Thomas Chabot (5) compte un but et deux passes à sa fiche dans le tournoi de la Coupe Memorial.

Chabot et Brown comblent Randy Lee

PITTSBURGH - À un moment où leur présent était très important, les dirigeants des Sénateurs d'Ottawa pouvaient aussi se frotter les mains en pensant à leurs deux espoirs qui pourraient toucher à la coupe Memorial.
Le défenseur Thomas Chabot et ses Sea Dogs de Saint-Jean disputeront la demi-finale du tournoi présenté à Windsor vendredi soir alors qu'ils affronteront les champions de la LHOntario, les Otters d'Erie, pour le droit d'affronter le club-hôte qui a remporté ses trois matches du tournoi à la ronde après une longue période d'inactivité, les Spitfires de Windsor.
Ces derniers comptent dans leurs rangs le premier choix de l'an dernier, Logan Brown, qui a la même fiche, un but et deux passes, que Chabot, le choix de première ronde de 2015, à ce tournoi où le championnat canadien du hockey junior majeur est à l'enjeu.
« C'est excellent pour l'équipe et l'organisation que ces deux joueurs remplissent de grands rôles lors de gros matches, c'est ce qu'on voulait pour eux, a confié le directeur général adjoint Randy Lee jeudi matin, quelques heures avant le septième match de la série contre les Penguins. C'est particulièrement vrai pour Logan, qui a eu une année remplie de défis. Il a bien répondu à l'appel, comme toute son équipe d'ailleurs. »
Brown, rappelons-le, a été blessé à deux occasions à la main droite au cours de la saison régulière, ne disputant que 35 parties en saison régulière, où il a récolté 40 points, dont 14 buts. Le fils de l'ancien entraîneur des 67's Jeff Brown est revenu en santé pour les séries éliminatoires, mais son club a été éliminé par London en sept matches au premier tour, où il s'est contenté de quatre passes.
« Je pense qu'il est de retour en santé, et il a beaucoup appris en ayant à récupérer de ses blessures. Nous avons une bonne relation avec Warren Rychel (le d.g. des Spitfires) et parfois lorsque son club était sur la route, Logan venait à Ottawa pour travailler avec nos thérapeutes et avec Shean Donovan (responsable du développement des joueurs), qui lui ont donné de l'attention individuelle. Ils ont été contents de le voir revenir en forme de match et rétabli. Certaines équipes n'aiment pas ça, mais eux, ils ont été très ouverts à ça », a indiqué Lee.
Déjà sous contrat, le centre de 6' 6'' et 214 livres repêché au 11e rang au total l'an passé (après un échange avec New Jersey pour monter d'un rang) devrait faire le saut chez les professionnels l'an prochain, fort possiblement avec le nouveau club-école de Belleville.
Chabot, le joueur par excellence au dernier championnat mondial junior, a joué énormément pour les Sea Dogs en finale ainsi qu'à la coupe Memorial, passant généralement plus de 30 minutes par match sur la glace. Son club a dû rebondir d'un revers de 12-5 contre Erie pour l'emporter ensuite 7-0 contre Seattle afin d'assurer sa participation à la demi-finale. Lors de la cuisante défaite des siens, il avait quand même récolté deux passes et terminé avec un différentiel de plus-1.
« Il en a fait du chemin depuis le camp de développement de l'été dernier, où je l'avais critiqué un peu (disant qu'il avait été correct au mieux). Ça avait fait beaucoup jaser, mais ce n'était pas si pire que ça. Nos jeunes joueurs demandent qu'on les évalue de façon brutalement honnête. Thomas a bien répondu et il a travaillé vraiment fort. Et maintenant, il a joué beaucoup de hockey, c'est quelque chose de jouer autant à un niveau très élevé », a-t-il fait remarquer.
Lee a laissé entendre que le d.g. Pierre Dorion devra prendre une décision quant à un possible rappel de Chabot pour se joindre au groupe des substituts de l'équipe si elle atteint la grande finale. « Est-ce que ce serait une bonne expérience à vivre pour lui ? Absolument », a-t-il ajouté.
Lee avait aussi de bons mots pour l'attaquant suédois Filip Ahl, qui a aidé les Pats de Regina à se rendre en finale de la LHOuest, ainsi que pour l'attaquant tchèque Filip Chlapik, des Islanders de Charlottetown. « Le rétroaction qu'on lui avait donnée au camp de développement l'été passé était bien plus dure que celle de Thomas (Chabot), et il a amélioré tous les aspects de son jeu que l'on voulait qu'il améliore. Il a fait un virage à 180 degrés au niveau de l'attitude. C'était un gars habile, mais on l'a mis au défi de devenir un vrai compétiteur, ce qu'il a fait. Il a bien mérité son contrat », a dit Lee au sujet de Chlapik, un choix de deuxième ronde en 2015.
Kelly remplace White
Envoyé dans la mêlée lors du sixième match, la recrue Colin White est retournée dans les gradins à la faveur du vétéran Chris Kelly, préféré à Tommy Wingels. Guy Boucher a dit jeudi qu'une de ses décisions les plus difficiles cette saison a été de laisser Kelly de côté en séries après qu'il ait disputé tous les 82 matches en saison. Celui-ci a accepté la décision en professionnel. « Si je joue (jeudi soir), tant mieux, sinon, je vais encourager ce groupe en restant positif, j'en fais encore partie », a indiqué Kelly. Celui-ci a offert un boniment dans le vestiaire avant le sixième match. « J'ai juste dit de savourer le moment pleinement. J'étais juste assis dans la chambre et on jasait, ce n'était rien comme Al Pacino dans Any Given Sunday », a-t-il blagué.
Pratique matinale populaire
Les Sénateurs ont tenu un entraînement optionnel où il ne manquait que le capitaine Erik Karlsson et les blessés Alexandre Burrows et Mark Borowiecki jeudi matin avant le match, Guy Boucher dérogeant de plus à sa théorie du « repos est une arme ». « Je pense que c'est une de ces journées où les joueurs doivent faire le plein ensemble, ce qui a été une de nos forces toute l'année. Être ensemble, ça a été la source de nos succès depuis très, très longtemps. C'est ce qu'on avait en tête en venant (à l'aréna) ce matin. Comme le match est à 8 h (PM), la journée est longue. Tu passes beaucoup de temps assis à attendre. On voulait juste aller sur la glace, penser moins et juste être ensemble », a expliqué Boucher lors de son point de presse.
Hoffman l'arroseur
Mike Hoffman a beaucoup fait parler de lui après avoir compté le but gagnant du sixième match, mais il a aussi attiré l'attention quand une caméra de télévision l'a pris en flagrant délit d'arroser Sidney Crosby avec une bouteille d'eau alors qu'il était assis au banc des siens. Un collègue a demandé à Guy Boucher ce qu'il pensait de cette tactique et après avoir tourné autour du pot en ne disant pas qu'il n'avait rien vu de tout ça, il a eu cette réponse savoureuse : « Si vous saviez tout ce qui se dit et se fait sur la glace, chaque jour et lors de chaque match dans la Ligue nationale de hockey, nous n'aurions pas cette conversation présentement. Si notre concentration pour un septième match aujourd'hui est sur une bouteille d'eau, nous sommes dans le trouble », a-t-il lancé.