Corey Crawford doit partager le travail devant le filet avec Robin Lehner. Mardi soir, c’est l’ancien gardien des Sénateurs qui a eu le privilège d’affronter ses ex-coéquipiers.

Cohabitation difficile entre Crawford et Lehner

Robin Lehner a gagné un grand capital de sympathie à travers le monde du hockey avec sa lutte contre ses différents démons, l’alcool, la drogue et un trouble bipolaire.

L’ancien gardien des Sénateurs a toujours été populaire au sein des vestiaires où il est passé, en raison de son franc-parler et de ses opinions bien arrêtées sur toutes sortes de sujets, sans parler de sa ménagerie – il avait notamment adopté des piranhas, baptisés en «l’honneur » de journalistes locaux, pendant son séjour à Ottawa.

Son actuel partenaire avec les Blackhawks, Corey Crawford, est tombé sous le charme du bonhomme, comme un peu tout le monde. Il n’a qu’un problème avec lui : il est trop bon, au point où il doit partager le travail à peu près également avec lui. Lehner, qui a récemment obtenu sept départs de suite, a une fiche de 13-7-4, alors que celle de Crawford est presque exactement l’inverse (7-13-2).

« C’est un bon gars, c’est facile de communiquer avec lui. On parle de tout, de l’équipe, des gardiens de but, de technique. C’est un bon gars à avoir sur l’équipe, mais pour ce qui est de ma game, je n’ai pas vraiment joué avec un gars qui est au top de la ligue. D’avoir deux gardiens comme ça, c’est différent. C’est juste que je dois continuer à travailler pour avoir plus de matches », a-t-il raconté – en français – après un exercice matinal où il a partagé le travail avec le fils de Marc Crawford, Dillon, alors que Lehner prenait congé pour le départ en soirée contre son ancien club.

L’ancien de l’Intrépide de Gatineau affrontera donc le Canadien à Montréal mercredi lors du deuxième match en deux soirs de son club, mercredi près de son patelin de Châteauguay. C’est certes un gros ajustement pour un gardien de 35 ans qui a l’habitude d’être le titulaire – et donc de jouer le premier match d’une telle séquence. Faut-il rappeler que Crawford était le gardien partant lors des deux dernières des trois coupes Stanley des Blackhawks, celles de 2013 et 2015.


« Je dois continuer à travailler pour avoir plus de matches. »
Corey Crawford

« Ça te pousse à être au top de ta game, dit-il au sujet de la présence d’un gardien du calibre de Lehner. Mais j’aimerais jouer plus de matches. C’est dur, mais je ne peux pas rien y faire. Je dois pratiquer fort et être bon quand il dit que c’est moi dans le net... Quand tu joues plus, les petits détails viennent plus facilement, tu n’as pas besoin de t’ajuster à chaque match, au début. Tu as plus de feel quand tu joues beaucoup, tu lis mieux ce que les joueurs vont faire, des affaires de même », souligne-t-il.

Alors que Crawford écoule la dernière année d’un contrat de six ans lui ayant rapporté 36 millions $, la situation devant le filet des Hawks est particulière alors que Lehner n’a signé qu’un contrat d’un an l’été dernier, après sa campagne 2018-2019 couronnée par un trophée Williams Jennings avec les Islanders de New York ainsi qu’un trophée Bill-Masterton pour sa persévérance, son esprit sportif et son dévouement au hockey.

Tous deux pourraient donc être échangés d’ici au 24 février, en présumant qu’il y aura un marché pour des gardiens expérimentés comme eux. Lehner a récemment déclaré aux collègues de Chicago qu’il sera à la recherche d’un contrat à plus long terme l’été prochain.

« On n’a pas parlé de ça encore, on verra à la fin de la saison ce qu’ils veulent faire, ce que M. Bowman veut faire. En attendant, c’est juste de se concentrer sur le hockey et arrêter la rondelle... J’aimerais rester ici et avoir une autre chance de gagner la coupe, ce serait idéal, mais on ne sait jamais.»

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LES SÉNATEURS EN BREF

Pinto et les 67’s

Le DG Pierre Dorion a réglé d’entrée de jeu le dossier Shane Pinto (PintoGate, l’a-t-il appelé) lors de son passage à la radio de TSN 1200 mardi, le deuxième choix du club l’été dernier qui suscitait l’intérêt des 67’s d’Ottawa, tel que révélé par Le Droit samedi. «Pendant le Championnat mondial junior, les 67’s nous ont contactés alors qu’ils avaient eu peu de succès à joindre son conseiller familial. J’ai dit à James Boyd [DG des 67’s] qu’il y avait probablement 1% des chances qu’il soit intéressé à venir finir la saison avec eux... On n’allait pas lui dicter où il devrait jouer vu qu’il se développe bien à l’université du Dakota du Nord et il veut finir ce qu’il a commencé là-bas», a-t-il indiqué, notant qu’il n’est pas allé à Grand Forks, téléphonant seulement à leur entraîneur.

Entorse pour Paul

L’entraîneur-chef D.J. Smith a donné les dernières nouvelles concernant l’ailier gauche Nick Paul, qui s’est blessé à une cheville la semaine dernière à Washington, et celles-ci ne sont pas trop bonnes. «Je n’ai pas un diagnostic précis, mais d’après ce que je comprends, il va rater plus d’un mois avec quelque chose [entorse] au haut de la cheville, ce qui prends du temps à guérir», a-t-il laissé entendre. Dorion a pour sa part fait savoir que Bobby Ryan s’entraîne maintenant au Centre Canadian Tire avec la permission de ses médecins du Programme d’assistance aux joueurs. «On l’appuie à 100 %», a-t-il dit.

Duclair pas rancunier

Officiellement, Anthony Duclair a dit qu’il ne tenait pas rancoeur aux Blackhawks de l’avoir laissé quitter Chicago sans lui faire une offre qualificative à l’été 2018, mais il a aussi révélé avant le match de mardi qu’il avait «mis de l’argent sur le tableau», la tradition pour un joueur qui affronte un ancien club d’offrir un montant allant à l’auteur du but gagnant. «Je n’avais joué que 20 matches (23 en fait) et j’ai été blessé à la fin de l’année. Ils ne m’ont ramené pour une raison, en regardant en arrière, j’aurais aimé jouer avec un peu plus d’ardeur, c’est certain... Je n’ai pas été surpris qu’ils aillent dans une autre direction. C’était à moi de tourner la page et trouver une autre organisation», a-t-il raconté en matinée.