Craig Anderson
Craig Anderson

Craig Anderson pas prêt pour la retraite

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
Les Sénateurs d’Ottawa ont beau lui avoir tourné le dos, Craig Anderson n’a pas l’intention d’accrocher ses patins et grosses jambières pour autant.

Lors d’un point de presse virtuel avec quelques journalistes locaux vendredi, le gardien américain de 39 ans a laissé entendre qu’il cherchera à dénicher un autre contrat en vue de la prochaine saison de la LNH, après une décennie passée dans la capitale nationale.

« Je me prépare depuis une couple de mois comme si j’allais jouer. Quand ils (les Sénateurs) m’ont dit en juin dernier qu’ils ne me ramèneraient pas, dans ma tête, je me disais que je ferais tout en mon possible pour être prêt au cas où quelqu’un m’appellerait. J’attends de voir qui pourrait manifester de l’intérêt », a-t-il indiqué.

Les Sénateurs ont fait savoir plus tôt cette semaine qu’ils iraient dans « une autre direction », avec un duo suédois d’Anders Nilsson et Marcus Högberg la saison prochaine.

Anderson a vu venir le coup et il n’a pas manifesté de rancune envers l’équipe dont il a été le gardien numéro un pendant 10 ans. 

« C’est comme ça. Je n’ai jamais été exigeant, j’y vais avec le flow et dans ma carrière, j’ai mérité tout ce que j’ai obtenu. Même à la fin, je n’ai rien demandé. On ne m’a pas donné la chance ou l’option de choisir comme ça finirait. Je n’ai pas poussé pour ça. J’ai été un bon soldat et je suis venu au travail », a-t-il dit en réponse à une question du Droit

Les athlètes n’ont pas souvent la chance de dicter la façon dont leur carrière prend fin, et Anderson ne veut pas que ce soit la pandémie mondiale de la COVID-19 qui le pousse à la retraite, lui qui avait été devant le filet lors du dernier match de la saison 2019-2020, un revers de 3-2 à Los Angeles le 13 mars dernier.

« J’imagine que l’équipe pourra faire quelque chose pour souligner mon passage plus tard, je comprends la situation actuelle. Ce n’est pas comme si on m’avait forcé à regarder les 13 derniers matches de la saison des estrades... D’autres gars sont partis, comme “Alfie” (Daniel Alfredsson) et leur retour a été souligné comme il se doit ensuite », a-t-il noté.


« Je me prépare depuis une couple de mois comme si j’allais jouer. »
Craig Anderson

Gardien qui a amassé le plus de victoires (202) et disputé le plus de matches (435) de l’histoire de la concession, Anderson avait été acquis du Colorado contre Brian Elliott en février 2011 et il a blanchi les Maple Leafs sur 47 derniers à son premier match, le 19 février. Au cours des neuf saisons suivantes, il a stabilisé une position qui était connu comme un « cimetière de gardiens ».

« Je pense que je peux être fier de ce que j’ai accompli à Ottawa... Les partisans m’ont bien appuyé, moi et ma famille. Partout où j’allais, les gens me demandaient, “Comment va Nicholle ?” », a-t-il dit au sujet de son épouse qui a vaincu une rare forme de cancer en 2017, en même temps qu’il menait l’équipe à une improbable finale d’Association.

Craig Anderson a remporté 202 matches avec les Sénateurs.

En carrière à Ottawa, Chicago, en Floride et au Colorado, il totalise 289 gains, 251 revers et 67 défaites en prolongation/tirs de barrage en 648 parties (2,84, ,913, 42 jeux blancs). « J’ai encore des objectifs à atteindre, le chiffre de 300 (victoires) est en vue », a-t-il mentionné, espérant évidemment se retrouver avec un club qui lui donnerait une chance de gagner.

Concernant les départs de vétérans comme lui, Mark Borowiecki et maintenant Bobby Ryan, dont le contrat sera racheté, Craig Anderson ne sait pas si l’équipe est sur la bonne voie. « C’est un choc pour tout le monde en apprenant la nouvelle (pour Ryan). Les attentes pour lui étaient si élevées parce qu’on a perdu “Alfie” cet été-là, il ressentait beaucoup de pression. Il a appris beaucoup en faisant face à de l’adversité et il a bien répondu face à celle-ci. Il va aider quelqu’un. Et il y a deux bons jeunes leaders (Thomas Chabot et Brady Tkachuk) dans ce vestiaire », a-t-il ajouté.

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Craig Anderson a débuté sa carrière avec les Blackhawks de Chicago le 30 novembre 2002.

ANDERSON DANS LA LIGUE NATIONALE

Anderson dispute son premier match dans l’uniforme des Blackhawks de Chicago, le 30 novembre 2002. Il remplace Jocelyn Thibault en fin de match, dans un revers de 4-1 contre les Kings de Los Angeles. Il jouera finalement 56 matches avec l’équipe de sa ville natale avant d’être échangé aux Panthers de la Floride.

Occupé en Floride !

Durant un bref, mais fructueux passage en Floride, Anderson fracasse le plus grand nombre d’arrêts réalisés dans un blanchissage. Il arrête 53 tirs dans une victoire contre les Islanders de New York, le 2 mars 2008. Seize mois plus tard, il devient joueur autonome et signe un pacte de deux ans avec l’Avalanche du Colorado.

Montagnes russes à Denver

Anderson connaît la plus grosse saison de sa carrière au Colorado. En 2009-10, il participe à 71 matches en saison régulière. En séries, le 18 avril, il réalise 51 arrêts dans une victoire de 1-0 en prolongation contre les Sharks de San Jose. La saison suivante, Anderson est incapable de répéter ses exploits. L’Avalanche l’envoie à Ottawa, dans une transaction, le 18 février 2011.

Des débuts fracassants

Anderson retrouve immédiatement la forme à son arrivée à Ottawa. Il complète la saison en conservant une fiche de 11-5-1 devant le filet des Sénateur, qui étaient pourtant en reconstruction. Ces performances poussent Bryan Murray à lui consentir un contrat de quatre ans.

Une série de blessures

La malchance a souvent été au rendez-vous. Anderson a été victime d’une série de blessures, durant ses années avec les Sénateurs. On se souviendra surtout de l’accident de cuisine à la suite duquel il a été obligé de céder son poste à Ben Bishop, à l’hiver 2012. Il a encore su rebondir. En séries, il a permis à son équipe d’atteindre le septième match dans un affrontement où on ne donnait pas cher de sa peau, contre les Rangers de New York.

Grosse épreuve

Le gardien d’expérience a vécu la pire épreuve de sa carrière, durant la saison 2016-17. Il s’est absenté pendant un long moment, pour soutenir sa femme Nicholle, qui combattait un cancer de la gorge. Quand la famille a surmonté cet obstacle, Anderson est revenu au jeu à temps pour mener les Sénateurs à la Finale de l’Association Est, contre les Penguins de Pittsburgh.

La fin

Anderson a joué 435 de ses 648 matches en saison régulière dans l’uniforme des Sénateurs. Il détient des records d’équipe pour le plus grand nombre de matches joués, pour le plus de victoires, et pour le plus grand nombre d’arrêts effectués. Il a stoppé 12 447 rondelles, en tout, pour Ottawa. Il a remporté le trophée Bill-Masterton en 2017. Il a été le récipiendaire de la Coupe Molson en 2012, 2013, 2014 ainsi qu’en 2019.

Avec Sylvain St-Laurent, Le Droit