Cocy Ceci met en échec Alexander Steen, lors d\"un récent affrontement entre les Sénateurs et les Blues.

Ceci prend son mal en patience

En rentrant de voyage, dans la nuit de mercredi à hier, Cody Ceci songeait sérieusement à se rendre jusqu'à Orléans pour profiter du confort douillet de la maison de ses parents.
Un moment donné, un gars se tanne de vivre à l'hôtel.
Le défenseur de 20 ans n'est cependant pas près de se trouver un domicile permanent bien à lui. La direction des Sénateurs a beau profiter de toutes les occasions pour le vanter, personne ne semble prêt à lui assurer qu'il passera le reste de la saison dans la LNH.
Paul MacLean a été le dernier à lui lancer des fleurs. C'était mardi midi, quelques heures avant le match entre les Sénateurs et le Wild. On lui a demandé pourquoi la recrue se retrouvait soir après soir dans son top six alors que les plus expérimentés Joe Corvo, Eric Gryba et Patrick Wiercioch devaient constamment se battre pour mériter leur poste. «Les meilleurs joueurs méritent de jouer. Depuis son arrivée, je dirais que Cody fait partie de nos quatre défenseurs les plus constants. Donc, pas question pour moi de le retirer de la formation.»
Quelques heures plus tard, Ceci a passé 22 minutes et 23 secondes sur la glace dans la victoire par blanchissage contre le Wild. Il s'agit d'un sommet dans sa jeune carrière.
MacLean répétait le mois dernier qu'il fallait jouer de prudence avec un joueur aussi jeune. «Parce qu'il pourrait bien finir par frapper un mur.»
Devra-t-il finir par se rendre à l'évidence? À force de se maintenir parmi les joueurs les plus fiables et les plus constants de son équipe, le premier choix des Sénateurs lors du repêchage de 2012 finira-t-il par convaincre ses patrons qu'il a sa place à Kanata?
«Un jour, sans doute, répond MacLean, hésitant. Je ne sais pas trop quand ça va se produire. Prenez l'exemple de Colin Greening. Il vient de disputer un 200e match de la LNH. Peut-il se targuer d'être un joueur de la LNH pour autant? Tout ce que je sais, c'est que Cody a joué avec beaucoup de constance depuis son arrivée. Ça me suffit.»
Un rêve éveillé
Ceci n'a pas besoin qu'on lui fasse de grandes promesses pour l'instant. Comme la plupart des recrues de la LNH, il a un peu l'impression de vivre dans un monde de rêve.
Il vient de prendre part à son premier long voyage en tant que joueur de la LNH. «Nous avons passé trois belles journées à Nashville. C'est une ville pas mal cool à visiter. Une ville dans laquelle je n'avais jamais mis les pieds. Quand j'y pense, je n'avais jamais mis les pieds à Denver non plus. Ni au Minnesota.»
Dans le Guide du routard, toutes ces destinations sont mieux cotées que les villes qu'il visitait dans la LHOntario l'an dernier. Règle générale, les marchés de la Ligue américaine - où il évoluait cet automne - ne sont guère plus attrayants.
«Dans le junior comme dans les mineures, il y a d'interminables voyages en autobus qui vous demandent beaucoup de temps et d'énergie. Dans la LNH, on prend l'avion pour se rendre un peu partout. C'est un beau luxe. La nourriture qu'on nous sert, les hôtels dans lesquels on dort... Tout se passe à un niveau supérieur.»
Toutes ces choses l'aident à prendre son mal en patience.
«J'ai connu un bon début de saison dans la Ligue américaine parce que je m'amusais beaucoup. J'essaie de conserver la même attitude à Ottawa.»
Jusqu'ici, ça fonctionne.