Cory Conacher  a été soumis au ballottage, hier. Acquis l'an dernier à pareille date, l'ailier avoue être dans l'incertitude quant à son avenir avec les Sénateurs.

Conacher ne sait plus quoi penser

Cory Conacher nage dans l'incertitude.
Le petit ailier ontarien avait été la principale acquisition des Sénateurs d'Ottawa lors de la date limite des transactions du printemps 2013. Hier midi, il a été soumis au ballottage par la même organisation.
Il n'est pas tout seul. Joe Corvo se retrouve dans la même position.
Dans le cas de Corvo, ce n'est pas trop étonnant. Il a 36 ans et il est clairement devenu le huitième défenseur de l'équipe. Il a été laissé de côté hier dans un 16e match consécutif. Certains défenseurs qui évoluent en ce moment avec le club école des Sénateurs dans la Ligue américaine lui sont supérieurs.
Quand Conacher a rencontré les journalistes, à Edmonton, il avait l'air sincèrement déboussolé. En l'offrant à tous les autres clubs de la Ligue nationale de hockey, le directeur général Bryan Murray admet-il avoir commis une bourde en faisant son acquisition l'an dernier?
Conacher ne sait pas. On lui a transmis la mauvaise nouvelle de façon très sèche, hier matin. Il n'a pas reçu d'explications.
«Je ne comprends pas trop ce qui se passe. Je crois comprendre que les dirigeants essaient d'acquérir un attaquant de plus. Ils veulent peut-être faire de la place. On ne m'a rien dit», a-t-il commencé.
«Tout ce que je sais, c'est que je gagne ma vie en jouant au hockey. Je réalise ainsi chaque jour le rêve de tous les jeunes Canadiens. Pour le reste, c'est le mystère. Je pourrais être cédé aux ligues mineures dans quelques heures. Je pourrais aussi être réclamé par une autre organisation.»
Il y a un troisième scénario. Si Conacher n'est pas réclamé, si Murray échoue dans sa tentative de compléter un échange d'ici 15 h, il pourrait rester.
C'est peu probable, mais pas impossible.
«Je me croise les doigts parce que je souhaite rester ici, dit-il. Si on me donne la chance de rester, j'accepterai le rôle qui me sera confié. Je continuerai de faire toutes les choses qui m'ont permis d'atteindre la LNH.»
Parce qu'il a marqué seulement quatre buts à ses 59 premières parties de la saison, ce descendant du légendaire Lionel Conacher ne prétend pas connaître une très bonne saison. Il se défend en disant qu'il n'est pas toujours évident de produire en passant moins de 12 minutes par match sur la patinoire.
«J'ai passé ma vie à prouver à des gens que j'étais un bon joueur. Tout ça n'est donc pas nouveau pour moi. J'ai souvent été retranché, je n'ai jamais été repêché. Le ballottage, c'est juste un détour de plus sur mon chemin.»
Conacher peut se consoler en se disant qu'il n'est pas le seul joueur à vivre des jours incertains à Ottawa. Quelques-uns de ses coéquipiers d'Ottawa sont susceptibles de se retrouver sous d'autres cieux dans les prochaines heures.
Leur capitaine Jason Spezza leur dit de ne pas trop s'inquiéter. Il prêche par l'exemple. Des journalistes ont affirmé ces derniers jours que les Sénateurs étudiaient la possibilité de l'échanger.
«Quand j'étais plus jeune, je réagissais différemment aux rumeurs», avoue le centre de 30 ans.
«Depuis le temps, j'ai compris qu'on lance tout plein de noms en l'air à cette période de l'année. Au fil des ans, on vient qu'à s'y attendre.»
«Avant de m'échanger, la direction doit me demander de fournir une liste de formations qui me conviennent. Ça ne s'est pas encore produit», affirme-t-il.
sstlaurent@ledroit.com