Chris Neil passera le cap des 1000 matches dans la LNH ce samedi face aux Kings de Los Angeles.

Chris Neil fier de ses 1000 matches

Comme leur match de samedi à Los Angeles est à 13 h, heure locale, les Sénateurs d'Ottawa ne tiendront pas d'exercice matinal auparavant.
Ça peut paraître anodin, mais pour Chris Neil, qui disputera alors son 1000e match en carrière, cela implique un changement majeur à sa routine d'avant-match.
Après chaque pratique du matin, le robuste attaquant de 37 ans enlève les lacets de ses deux patins pour les remplacer par deux paires neuves, en attachant deux par patin et en coupant des bouts d'une manière particulière. À l'occasion, il va surprendre un coéquipier ou un journaliste passant près de lui en lançant un lacet vers lui pour le dérouler.
«J'ai commencé ça chez les juniors et j'ai continué ensuite dans les mineures. Ne dites pas aux préposés à l'équipement qu'on parle de 2000 paires de lacets plutôt que de 1000, lance-t-il en riant en entrevue plus tôt cette semaine. Dans les mineures, j'aimais traiter les matches comme si c'était des parties télévisées. Aussi, j'aime avoir mes patins bien serrés sur mes pieds et des lacets neufs aident pour ça. Parfois, tu as les mains endolories pour un match, alors tu veux être confortable dans tes patins.»
Neil a bien d'autres superstitions, «trop pour en faire la liste dans ton journal», dit-il. Il y a notamment celle qui le voit manier la rondelle entre des coéquipiers comme Erik Karlsson qui font des exercices d'étirement juste à l'intérieur de la ligne bleue. «Ça commence la veille du match et ça m'a aidé à me rendre jusqu'ici. Chaque année, on dirait que j'en ajoute», souligne-t-il.
«Jusqu'ici», c'est le plateau important des 1000 parties en carrière dans la Ligue nationale de hockey, ce qui n'est pas donné à tous les choix de sixième ronde, ce que Neil a été en 1998 alors qu'il jouait pour les Centennials de North Bay. Encore moins aux joueurs du style de ce dur à cuire qui arrive aussi au plateau des 2500 minutes de punition en carrière (il lui en manque 8), qui a livré 233 combats dans la LNH en saison, séries et présaison, selon le site dropyourgloves.com (il aurait une fiche de 104 victoires, 42 défaites et 60 nulles selon ces «experts» en pugilistes sur patins).
Dans une LNH où les matamores unidimensionnels sont une espèce en voie de disparition, Neil a cependant réussi à trouver sa niche comme joueur robuste et fiable, capable de contribuer à l'attaque à l'occasion, comme en font foi ses 112 buts et 248 points au fil de ses 999 premières parties.
«C'est un honneur d'en arriver là et de toujours faire partie de cette ligue, surtout avec toute la transition dans le style de jeu. J'en suis fier. J'ai beaucoup de respect pour tous les bagarreurs avec qui je me suis battu au fil de ma carrière, la plupart d'entre eux pouvaient jouer aussi. Quand j'ai commencé, Curtis Leschyshyn m'avait dit que c'était le travail le plus difficile au hockey, tu n'as jamais de soirée de congé. En regardant en arrière, il avait raison. Je me sens chanceux d'avoir joué aussi longtemps et j'espère pouvoir le faire encore longtemps», mentionne celui qui a perdu une quinzaine de livres il y a deux ans pour gagner en vitesse.
Le hockeyeur de 6' 1'' et 209 livres a joué toute sa carrière avec les Sénateurs et c'est avec eux qu'il entend la terminer, mais ne lui demandez pas quand il pense prendre sa retraite. Il a trop de plaisir présentement, surtout que son club connaît un excellent début de saison.
«Je ne veux pas répondre à cette question. Je me sens bien, j'ai encore du fun' Je ne pense pas à la fin, je pense juste à faire les séries, on a bien lancé notre campagne et on veut bâtir là-dessus. Moi, je veux gagner, on a un bon groupe de gars ici. On sait qu'on peut gagner, il faut juste le faire chaque soir... Ça me rappelle un peu notre club de 2007 qui avait perdu en finale, et la sensation qu'on avait lors des années précédentes où on était des séries chaque saison, on savait qu'on pouvait gagner», rappelle celui qui aura quelques amis ainsi que son épouse présents à Los Angeles pour son 1000e match.
Chris Neil a eu plusieurs entraîneurs au fil des années, de Jacques Martin à Guy Boucher, et il n'hésite pas à dire que son favori a été Bryan Murray, l'entraîneur de l'édition 2006-2007, «parce qu'il savait soutirer le maximum de chaque joueur». Entraîneur de la vieille école, l'homme de hockey de Shawville appréciait cependant particulièrement un joueur de la trempe de Chris Neil.