Les deux points de Reilly Smith n'ont pas suffit aux Golden Knights pour vaincre les Sénateurs.

Burrows met les Knights échec et mat

LAS VEGAS — Au cours de leur saison inaugurale, les Golden Knights de Vegas n’avaient pas encore subi trois défaites consécutives, un exploit parmi tant d’autres pour la franchise d’expansion.

Ça, c’était avant le passage en ville des Sénateurs d’Ottawa, qui n’avaient pas l’air d’un des pires clubs de la LNH sur la route - et tout court - en ce vendredi soir près du célèbre «Strip».

Les joueurs ont remercié leur entraîneur-chef Guy Boucher pour leur avoir donné deux jours dans la «ville du péché», incluant une journée de congé, en remportant un gain de 5-4 au T-Mobile Arena, ce qui freinait leur propre séquence de défaites à cinq (0-4-1). Ils arrêtaient aussi une série de six défaites de suite à l’étranger (0-5-1), leur dernier gain loin du Centre Canadian Tire remontant au 3 février à Philadelphie.

«C’est une superbe ville, on s’y est amusé autant qu’on le pouvait, mais on sait aussi qu’on a un travail à faire et on s’est assuré d’être préparés à jouer. Ils ont un bon club qui joue extrêmement bien à domicile et on le savait. Nous étions prêts et ça a paru», a raconté le capitaine Erik Karlsson, qui a récolté trois passes pendant ce match.

Alexandre Burrows a fait dévier son tir de la pointe pour briser une égalité de 4-4 à mi-chemin en troisième période. Une belle façon pour l’attaquant québécois de souligner son retour au jeu après une suspension de 10 parties, lui dont le dernier but remontait au 4 novembre dernier contre ces mêmes Knights, une disette de 37 matches.

«Ça faisait longtemps, je le sais. C’est toujours le ‘fun’ de contribuer en attaque, et aux succès de l’équipe en même temps. J’avais manqué quelque chance auparavant, mais c’est toujours plaisant aussi de compter contre un ‘chum’ (en Marc-André Fleury). On a bien joué et travaillé fort, on a été capables de ‘matcher’ l’énergie dans leur édifice», a indiqué Burrows.

Alors que la deuxième période a été leur talon d’Achilles pendant la majorité de cette saison (28 buts alloués de plus qu’ils ont comptés), les visiteurs ont explosé pour trois buts sans réplique au cours de celle-ci pour effacer un déficit de 2-1.

Bobby Ryan, sur une longue échappée préparée par une longue bombe de Mark Stone, Matt Duchene, en avantage numérique, et Jean-Gabriel Pageau, avec un tir sur réception dans la lucarne, ont tour à tour déjoué le gardien des Knights Marc-André Fleury, débordé. «C’était toute une passe de Stone, on avait fait un contact visuel pendant trois secondes et je cherchais une ligne de passe, il a réussi à me rejoindre. Ensuite, j’ai juste réagi», a dit Ryan, dont c’était le premier but depuis le 1er février dernier (il n’a joué que trois matches pendant le mois).

Peu occupé au cours d’un premier tiers où il a cédé deux buts, ceux de Reilly Smith en début et Colin Miller en fin de période, le gardien Craig Anderson a réalisé quelques arrêts spectaculaires au cours de cette même période où il a fait face à 18 des 29 lancers dirigés vers lui. Mais il a connu une troisième période difficile alors que William Karlsson, son 35e, et Ryan Carpenter, en désavantage numérique, l’ont déjoué entre les jambières tous les deux pour créer l’égalité 4-4.

Stone, sur une passe de Ryan, avait répliqué au but de Smith en début de match, un 20e but cette saison pour celui-ci. 

«Le trio de Pageau avec Stone et Ryan a été tout simplement extraordinaire, ils ont retrouvé leur chimie des séries de l’an dernier et c’est bon pour nous alors qu’on collecte de l’information pour l’année prochaine, analysait Guy Boucher après coup. Dans le bon vieux temps, on jouait de façon coupable plus souvent que les gars de nos jours. Nos joueurs ont pris ça de façon très sérieuse, ça a été une bonne expérience de venir ici pour la première fois. Ils ont bien géré les choses en dehors de la glace et ils ont été des professionnels (jeudi) lors de la pratique, et avant le match. Ils ont eu ce qu’ils méritaient.»

C’était seulement la huitième victoire à l’étranger des Sénateurs cette saison (8-18-5), et elle survenait contre un club qui est dominant sur sa propre patinoire où règne une ambiance de party (24-6-2).

LE FAMEUX PLAN INTRIGUE STONE

Le mystérieux plan concocté par le d.g. Pierre Dorion et le propriétaire Eugene Melnyk pour relancer les Sénateurs d’Ottawa fait jaser et il est évidemment particulièrement d’intérêt pour les joueurs.

Le meilleur compteur du club cette saison, Mark Stone, a avoué vendredi qu’il surveille attentivement ce qui se dit et s’écrit sur la planification à court et long terme de ses patrons, alors que comme le capitaine Erik Karlsson, qui pourra négocier une prolongation de contrat après le 1er juillet s’il n’est pas échangé auparavant, il aura des décisions personnelles à prendre très bientôt qui sont influencées par les décisions au « deuxième étage ».

« Ce serait mentir que de dire que je n’y ai pas pensé. Mais présentement, je veux garder ma concentration sur nos 20 dernières parties pour que cette saison n’aille pas dans la mauvaise direction encore plus qu’elle ne l’a été, ce que personne ne veut voir arriver », a-t-il indiqué quelques heures avant d’affronter les Golden Knights au T-Mobile Arena.

« La plupart d’entre nous avons probablement pensé à ce qui va arriver à l’équipe et à chacun d’entre nous, mais ces 20 derniers matches sont importants pour bâtir en fonction de l’avenir », a-t-il ajouté.


Mark Stone

Stone écoule la dernière année d’un contrat de trois ans pour 10,5 millions $ (3,5 M $/ an en moyenne) et la campagne qu’il connaît (19 buts, 57 points en 53 matches avant vendredi) lui donnera de bonnes munitions quand viendra le temps de négocier une nouvelle entente, possiblement à long terme quoiqu’il a droit à l’arbitrage salarial pour une dernière saison avant de pouvoir aspirer à obtenir l’autonomie complète.

« C’est important pour moi, je pense que c’est une négociation importante. On va voir où j’en suis cet été et on prendra une décision à ce moment-là », a-t-il répondu à une question du Droit, à savoir s’il pourrait refuser une invitation à participer au prochain Championnat mondial de hockey qui auront lieu au Danemark en mai pour éviter tout risque de blessure en attendant d’avoir un nouveau contrat.

Stone avait représenté son pays au Championnat mondial de 2016 en Russie, ramenant une médaille d’or tout comme son coéquipier Cody Ceci de même que Derick Brassard et Matt Duchene (avant leur acquisition par Ottawa). « Ça avait été une belle expérience et ce serait encore plaisant de représenter le pays, mais je n’ai pas eu de nouvelles encore, il est trop tôt pour ça. On va voir à la fin de la saison, je suis certain que ce sera une option pour moi », a-t-il dit à ce sujet.

Quant à savoir s’il serait prêt à signer un contrat à long terme avec une équipe qui pourrait être dans un mode de reconstruction complète, surtout dans l’optique où Karlsson pourrait être échangé pour obtenir plusieurs espoirs et choix de repêchage, Stone s’est fait assez évasif.

« Il est difficile d’échanger des joueurs de cette magnitude. Pour nous. on ne voulait pas qu’il déménage. On ne voulait pas que personne s’en aille. Mais comme je l’ai dit au cours des deux derniers mois, nous n’avons pas eu beaucoup de succès en tant qu’équipe et le d.g. ne peut pas y aller avec le même alignement l’an prochain quand on n’a pas eu de succès. Donc on s’attendait à des changements, on a perdu deux ou trois vétérans respectés dans notre vestiaire. C’est comme ça quand tu perds », souligne-t-il.

« Personne ne veut passer à travers une reconstruction, mais parfois, tu regardes l’ensemble de la situation. Regardez certains des gars à Toronto qui sont restés pendant des années difficiles, et maintenant ils en voient les bénéfices. Tout le monde va regarder la situation de l’équipe, et sa situation personnelle. Je trouve qu’on commence à voir des lueurs d’espoir au sein de notre équipe, il y a de bons jeunes joueurs qui s’en viennent et on dirait qu’on va avoir un premier choix de repêchage élevé, ce qui devrait ajouter un autre bon morceau au casse-tête », estime-t-il.

Stone, qui s’est dit heureux de se retrouver aux côtés de Jean-Gabriel Pageau après le départ de Derick Brassard, parlait notamment des Thomas Chabot, Colin White, Filip Chlapik, Alex Formenton et Drake Batherson. « Et (Logan) Brown, j’aime beaucoup son jeu. On a beaucoup de joueurs qui vont ajouter de la compétition au sein de l’alignement quand ils vont devenir des pros », note-t-il.