Alex Burrows (à gauche) a récolté une passe sur le but de Jean-Gabriel Pageau face aux Panthers.

Burrows et Vrbata à la croisée des chemins

SUNRISE — À la veille de son 900e match en carrière, Alexandre Burrows a eu l’occasion de saluer un ancien coéquipier avec les Cataractes de Shawinigan, Radim Vrbata, à qui il donne du crédit pour l’avoir aidé à lancer celle-ci.

Vrbata, l’ancien des Olympiques de Hull qui est en fin de carrière avec les Panthers de la Floride, finissait des exercices supplémentaires à la fin de l’entraînement matinal des siens vu qu’il allait être laissé de côté pour le match en soirée quand Burrows est venu lui jaser au banc des visiteurs. « En arrivant dans le junior à 19 ans, c’est grâce à lui un peu si je scorais. Il me trouvait tout le temps, il était tellement bon », a confié l’attaquant des Sénateurs d’Ottawa au Droit.

Une recrue à 19 ans après avoir joué au niveau junior AAA, Burrows avait compté 16 buts en 2000-2001 avec les Cataractes, qui avaient obtenu Vrbata des Olympiques, celui-ci connaissant une saison de 120 points à sa dernière année chez les juniors. Ils se sont plus tard retrouvés avec les Canucks de Vancouver, quand le Tchèque de 36 ans maintenant y a passé deux campagnes entre 2014 et 2016.

Les deux sont maintenant rendus en fin de carrière, Vrbata ayant confié lundi que la présente campagne sera sa dernière. Il entend retourner en République tchèque cet été pour que ses trois enfants, âgés de deux à huit ans, puissent aller à l’école en tchèque. « Si je restais en Amérique pour une autre année, ça deviendrait très difficile pour mon plus vieux de se rattraper... Ça va être un gros changement pour toute la famille », a-t-il indiqué.

Ayant joué plus de 1000 matches dans la LNH, Vrbata est satisfait de sa carrière, même s’il aimerait qu’elle se termine un peu mieux. Il n’a joué que 41 matches cette saison, y allant de cinq buts et quatre passes, alors qu’il a dû composer avec une commotion cérébrale, une autre blessure, et le fait que les Panthers n’ont pas de place pour lui dans leur top-6.

« Les jeunes de l’équipe vont bien, le club joue bien dans l’ensemble. On va voir ce qui va se passer. Je pensais que ce serait fini pour moi l’an passé, mais ça a tellement bien été à Phoenix (20 buts, 55 points) que je me suis dit, pourquoi pas jouer une autre année. Mais maintenant, la ligue s’en va vers la jeunesse et mon corps ne suit plus aussi bien. J’ai quand même eu une bonne carrière pour un choix de septième ronde », a dit Vrbata, un marqueur de 30 buts à deux occasions.

Burrows, qui a disputé son 899e match contre les Panthers lundi, comprend bien ce que vit son ami de longue date, lui qui pourrait arriver à l’heure de la retraite bientôt lui aussi. « Quand j’ai commencé dans la ligue, il y avait plusieurs gars dans la fin de la trentaine alors que maintenant, il n’y en a que quelques-uns. Je comprends l’aspect business, les clubs doivent gérer leurs masses salariales et développer des jeunes, surtout dans la situation où nous sommes présentement, avec une reconstruction ou appelez ça comme vous voulez. On va voir, on va se parler cet été et évaluer la situation. Mais j’aime encore venir à l’aréna chaque jour, surtout pour voir ces jeunes qui essaient de bâtir leurs carrières », a souligné Burrows après l’entraînement des Sénateurs, avec qui il est sous contrat pour une autre saison, quoique celui-ci risque possiblement de faire l’objet d’un rachat.

Dans les circonstances, Burrows ne sait pas s’il arrivera au plateau des 1000 matches. Mais 900 parties, c’est déjà beaucoup pour un joueur qui n’a jamais été repêché et qui, à 15 ans, jouait au niveau bantam A. « Le temps passe, ça veut dire que j’ai vieilli. Ça reste un bel accomplissement alors que je ne pensais même pas en jouer un seul. Plein de choses font en sorte que ça va être spécial un peu. Une fois que j’ai joué un premier match, j’étais prêt à faire n’importe quoi pour rester », a-t-il ajouté.

LES SÉNATEURS EN BREF

Les Sénateurs rencontrent leurs invités 

À leur arrivée au BB&T Center lundi soir, les joueurs des Sénateurs ont présenté des chandails autographiés à une quarantaine de hockeyeurs de l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas, qui étaient les invités du gardien Craig Anderson et du capitaine Erik Karlsson pour le match contre les Panthers. 

Les joueurs des Sénateurs ont présenté des chandails autographiés à une quarantaine de hockeyeurs de l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas

Anderson a une résidence dans le quartier Parkland où est située cette école où une fusillade faisant 17 morts est survenue le mois dernier. 

Son épouse Nicholle et ses enfants habitent dans le quartier à l’année longue. 

Les Panthers en feu

Avant d’affronter les Sénateurs lundi, les Panthers étaient l’équipe de l’heure dans la LNH, présentant une fiche de 12-3-1 depuis la pause du match des Étoiles et ayant amassé au moins un point à leurs neuf derniers matches à domicile (8-0-1). 

Le moment est bien choisi alors qu’ils aident la communauté de Fort Lauderdale à se remettre de la dernière fusillade dans le coin, celle qui a fait 17 victimes le jour de la St-Valentin à l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas. 

« On a connu un lent début de saison, ça nous a pris du temps à nous habituer à un nouveau personnel d’entraîneurs, raconte le défenseur Mike Matheson, originaire de la région montréalaise. Dans la communauté, on essaie de donner le plus de support qu’on peut alors qu’il y a eu cette fusillade cette année et qu’il y en avait eu une autre à l’aéroport l’an dernier, en plus d’un ouragan au début de la saison. Quand Roberto (Luongo) a fait son discours (au match hommage aux victimes), c’était spécial, tu pouvais voir que ça venait de son cœur, lui qui habite dans le quartier depuis longtemps. »

Pas de nouvelles de Stone

L’entraîneur-chef Guy Boucher a tenu son plus court point de presse de la saison lundi matin, à peine un peu plus d’une minute. 

Au cours de celui-ci, il a laissé entendre qu’il attendait toujours des nouvelles de la gravité de la blessure à une jambe subie par son meilleur compteur, Mark Stone, lors du match de vendredi dernier contre Calgary. 

« Ce n’est pas une blessure au genou », a-t-il cependant révélé. Stone a raté neuf parties à la fin janvier et au début de février en raison d’une entorse à un genou.