Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le défenseur des Sénateurs d'Ottawa, Thomas Chabot
Le défenseur des Sénateurs d'Ottawa, Thomas Chabot

Chabot reste proche de sa mère malgré la pandémie

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
Article réservé aux abonnés
À quelques jours de la fête des Mères, Thomas Chabot a donné une frousse à la sienne quand il a eu peine à se relever après avoir encaissé une mise en échec de Logan Stanley, des Jets de Winnipeg, lundi dernier.

En raison des restrictions imposées par les différents gouvernements provinciaux en 2021, Claude Breton n’était pas dans les gradins du Centre Canadian Tire avec son époux François Chabot pour l’occasion, comme pour tous les autres matches des Sénateurs d’Ottawa en cette saison «différente», pandémie oblige. Mais elle suivait la partie à la télévision.

Sa blessure au «haut du corps» n’est pas trop sérieuse, même si le défenseur vedette ne disputera pas les trois dernières parties de la saison de son club au cours des prochains jours, et que sa participation au prochain Championnat mondial est douteuse. Mais un coeur de mère saigne quand même quand un de ses rejetons souffre, et Mme Breton ne fait évidemment pas exception.

«Quand on a une blessure, c’est beaucoup d’appels, c’est beaucoup de textos. ‘Es-tu correct?’ Elle veut s’assurer que je ne manque de rien. C’est ça une maman, elle veut être certaine qu’on se sent bien. Ça fait partie du travail que je fais (les blessures), mais c’est la mère qu’elle a toujours été pour moi. Elle veut être certaine que je suis correct et que tout aille bien», a confié Chabot au Droit cette semaine, sans entrer dans les détails de son diagnostic.

Le défenseur de 24 ans est très proche de ses deux parents, mais il n’y a pas de conversations avec son père avant un match, seulement avec sa mère.

Thomas Chabot entouré par sa famille. 

«C’est rendu que ça fait partie de ma routine d’avant-match, ma mère me ‘texte’ avant chaque match et je lui réponds en arrivant à l’aréna. Même si on se voit moins souvent qu’avant, elle est toujours là et elle m’appuie tout autant, même si on n’est pas proche physiquement», dit-il.

En grandissant à Sainte-Marie de Beauce, Chabot et son frère aîné Félix-Antoine – auteur de deux buts à son seul match dans la LHJMQ avec Victoriaville – ont bénéficié de cet appui de Mme Breton, une coiffeuse de profession maintenant à la retraite, et de leur père François, un enseignant au primaire.

«C’est mon père qui nous poussait plus à l’école, vu qu’il était enseignant. Ma mère restait plus à l’écart et elle était plus le maillon faible. Quand je ne voulais pas faire quelque chose, j’allais la voir et c’est souvent elle qui me ‘supportait’ un peu plus. Ma mère, c’est vraiment quelqu’un d’important pour moi, encore aujourd’hui. En vieillissant, tu te rends compte encore plus des choses qu’ils font pour toi. Ça te les fait apprécier encore plus et peu importe combien de fois on va les remercier, ça ne sera jamais assez. Je leur dois tout», affirme-t-il.

Le hockey est un sport onéreux au niveau élite, mais les Chabot ne se sont jamais plaints de passer leurs fins de semaine dans les arénas et de régler la note pour que les deux frères puissent aller au bout de leur passion. Ils n’ont jamais été du genre à mettre de la pression sur leurs enfants et à faire des demandes à leurs entraîneurs. Ils aiment rester dans l’ombre, et ça se reflète encore maintenant alors qu’ils refusent toute demande des médias pour parler de Thomas.

«Mes parents m’ont toujours appuyé, mais ils n’ont jamais été du genre à aller parler aux entraîneurs. C’est quelque chose qu’on a apprécié, mon frère et moi. Ils nous appuyaient dans n’importe quel sport ou autre chose qu’on faisait dans la vie. On est une famille comme ça, on se supporte entre nous et on n’a pas besoin de sortir dans les médias pour en parler», mentionne Chabot.

Celui-ci a hâte de retourner dans son patelin pour la saison estivale afin de revoir sa famille qu’il n’a pas vue en personne depuis septembre dernier... et pour profiter des talents de coiffeuse de sa mère. Mais il ne pourra pas aller voir celle-ci lors de cette fête des Mères en confinement, devant faire sa réhabilitation au CCT et continuer à s’occuper de son pensionnaire, Jacob Bernard-Docker.

+

UN CONTRAT QUI AMÈNE PLUS DE PRESSION

L’an dernier, la saison de Thomas Chabot a pris fin prématurément en raison d’une pandémie mondiale. Cette année, c’est en raison d’une blessure qu’il doit dresser le bilan de sa campagne un peu plus tôt que prévu.

Le défenseur vedette des Sénateurs complète celle-ci avec une fiche de 6 buts et 25 passes pour 31 points en 49 matches où il a présenté un différentiel de moins-15 en jouant plus de 26 minutes par partie. Mais surtout, celle-ci va se terminer pour une quatrième année de suite sans participation aux séries pour la coupe Stanley. Ottawa occupe les bas-fonds du circuit Bettman depuis quatre ans qu’il a fait le saut chez les professionnels.

Chabot est cependant encouragé par la fin de saison de son club, qui a présenté une fiche supérieure à ,500 (20-19-4) après son début de saison désastreux (1-8-1) comprenant neuf revers de suite.

«Personnellement, je pense que j’ai eu des hauts et des bas. Avec une équipe jeune comme ça et le temps de glace que j’obtiens, c’est certain que ça n’ira pas parfaitement chaque soir. Mais au bout de la ligne, de voir à quel point notre équipe a progressé au cours des deux derniers mois et demi, on ‘compétitionne’ et on gagne contre des équipes qui sont bâties pour gagner maintenant. C’est vraiment positif, notre reconstruction prend forme», souligne-t-il.

Le défenseur des Sénateurs d'Ottawa, Thomas Chabot

Cette campagne 2021 condensée a été la première de son contrat de 64 M $ pour huit ans et le Beauceron mentionne qu’il a ressenti plus de pression en raison de celui-ci.

«Quand l’équipe va bien, ça va bien pour moi. Quand l’équipe va moins bien, ça va mal pour moi. Avec le nouveau contrat et à ma quatrième saison, c’est certain que j’ai une partie de blâme à prendre. C’est correct et au fil de l’année, je ne me suis jamais caché quand j’ai fait des erreurs. Ça fait partie du processus», note le possible candidat à un poste au sein de l’équipe olympique.

S’étant engagé à long terme avec l’équipe tout comme Colin White, il espère maintenant voir certains de ses jeunes coéquipiers faire de même au cours de cet été où le club devra négocier principalement avec Brady Tkachuk et Drake Batherson. «Ça va être des grosses signatures pour notre équipe si on veut continuer de bâtir et gagner dans les années à venir. Ça va être important de ‘signer’ les gars et qu’ils s’engagent à long terme pour qu’on puisse continuer à bâtir au même rythme que cette année», pense-t-il. 

Pour ce qui est du titre de capitaine toujours vacant depuis le départ d’Erik Karlsson, il ne perd pas de sommeil avec ça : «C’est une décision de la direction, pas des joueurs. Peu importe la décision, ça va être le mieux pour l’équipe. C’est certain que ce serait un honneur extraordinaire d’être le capitaine, mais je vais continuer d’être la même personne dans la chambre comme en dehors si je ne le suis pas», ajoute-t-il.

Chabot entend passer la majorité de la saison estivale entre la Beauce et Québec, où il reprendra son entraînement habituel de saison morte pour continuer à ajouter du muscle à sa charpente, tout en travaillant ses habiletés naturelles.