La maturité de Phillips lui a permis de prendre beaucoup de place, dans le vestiaire, au fil de sa carrière.

Chris Phillips, un modèle de maturité selon ses entraîneurs

Les défenseurs à caractère défensif ont rarement droit aux grands honneurs. Les équipes de la LNH retirent généralement les numéros des attaquants dynamiques qui remplissent les filets adverses.

Il n’est quand même pas trop difficile de trouver des gens capables de nous expliquer la véritable valeur de Chris Phillips, en tant que hockeyeur.

On peut par exemple s’adresser aux entraîneurs qui lui demandaient de passer 25 minutes par match sur la patinoire.

«Chris était un modèle de fiabilité. Il donnait surtout l’exemple par sa grande maturité», affirme Jacques Martin.

Martin a été le tout premier entraîneur-chef de Phillips, dans les rangs professionnels.

Au début de la saison 1997-98, le jeune colosse de six pieds et trois pouces avait beaucoup de talent. Dans la Ligue de hockey junior de l’ouest canadien, il avait complètement dominé la compétition.


« Les joueurs qui connaissent de longues carrières sont souvent ceux qui savent exploiter leurs forces. Chris n’était pas un crasher, comme Scott Stevens. Il était quand même fort, physiquement, et il était capable de bien lire le jeu. Ça lui permettait de gagner ses batailles. »
Corey Clouston

Il n’était cependant pas prêt à se frotter aux meilleurs attaquants au monde. Pas tout de suite.

À la fin du camp d’entraînement des Sénateurs, Martin et ses adjoints lui ont proposé un plan. Ils étaient prêts à le garder à Ottawa, à condition de pouvoir l’utiliser à l’aile gauche, dans un quatrième trio.

«On savait que Chris était un jeune homme très mature. Sa situation familiale l’avait obligé à mûrir très rapidement», raconte Martin.

Les deux parents du hockeyeur éprouvaient alors des problèmes de santé sérieux. À l’adolescence, il avait été obligé d’accepter de grandes responsabilités à la maison.

Cette maturité lui a permis d’accepter et de comprendre le rôle qui lui était confié.

«Il aurait pu adopter une attitude négative. Ça n’a pas été le cas. Nous lui avons fait comprendre que sa mutation vers l’attaque n’était pas permanente. Nous lui avons fait comprendre qu’il pouvait aider l’équipe. Sa façon de comprendre et de réagir a été bonne», explique-t-il.

Chris Phillips verra son numéro 4 être retiré par les Sénateurs.

Sa réaction lui a permis de se forger une réputation enviable, très rapidement. Phillips est devenu un joueur sur qui on pouvait toujours compter.

«Dans le junior, il pouvait jouer régulièrement sur l’attaque massive. Chez nous, il est devenu celui qui pouvait neutraliser le meilleur trio adverse. Il était doté d’un bon gabarit, ce qui lui permettait de repousser ses adversaires à l’extérieur de l’enclave. Et je crois qu’on sous-estimait un peu ses capacités offensives. Il était capable de compléter une bonne première passe», résume Martin.

La maturité de Phillips lui a permis de prendre beaucoup de place, dans le vestiaire, au fil de sa carrière.

Les entraîneurs qui ont succédé à Jacques Martin ont profité de sa sagesse.

«Quand je suis arrivé à Ottawa, j’étais un petit nouveau qui ne connaissait vraiment pas la ligue», souligne Cory Clouston.

«J’ai vite remarqué que Chris était un individu de qualité. Je pourrais vous lancer plein de clichés, mais je me contenterai de vous dire que tous les entraîneurs ont besoin de joueurs comme lui.»

«Il était très bon avec les jeunes. Erik Karlsson l’adorait.»