Burrows fait la différence

Alexandre Burrows n'a vraiment pas raté sa chance de faire une bonne première impression.
L'attaquant québécois a bien fait paraître le DG des Sénateurs d'Ottawa Pierre Dorion pour être allé le chercher à Vancouver lundi en comptant les deux buts des siens dans un gain de 2-1 aux dépens de l'Avalanche du Colorado devant 16 932 de ses nouveaux partisans, incluant ses parents et un de ses neveux, au Centre Canadian Tire.
«C'était pas mal le fun, je n'aurais pas pu décrire mieux le début, même si personnellement, il y a encore plusieurs lectures de jeu où je me disais: "Oups, je ne suis pas à la bonne place, ou je ne fais pas le bon jeu sans la rondelle." Mais les gars ont été super corrects avec moi, ils m'ont donné des conseils sur comment jouer dans le système de jeu. J'ai été vraiment impressionné par la façon dont on a joué ce soir, on a bloqué beaucoup de lancers, on en a obtenu 42, on a été physique», a-t-il confié au Droit après la rencontre.
«C'est impressionnant, il y a plein de belles choses qu'on a faites qui sont des choses que les équipes championnes font. Ça me rappelle des bons souvenirs de quand on avait du succès à Vancouver, on maîtrisait plein de petits détails», a-t-il ajouté.
Burrows a compté lors de chacune des deux premières périodes, chaque fois sur des passes de Mike Hoffman au milieu de changements de trios. Ce dernier l'a d'abord repéré partant du banc des siens avec une longue passe transversale en zone neutre et en descendant l'aile gauche, Burrows a surpris le gardien Calvin Pickard du côté rapproché.
Ce dernier n'a pas pu faire grand-chose sur son but de la période médiane alors que l'ancien des Canucks a décoché un puissant tir de l'enclave après que Hoffman ait soutiré le disque au défenseur Mark Barberio.
«J'ai été un peu chanceux sur le premier, je pense que la rondelle a dévié sur le défenseur (l'ex-Sénateur Patrick Wiercioch). Et sur le deuxième, Hoffman a fait un super bel échec avant et il a tout de suite regardé où j'étais, et il me l'a donnée sur le tape. Deux belles passes», a expliqué Burrows, qui était sur la glace à la dernière minute de jeu pour protéger l'avance, et non pour compléter son tour du chapeau dans un filet désert.
Une première... en 23 ans 
Burrows était le troisième nouveau joueur des Sénateurs à compter dès son premier match dans son nouvel uniforme, après Derick Brassard et Tommy Wingels. Il a été le premier à réussir un doublé depuis Dan Quinn le 17 mars 1994. Comme si ce n'était pas suffisant, il a aussi donné une percutante mise en échec à Tyson Barrie au troisième tiers.
«Il a fait la différence dans ce match, c'était beau à voir», a commenté le gardien Craig Anderson, qui a fait face à 23 lancers devant le filet des locaux.
L'ancien Canadien René Bourque l'a privé d'un jeu blanc alors qu'il a saisi une passe dans l'enclave et qu'il a atteint la lucarne du côté de la mitaine à la sixième minute du troisième tiers.
«Deux buts, une couple de bonnes mises en échec, du bon jeu défensif, c'est un beau départ pour lui. Sur son premier but, je m'en allais changer et je n'ai vu que la rondelle dans le but. Il a lancé au but et c'est la seule façon de compter, tu n'as aucune chance si tu ne lances pas», a souligné Hoffman.
L'autre nouveau venu lancé dans la mêlée pour la première fois par l'entraîneur-chef Guy Boucher, Viktor Stalberg, s'est bien débrouillé lui aussi, obtenant deux tirs au but et trois mises en échec, dont une particulièrement retentissante.
L'Avalanche (17-42-3) poursuivait une saison d'enfer qui laisse l'équipe bonne dernière au classement général avec ce deuxième revers de suite.
Les Sénateurs (34-22-6), qui demeurent à six points des Canadiens de Montréal et du premier rang dans la division Atlantique, disputeront leur prochain match samedi soir alors que les Blue Jackets de Columbus seront les visiteurs au CCT.
Boucher a bien aimé l'effort
L'Avalanche a beau en arracher cette saison, Guy Boucher était content de voir que son club ne l'a pas pris à la légère alors qu'il insérait ses nouvelles acquisitions dans l'alignement.
« On voulait avoir une journée de congé demain (vendredi), pas aujourd'hui. On sait que c'est difficilement mentalement, physiquement et émotivement en revenant d'un voyage, on a des gars qui sont fatigués et les gars ont donné tout ce qu'ils avaient. Nos troisième et quatrième trios nous ont donné beaucoup d'énergie et de momentum, beaucoup de vitesse. Ça a fait une grosse différence pour épuiser l'adversaire », analysait l'entraîneur-chef après le gain de 2-1 des Sénateurs jeudi soir.
Tous les attaquants de son club ont été utilisés plus de 10 minutes, incluant le nouveau quatrième trio de Chris kelly entre Viktor Stalberg et Tommy Wingels, alors que Boucher a aussi adoré la ténacité de la ligne de Jean-Gabriel Pageau entre Ryan Dzingel et Tom Pyatt.
« Quand j'ai vu que (Alexandre) Burrows et Stalberg étaient si rapides à faire ce qu'ils sont supposés faire sur la glace, alors je n'ai pas hésité à faire jouer tout le monde. Ils ont assimilé rapidement ce qu'on veut faire, alors qu'ils auraient pu être un peu nerveux. Ils ont mérité leur temps de glace... Je me demande ce que les gens pensent de l'échange (pour Burrows) maintenant. Ce que j'aime, c'est qu'il a déjà commencé à faire ce qu'il fait sur le banc. C'est un gars qui n'abandonne jamais, et c'est contagieux. C'est en plein ce qu'on voulait. Il fait le même genre de travail que Zack Smith sur les deux premiers trios », a-t-il ajouté au sujet du héros de la soirée.
Record et feintes
Erik Karlsson n'a pas marqué dans ce 311e match consécutif pour lui, égalant le record d'équipe de Chris Phillips, mais il a effectué quelques feintes remarquables qui ont soulevé la foule. Sa séquence a commencé le 24 avril 2013 quand il est revenu de sa déchirure au tendon d'Achilles. Il a en plus obtenu six lancers et en a bloqué autant.
« J'ai trouvé que nos nouveaux gars étaient toujours aux bons endroits, ils ont travaillé très fort dans le système qui était nouveau pour nous. Ça paraît que ce sont des hockeyeurs professionnels depuis longtemps, ils ont apporté de l'énergie et ils sont venus pour jouer. Un gars comme Alex, qui a joué longtemps pour le même club, c'est un gros ajustement pour lui, c'est donc bien qu'il ait compté, ça lui permet de se faire des amis rapidement », a noté Karlsson.