Thomas Chabot ne pense qu'à une chose : impressionner ses patrons jour après jour pour les obliger à le garder de façon permanente dans la capitale.

Chabot n'a qu'un objectif en tête

Le départ de Marc Méthot, la mise sous contrat de Johnny Oduya, l'opération au pied d'Erik Karlsson qui fait qu'il ratera probablement le début de la saison régulière, ce ne sont pas les développements qui ont manqué à la ligne bleue des Sénateurs d'Ottawa pendant la saison morte.
Tout cela pourrait influencer le sort de Thomas Chabot à la fin du camp d'entraînement, mais celui qui est considéré par plusieurs experts comme le meilleur défenseur qui n'était pas dans la LNH l'an dernier n'a pas l'intention de se laisser distraire de son objectif.
Alors que le camp des recrues de l'équipe s'est mis en branle jeudi au Sensplex, le défenseur québécois qui a été le choix de première ronde du club en 2015 ne pensait qu'à une chose : impressionner ses patrons jour après jour pour les obliger à le garder de façon permanente dans la capitale, lui qui y a passé un mois en début de campagne l'an passé, disputant un petit match dans le circuit Bettman avant de retourner dans les rangs juniors.
« La compétition est très forte, on est plusieurs qui veulent faire le saut dans la Ligue nationale. Dès le tournoi des recrues, ça va être à moi de montrer que je suis plus fort physiquement et que je suis capable de jouer un bon rôle... Mon but est de faire l'équipe, la façon dont j'ai toujours vu les choses dans la vie, c'est qu'il va toujours y avoir de la place dans une équipe pour un bon joueur de hockey. C'est à moi de foncer dans le camp, montrer que je suis capable de jouer à ce niveau-là. Tout est entre mes mains, il faut que je force la main des entraîneurs », a-t-il confié au Droit après un premier entraînement avec le club d'espoirs qui se rendra à Toronto en fin de semaine pour affronter les recrues des Canadiens et des Maple Leafs.
Avec l'arrivée d'Oduya, mis sous contrat sur le marché des agents libres, les Sénateurs ont sept défenseurs qui ont des contrats de la LNH à sens unique, groupe qui comprend Fredrik Claeson pour la première fois. Ben Harpur, qui s'est imposé en fin de saison dernière, cogne à la porte pour un poste permanent lui aussi, tout comme Andreas Englund, qui a joué cinq matches à Ottawa l'an dernier. Et l'organisation aime beaucoup la recrue suédoise Christian Jaros, qui sera le partenaire de Chabot sur la première paire en fin de semaine.
« Je m'attendais à ce qu'ils signent un vétéran (comme Oduya) avec la perte de Méthot, je me suis pas assis pour penser à ça pendant des heures et des heures. Mon but reste le même, de faire l'équipe... Plusieurs gars veulent monter et à la fin de la journée, celui qui va le mériter le plus va avoir sa chance dans l'équipe et je veux être cette personne-là, celui qui a le plus faim de jouer dans cette équipe-là », souligne le Beauceron qui a ajouté cinq livres à sa charpente (il pèse maintenant 196 livres) cet été en s'entraînant à Québec cet été, au même gymnase que les Patrice Bergeron, Antoine Vermette et Marc-Édouard Vlasic.
Celui qui a mené les Sea Dogs de Saint-Jean à la coupe du Président et qui a été nommé meilleur défenseur du dernier Championnat mondial junior se passerait certes de faire ses classes dans la Ligue américaine, mais l'entraîneur des Senators de Belleville (anciennement Binghamton), Kurt Kleinendorst, le prendrait bien dans son club.
« On sait quel genre de joueur nous avons en lui. On ne le traitera pas de façon spéciale et différente, même si on sait qu'il est spécial et différent d'une bonne façon. On va essayer de le montrer sous son meilleur jour (en fin de semaine), on sait qu'il va être au camp principal, ce qui n'est pas le cas de tous les autres... Je n'ai pas un mot à dire, Guy (Boucher) et Pierre (Dorion) vont prendre leurs 21 ou 22 meilleurs joueurs et on va avoir le groupe suivant. Nous sommes sur la même page, on sait qu'on a un bon joueur entre les mains et on ne veut pas bousculer les choses. Généralement, un joueur ne peut pas passer trop de temps dans les mineures. Mais s'il est prêt, l'histoire est différente », estime-t-il.
Colin White sur son 36
Thomas Chabot s'est fait donner le numéro 72 quand il est arrivé dans le giron des Sénateurs et il en est bien satisfait.
L'autre premier choix des Sénateurs en 2015, Colin White, s'était vu offrir le 82 quand il est débarqué dans le vestiaire de l'équipe de la capitale au printemps dernier, à sa sortie de Boston College. Il l'a porté sans rechigner, mais quand on lui a offert de choisir un autre numéro cet été, il a sauté sur l'occasion.
C'est pourquoi lors de la première pratique de l'équipe de recrues qui s'en va à Toronto en fin de semaine, il portait le numéro 36.
« J'ai porté le 36 il y a une couple de saisons et j'avais connu une assez bonne saison. Le 18 était mon numéro (à BC), et 18 fois 2, ça donne 36. J'ai toujours aimé les numéros avec des 6, et j'ai pensé que ça ferait l'affaire. J'étais excité de pouvoir choisir mon numéro. Maintenant, je vais garder le 36 », a-t-il expliqué jeudi.
Quand il s'est fait dire qu'il n'y avait pas beaucoup de joueurs qui se sont démarqués en portant ce numéro (le gardien des Ducks John Gibson est un des rares à l'endosser présentement), White a rétorqué : « Je vais essayer de changer ça un peu, mais on verra. J'ai un long chemin à parcourir. Jouer dans la LNH est mon rêve depuis que je suis petit et je suis si proche maintenant que je suis très excité de la chance qui s'offre à moi. »
Quand sa saison a pris fin à Boston College, White a accepté de signer un contrat d'essai professionnel pour faire ses preuves à Binghamton, où il a amassé trois points en trois parties. Convaincus, les Sénateurs lui ont fait signer ensuite son premier pacte de la LNH avant de le rappeler en fin de saison. Il a joué deux parties de saison régulière pour eux, ainsi qu'un match de la finale de l'Est contre les Penguins, même s'il n'a joué que 2 h 39 minutes lors de celui-ci.
« L'expérience que j'ai acquise en voyant à quel niveau les gars jouaient en séries m'a beaucoup aidé, j'ai réalisé à quel point il fallait être fort pour jouer dans la LNH soir après soir. Je pense que j'ai assez travaillé cet été pour acquérir cette force et maintenant, j'ai l'intention de me battre pour un poste, jour après jour. Je vais m'occuper de moi, de mon corps, et si je joue bien, il devrait y avoir un poste pour moi », estime-t-il.
White, que certains comparent à Patrice Bergeron, des Bruins, en raison de son jeu défensif solide, pense qu'il pourrait bien cadrer dans le système de jeu préconisé par Guy Boucher. « C'est un système un peu différent, mais si tu joues à l'intérieur de celui-ci, ton jeu défensif va aller de soi. Je pense que c'est bien plus facile de jouer défensivement au niveau de la LNH parce que la communication est facile, les gars te disent où tu devrais être. Il faut surtout être bien plus fort sur son bâton », a-t-il souligné.
Lors de son premier match dans la LNH, à Detroit le 3 avril, Boucher avait utilisé son centre de 20 ans pour le dernier tir de barrage des siens et il avait raté son coup. « J'ai une couple de nouvelles feintes maintenant. Reste à voir si je vais avoir une autre chance en fusillade », a blagué White.