«C'est bien d'être dans ce vestiaire aujourd'hui, mais je n'ai pas encore de poste dans l'équipe et c'est mon objectif principal», a affirmé Logan Brown.

Chabot et Brown avec le grand club

C'était jour de déménagement mercredi au Centre Canadian Tire.
Après les deux parties hors-concours remportées contre les Maple Leafs de Toronto, les Sénateurs d'Ottawa ont séparé les 55 joueurs qui sont encore au camp d'entraînement en deux groupes distincts, celui de la LNH et celui qui est destiné à commencer la saison à Belleville, dans la Ligue américaine.
Sans grande surprise, les choix de première ronde Thomas Chabot et Logan Brown sont demeurés dans le vestiaire du « grand club », tout comme les espoirs Filip Chlapik et Alex Formenton. 
Les jeunes défenseurs Christian Jaros et Andreas Englund, qui ont bien paru lors du match de lundi, se sont retrouvés dans le groupe B qui est installé dans le vestiaire des visiteurs au CCT, tout comme les Québécois Francis Perron et Gabriel Gagné, entre autres.
Mais l'entraîneur-chef Guy Boucher a dit après son premier entraînement sur la glace - il revient d'une arthroscopie au genou subie au début de la semaine dernière - qu'il n'y a rien de coulé dans le ciment avec ces groupes, pour l'instant.
« Nous avons réduit le nombre de joueurs pour permettre à ceux-ci d'obtenir suffisamment de répétitions, en particulier notre club (de la LNH) qui a besoin de travailler sur certaines choses. Il fallait faire des coupes, mais il y a quand même plusieurs joueurs de l'autre groupe qui vont jouer samedi (lors de la visite des Canadiens de Montréal). Ce n'est pas qu'un certain gars a des chances et qu'un autre n'en a pas, c'est juste qu'on voulait voir différents gars dans différentes situations », a indiqué Boucher.
Chlapik était notamment là, a-t-il expliqué, parce qu'il peut jouer autant au centre qu'à l'aile, ce qui fait qu'il a été préféré au nouveau venu Tyler Randell, l'ancien de l'organisation des Bruins qui a récolté un but et deux passes lors des deux parties contre Toronto, ce qui le place à égalité avec Mark Stone au sommet des compteurs du club en calendrier présaison.
Digne d'un top-6
Brown a connu un fort match au Air Canada Centre mardi avec un but tout en préparant quelques belles pièces de jeu. Boucher aime « sa vision du jeu incroyable, digne d'un joueur de top-6 de la LNH. Il a la taille et l'habileté également, c'est clair. Maintenant, il faut voir s'il peut suivre le rythme du jeu de la LNH, alors qu'on va voir de plus en plus de joueurs de la LNH. C'était la même chose avec Chabot l'an passé, à la longue, s'il n'est pas prêt, tu vois le jeune en lui... C'est une ligue d'hommes, il est un kid qui apprend à être un homme, on va voir comment rapidement il peut le faire », a-t-il dit.
Brown voit une ouverture avec les absences possibles de Derick Brassard (épaule) et Clarke MacArthur, et il entend tout faire pour amorcer la saison dans la LNH plutôt que de retourner pour une dernière saison chez les juniors à 19 ans. « C'est bien d'être dans ce vestiaire aujourd'hui, mais je n'ai pas encore de poste dans l'équipe et c'est mon objectif principal. C'est un bon départ, mais il reste encore un long bout de chemin à faire alors que je dois convaincre l'entraîneur qu'il peut me faire confiance. Du junior à la LNH, il y a beaucoup de petites choses à apprendre pour devenir un joueur fiable », souligne le premier choix de 2016.
Comme Brown, Alex Formenton et Drake Batherson devraient éventuellement retourner chez les juniors éventuellement, mais ces choix de deuxième et quatrième ronde l'été dernier, respectivement, étaient encore au camp mercredi, quoique dans deux groupes différents.
« Nous allons les garder tant et aussi longtemps que nous pensons qu'ils peuvent faire l'équipe. Si on pense à un moment donné qu'il serait mieux pour leur développement de retourner (dans le junior), on va le faire, mais il n'y a pas de date butoir dans leurs cas », a dit Boucher, qui a notamment utilisé Formenton, un rapide patineur, avec Jean-Gabriel Pageau pour écouler les punitions, mercredi, lors des exercices d'unités spéciales.
Jaros, le Slovaque qui a été choisi en cinquième ronde en 2015, n'a pas fait de cas de se retrouver dans le groupe B. « Je pense que je ne suis pas encore à mon meilleur, j'ai bien des choses à améliorer. C'est certain que je veux être dans le groupe de la LNH, mais si je suis dans celui de la LAH, je dois montrer que je suis le meilleur et ils vont me ramener », a-t-il indiqué.
Ces mises au jeu qui font damner
Le calendrier présaison vient à peine de débuter que déjà, l'application plus stricte des règlements en ce qui a trait aux mises au jeu fait damner les joueurs et les partisans qui aiment crier aux juges de lignes de laisser tomber la rondelle.
Lors des deux parties entre les Sénateurs et les Maple Leafs, les officiels ont imposé quatre punitions - trois à Toronto, une à Ottawa - pour avoir retardé le match en raison d'infractions sur les mises au jeu. Quand un centre est expulsé du cercle pour avoir tenté de tricher, l'ailier qui le remplace est envoyé au cachot s'il déroge aux règles en place à son tour.
Le vétéran des Sénateurs Zack Smith, un ancien centre qui joue surtout à l'aile maintenant, mais qui prend plusieurs mises au jeu, ne comprend pas ce que la LNH tente d'accomplir dans ce cas-ci, qui s'ajoute à une surveillance accrue des coups de bâton près des mains d'un adversaire.
« Je ne vois pas où il y avait un problème l'an passé, pourquoi il fallait effectuer un changement. Il nous semble évident, comme joueurs, que certains individus dans la ligue ont vu leurs chiffres dans les cercles baisser et ils n'ont pas aimé ça, j'imagine. À cause de ça, on doit vivre avec ce triste spectacle lors des mises au jeu. Je ne vois pas de bénéfice à ça, les juges de lignes sont placés dans une situation terrible », a-t-il confié au Droit mercredi.
« On dirait qu'il faut être immobile comme si on prenait votre photo pour une carte de hockey... Et c'est sorti de nulle part, les juges de lignes et les arbitres sont venus nous montrer quelques vidéos une heure et demie avant le match (de lundi). Je ne comprends pas. Les joueurs n'aiment pas ça, les amateurs et les juges de lignes non plus », a-t-il ajouté.
L'entraîneur-chef Guy Boucher ne s'en préoccupe pas trop, lui. « Les joueurs vont devoir s'adapter et ne pas dépasser les lignes (dans les cercles), autant les centres que les ailiers. Il y a des gars de 35 ans qui jouent de cette façon depuis qu'ils ont cinq ans, ils ont des habitudes qui vont être difficiles à briser. C'est comme arrêter de fumer du jour au lendemain », a-t-il noté.
Il se réjouit presque d'avoir l'occasion de déployer son attaque à cinq et son unité de désavantage numérique plus souvent, alors qu'il a commencé à travailler cet aspect du jeu mercredi au camp, ce qui est bien plus tôt qu'à sa première saison derrière le banc de l'équipe.
Rappelons que le jeu de puissance des Sénateurs avait été un de leurs talons d'Achille la saison dernière, terminant la saison régulière au 23e rang dans la LNH à 17 % d'efficacité alors qu'il a été encore pire en séries éliminatoires (14e sur 16 équipes, à 11,5 %).
« Les résultats de nos deux matches hors-concours le prouvent, nos vétérans ont bien assimilé le système et nous avons déjà retrouvé 80 % de l'efficacité de notre jeu de l'an dernier. Je peux me fier à ça maintenant. L'an passé, on n'a pas fait le tiers de ce que je fais normalement sur les unités spéciales, parce qu'il y avait tellement de choses à faire à cinq contre cinq », a-t-il dit.