La tension était palpable entre les joueurs durant la deuxième période du match opposant les Panthers aux Sénateurs à Ottawa, samedi.

Condon blanchit les Panthers 2-0

Les matches se suivent, mais ne se ressemblent pas pour les Sénateurs d'Ottawa.
Après avoir laissé filer une avance de 2-0 jeudi dans un revers de 3-2 en prolongation contre Philadelphie, ils ont repris rapidement la même avance contre les Panthers de la Floride samedi soir au Centre Canadian Tire, mais ils ont réussi à la protéger jusqu'au bout cette fois devant une foule de 15 149 amateurs.
C'était une première défaite en temps réglementaire pour les visiteurs depuis qu'ils ont remplacé l'entraîneur-chef Gerard Gallant par le directeur général Tom Rowe, qui avait une fiche de 1-0-1 à ses débuts derrière le banc des Panthers. Ces derniers avaient remporté un gain de 4-1 au même endroit pas plus tard qu'il y a deux semaines quand Roberto Luongo a repoussé 40 lancers.
Cette fois, le vétéran gardien québécois a été moins occupé - 21 tirs dirigés vers lui - et lors de son 943e match en carrière, égalant Curtis Joseph au cinquième rang de l'histoire de la LNH, il s'est fait damer le pion par son vis-à-vis Mike Condon, auteur de 24 arrêts alors qu'il obtenait un deuxième départ de suite en l'absence de Craig Anderson pour des raisons familiales.
«Un jeu blanc, ce n'est pas juste mon affaire. Nous avons alloué seulement quelques chances de qualité "A", ce qui rend le match bien gérable pour les gardiens ici. Le gardien n'est aussi bon que sa défense, et la défense a été très bonne ce soir», a commenté Condon, qui a dit cependant avoir «fait une prière» quand il a arrêté Vincent Trocheck sur une échappée en deuxième période et que celui-ci tentait de saisir un retour inexistant.
Des buts d'Erik Karlsson et de Derick Brassard en l'espace de 19 secondes au premier tiers lui ont donné le coussin dont il avait besoin pour bien respirer.
Le premier a complété la stratégie de Ryan Dzingel et Jean-Gabriel Pageau, utilisé sur le deuxième trio pivoté par Kyle Turris en l'absence de Bobby Ryan. Le second a pour sa part contourné le gardien Roberto Luongo pour compléter un bel échange avec Chris Wideman et Mike Hoffman. À l'autre bout de la glace, Mark Borowiecki avait amorcé le tout en séparant Derek MacKenzie de la rondelle avec un bon coup d'épaule, permettant au jeu de se poursuivre en refusant son invitation à lâcher les gants.
«Nous étions prêts à jouer dès le départ cette fois et ça s'est poursuivi pendant tout le match. On ne leur a pas donné grand-chose et ils ont mérité ce qu'ils ont obtenu. Quand ils ont eu des chances, notre gardien a fait les arrêts dont on avait besoin», estimait Karlsson.
Congé imprévu
L'entraîneur-chef Guy Boucher avait donné un congé imprévu à ses joueurs la veille, sentant qu'ils manquaient d'énergie.
«On s'en est parlé avant le match, il faudrait faire ça plus souvent [gagner après un congé] pour pouvoir faire ça plus souvent, avoir moins de pratiques, a blagué Brassard. C'était bien d'offrir une telle performance avant de partir en voyage pour plusieurs jours.»
Les Sénateurs auraient pu se faciliter la vie si leur jeu de puissance avait produit, mais après avoir compté lors de trois parties consécutives, il a été blanchi en sept chances. 
Les Panthers ont pour leur part raté une bonne chance de revenir dans le match en milieu de deuxième tiers quand ils ont eu une supériorité numérique de deux hommes pendant 83 secondes, mais Condon a repoussé de bons tirs d'Alexander Barkov, Aaron Ekblad et Jaromir Jagr.
«Avec une avance de 2-0, on aurait pu les enterrer en marquant un troisième but, ce qu'on n'a pas fait. Mais de garder cette avance de deux buts et de les limiter à 24 tirs, même s'ils ont un un cinq contre trois, ça en dit beaucoup sur le dévouement de nos joueurs à la cause... Condon n'a fait que continuer ce qu'il a fait depuis qu'il est ici. Il a été excellent comme les gars devant lui, c'était un bon effort d'équipe», analysait Boucher.
Rappelé vendredi en même temps que l'attaquant Buddy Robinson, le défenseur Andreas Englund a disputé son premier match en carrière pour remplacer Marc Méthot, toujours incommodé par des maux de dos. Il a obtenu 9:47 de temps de glace et s'est bien débrouillé, distribuant sept mises en échec.
Les Sénateurs (15-8-2) quitteront maintenant la capitale dimanche afin de mettre le cap vers Pittsburgh, où ils affronteront les Penguins lundi soir pour amorcer un voyage qui les amènera ensuite en Californie pour trois autres rencontres.