On a rarement vu Mike Condon avec une casquette de baseball sur la tête depuis son arrivée à Ottawa.

Condon a hâte à son prochain départ

Mike Condon comprend que ses entraîneurs lui ont fait une faveur. Tous les gardiens de but ont besoin de repos. Après 18 départs consécutifs, il avait mérité d'entreprendre une soirée assis au bout du banc.
L'esprit compétitif qui l'anime l'empêchait cependant d'apprécier sa situation.
« J'imagine que je devrais me compter chanceux. Je suis quand même un compétiteur et les compétiteurs préfèrent jouer », a-t-il déclaré mardi matin, quand il fut déterminé qu'Andrew Hammond obtiendrait le départ contre les Blues.
Le moment était bien choisi pour lui rappeler qu'il a quand même fracassé un record d'équipe. Il a quand même participé, en totalité ou en partie, aux 27 dernières parties des Sénateurs.
« Le moment n'est pas vraiment bien choisi pour prendre un peu de recul et apprécier le travail accompli jusqu'à présent. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire. Nous sommes en plein coeur de la saison. Je prendrai le temps de faire le bilan quand nous serons rendus à la fin de la saison. Pour l'instant, je ne veux penser qu'au prochain lancer. Je ne veux penser qu'au prochain match. J'ai hâte de reprendre la routine », résume l'Américain de 26 ans.
Les gens qui le côtoient sur une base quotidienne ne voient pas nécessairement les choses de la même manière.
« Il nous a donné une chance de garder la tête hors de l'eau », a dit l'entraîneur-chef Guy Boucher, prenant le soin de bien peser chacun de ses mots.
« Il a fait un super boulot. Même les gardiens numéro un les plus expérimentés auraient eu du mal à jouer autant de matches consécutifs. Il a réussi à maintenir un niveau suffisant pour nous donner une chance de nous en sortir. Nous n'aurions pas pu lui en demander davantage. »
Les coéquipiers de Condon n'ont pas la même retenue.
« Il a été un véritable cadeau du ciel. J'oserais même dire qu'il a sauvé notre saison », lance le défenseur Mark Borowiecki.
« Je ne voudrais surtout pas manquer de respect aux autres gardiens de notre organisation, mais Mike a vraiment sauvé la mise. Il n'était pas toujours très élégant, mais il a toujours livré la marchandise. Nous avons découvert un super coéquipier, un vrai bon gars », a-t-il ajouté.
Condon a profité de sa journée de « congé » pour faire exactement ce qu'il fait habituellement. Il s'est défoncé, en matinée, lors d'une séance d'entraînement sur glace.
Dans les derniers mois, on nous a souvent parlé de son ardeur au travail.
Condon est allé jusqu'à refuser de prendre congé, lors de la semaine de relâche qui a été allouée aux Sénateurs au début de l'année 2017. Il a préféré rester en ville pour continuer à travailler sur ses points faibles.
« Dans le hockey professionnel, on rencontre parfois des gardiens qui n'aiment pas trop se jeter sur la glace. Ils préfèrent passer les séances d'entraînement debout, à stopper les rondelles qui frappent leurs jambières. Pour un patineur, c'est le genre de situation qui peut devenir frustrante à la longue », commente Borowiecki.
« Mike, lui, se bat pour bloquer chaque tir lors de nos séances d'entraînement. Il a d'excellentes habitudes de travail. Ça explique sans doute pourquoi il a su surmonter tous les obstacles qui se sont dressés devant lui. Il a trouvé sa place ici », ajoute-t-il.
Ces commentaires feront sans doute grand plaisir au gardien qui sera à la recherche d'un prochain contrat dans les prochains mois.
Anderson jeudi ?
L'autre gardien des Sénateurs, Craig Anderson, continue de se préparer en prévision de son retour au jeu.
Le vétéran n'était même pas capable de jouer le rôle du gardien de buts numéro deux, mardi. « Je ne suis pas prêt », a-t-il candidement reconnu en matinée.
« Je me sens comme je me sens habituellement au mois de septembre. Le problème, c'est que tous les autres jouent au hockey depuis quatre ou cinq mois », a-t-il enchaîné.
Borowiecki songe au repêchage d'expansion
Mark Borowiecki
Il reste un peu plus de quatre mois à écouler avant le repêchage d'expansion de la LNH. Les joueurs qui sont susceptibles d'aboutir à Las Vegas ont déjà commencé à y penser.
« Je sais que nous devons d'abord nous concentrer sur le travail que nous devons accomplir cette saison. Je ne peux cependant pas vous mentir. Parfois, quand je suis à la maison, dans mon fauteuil, en train de regarder la télévision, je pense à tout ça », reconnaît Mark Borowiecki. En vertu des règles qui sont établies, les 30 formations existantes du circuit pourront protéger entre trois et quatre défenseurs. Puisqu'il fait partie du troisième duo à Ottawa, le robuste gaillard est bien conscient qu'il pourrait être exposé. La plupart des joueurs qui seront réclamés par les Golden Knights à la fin du mois de juin seront heureux de s'installer dans la vibrante cité du Nevada. Borowiecki préférerait poursuivre sa carrière au Centre Canadian Tire, à quelques kilomètres de la maison où il a grandi.
« Ce qui doit arriver arrivera, dit-il, serein. Je suis extrêmement reconnaissant. J'ai toujours rêvé d'appartenir à l'organisation des Sénateurs. J'apprécie chaque journée passée ici. Mais le hockey, c'est le hockey. Les déménagements sont inévitables. »
Sur la route pour se changer les idées
Mike Yeo est devenu jeudi dernier le 14e entraîneur-chef de l'histoire des Blues.
Il a entrepris sa première semaine complète à titre de grand patron sur la route. L'équipe a disputé mardi le deuxième d'une série de cinq parties sur des patinoires adverses.
« Je ne vous cacherai pas que nous avons vécu des moments assez difficiles. Nous avions tous beaucoup de respect pour Hitch », déclare-t-il. Yeo était l'adjoint de Ken Hitchcock jusqu'à son congédiement. « C'est probablement une bonne chose pour notre équipe de se retrouver sur la route en ce moment. Nous n'avons pas besoin d'oublier ce qui vient de nous arriver, mais ça ne fait pas de tort de se changer un peu les idées. »
Dans ce voyage, les Blues accordent une vraie chance à un espoir de se faire valoir. L'ancien des Wildcats de Moncton Ivan Barbashev occupait le poste de centre du troisième trio, mardi. « C'est un rôle qui lui convient parfaitement en ce moment. Stats et Bergy (Paul Stastny et Patrik Berglund) forment un bon duo. En attendant de gravir les échelons, Barby gagne tranquillement en confiance. Nous lui accordons de plus en plus de mises en jeu en territoire défensif. Même s'il n'a pas un grand rôle offensif, nous avons beaucoup de respect pour lui », résume Yeo.