Colin White et les Sénateurs affronteront Auston Matthews et les Maple Leafs lundi lors de leur premier match hors-concours.

« Ça va être comme dans le bon vieux temps »

Les feux des projecteurs au camp des Sénateurs sont braqués énormément sur Thomas Chabot, encore plus depuis la déclaration d'Erik Karlsson vendredi à l'effet qu'au même âge, il est en avance sur lui dans son développement.
L'autre premier choix de 2015, Colin White, se retrouve un peu dans l'ombre, mais il aura une première occasion d'en sortir lundi soir alors qu'il sera lancé dans la mêlée - tout comme Chabot et le défenseur slovaque Christian Jaros - lors du premier match hors-concours contre les Maple Leafs de Toronto.
« Je ne pense pas trop à ces choses-là. Chabot joue très bien et je suis excité pour lui, il est incroyable. Pour moi, c'est juste d'avoir du plaisir ici, prendre mes aises et me faire des amis, travailler fort. C'est tout ce que je cherche à faire », a raconté White après le match entre les Rouges et les Blancs de dimanche.
Parlant d'amis, le centre qui avait terminé la dernière campagne dans la capitale après sa saison à Boston College aura l'occasion de croiser le fer avec son ancien coéquipier Auston Matthews, qui doit faire le voyage avec les Leafs, revenant à l'endroit où il avait lancé une saison recrue couronnée par le trophée Calder avec une récolte de quatre buts dans un revers de 5-4.
« On a jasé hier sur Snapchat et il me demandait si j'allais jouer. Je lui avais répondu que je ne le savais pas, mais là c'est confirmé. C'est excitant de pouvoir jouer contre une autre équipe, je vais traiter ça comme un vrai match. Il (Matthews) m'a dit qu'il joue, donc ça devrait être amusant de me mesurer à lui. Ça va être comme dans le bon vieux temps, peut-être qu'on va réussir à le blanchir, ça serait plaisant », a-t-il lancé en riant.
Les deux jeunes joueurs ont été des coéquipiers avec l'équipe nationale des États-Unis lors du Championnat mondial junior de 2016, en plus d'avoir passé deux saisons ensemble au sein du programme national de développement (U17 et U18) des Américains. Ils pourraient maintenant s'affronter pendant des années dans le cadre des Batailles de l'Ontario.
« Ça va être le fun de jouer longtemps contre lui. Mais pour l'instant, moi, je dois me tailler un poste au sein de cette équipe. Je vais essayer de jouer à ma façon lors de ce match, ne rien faire de spécial. Être au bon endroit alors que ce système de jeu est assez différent, bien faire toutes les petites choses », a indiqué White.
Un bon match lundi soir ne voudra pas nécessairement dire qu'il amorcera la saison à Ottawa, surtout si Derick Brassard n'est pas prêt pour le premier match du calendrier régulier en raison de son opération à l'épaule de l'été.
« Les joueurs qui vont se tailler un poste dans le club doivent être capables de soutenir un rythme élevé pendant une longue période de temps. Personne ne va faire l'équipe aujourd'hui ou après les deux prochains matches. Certains gars vont être retranchés et d'autres vont être sur la ligne, mais ça va être un long processus pour ceux qui vont nous montrer qu'ils méritent d'être ici. Je ne vais pas cacher que White et Chabot sont de bons espoirs, mais il y a d'autres gars qui sont surprenants et qui nous font penser », a dit l'entraîneur-chef Guy Boucher.
Pius Suter, un autre Suisse dans le giron des Sénateurs
La filière suisse des Sénateurs commence à être pas mal épaisse.
Les entraîneurs Guy Boucher, Marc Crawford et Rob Cookson ont tous été rapatriés de la Ligue nationale de Suisse, tout comme les attaquants Tom Pyatt et Chris DiDomenico, mis sous contrat au début et à la fin de la saison dernière, respectivement.
Au camp d'entraînement de cette année, cette filière est exploitée à nouveau alors que le centre Pius Suter a été invité au camp des recrues puis au camp principal, même s'il est sous contrat avec la formation de Zurich, l'ancien club de Crawford et Cookson.
Pius Suter
C'est assez inhabituel puisque la saison régulière en Europe est déjà commencée, mais Suter, un ancien du Storm de Guelph dans la LHOntario qui n'a jamais été repêché, avait une clause échappatoire dans son contrat lui permettant d'accepter un tel essai.
« J'aimerais bien être là pour les aider à gagner des parties, mais en même temps, j'avais une bonne chance qui s'offrait à moi ici. Je vais jouer (lundi contre Toronto) et on verra ensuite ce qui va se passer », a dit ce frêle attaquant de 5' 11'' et 165 livres, qui est rapide et doté de bonnes mains.
Auteur de 43 buts et 72 points en 61 parties à sa dernière saison junior à Guelph alors qu'il avait 18 ans, Suter a pris un peu de temps à s'habituer à nouveau au style de jeu nord-américain. Guy Boucher a laissé entendre qu'au tournoi des recrues à Toronto, il avait semblé être affecté par le décalage horaire. Il a mieux paru en fin de semaine, à son avis.
« Le jeu est très différent ici par rapport aux grandes glaces en Suisse, il y a pas mal plus de jeu le long des bandes, beaucoup de batailles à un contre un. Ça m'aide présentement d'avoir joué deux saisons à Guelph, j'avais ajusté mon jeu là aussi. Ça reste le même jeu, il faut mettre la rondelle dans le filet », lance-t-il en riant.
Retourné à Zurich à 19 ans, en 2015-2016, il avait alors été un coéquipier d'Auston Matthews, le premier choix du repêchage de 2016 qu'il retrouvera maintenant sur la glace quand il s'amènera avec les Maple Leafs lundi soir.
« Il n'est pas mauvais, a-t-il blagué. J'ai joué à l'occasion avec lui sur le même trio, une couple de parties au moins en saison ainsi qu'en séries. Mais les trios changeaient souvent. »
Après son match hors-concours contre les Leafs, il y a fort à parier que Pius Suter retournera ensuite à Zurich. Les Sénateurs devront ensuite déterminer plus tard s'il vaut la peine de lui faire signer un contrat en vue de la saison 2018-2019. « C'est mon objectif de jouer un jour dans la LNH. Si j'obtiens ma chance, je vais essayer d'en profiter au maximum », ajoute le jeune homme de 21 ans, qui a récolté 11 buts et 28 points en 38 parties pour les Lions de Zurich la saison dernière, en plus de représenter son pays au Championnat mondial senior (un but, deux passes en huit parties).