’arbitre n’a pas vu que j’avais immobilisé la rondelle parce qu’il était du mauvais côté du filet. Il ne sert à rien de revenir là-dessus. Il faut vite oublier et se concentrer sur le prochain tir.»

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PÄÄJARVI ET TKACHUK HEUREUX DE RETOURNER À SAINT-LOUIS

Deux buts en deux matches. Magnus Pääjarvi a connu un week-end productif.

L’attaquant suédois des Sénateurs doit être satisfait. Il avait seulement trois buts en 45 parties avant de prendre part au voyage annuel des pères.

«Oui, ça va bien. La rondelle commence à rouler pour moi», a-t-il déclaré après la partie.

«Je crois que, de façon générale, mon rendement est meilleur depuis un certain temps. Quand un joueur joue mieux, généralement, il obtient plus de chances de marquer. Il n’y a pas de hasard.»

Pääjarvi a marqué son but en désavantage numérique, samedi. Belle façon de souligner son retour à Saint-Louis. Il a joué dans cette ville pendant cinq ans. Il s’est joint aux Sénateurs quand les Blues l’ont soumis au ballottage.

Il aurait préféré une victoire, bien entendu. Il a quand même quitté l’Enterprise Center avec la tête haute.

«Pour un club qui jouait, sur la route, un deuxième match en autant de soirs, nous avons livré une bonne performance. Les Blues ne nous ont pas fait de cadeaux. Ça n’a pas été un match facile. Nous aurions mérité au moins un point. Du moins, c’était le feeling des gars, sur le banc des joueurs.»

Pääjarvi pourra au moins se consoler en repensant à son but.

Brady Tkachuk était lui aussi nerveux avant de sauter sur la patinoire. L’attaquant recrue des Sénateurs est né à Phoenix, à l’époque où son père jouait pour les Coyotes. Il n’était qu’un bébé quand sa famille a déménagé à Saint-Louis.

Il a presque marqué un but, lui aussi. Un défenseur des Blues est venu l’empêcher de pousser la rondelle dans un filet qui était complètement ouvert, en deuxième période.

Il retrouvait la patinoire où il s’est souvent amusé quand il était enfant.

«Ça faisait quelques années, a-t-il expliqué après le match. La dernière fois, c’était l’année où les Blues ont affronté les Blackhawks à la Classique hivernale. J’ai accompagné mon père alors qu’il se mettait en forme pour le match des anciens.»