Alex Burrows devrait participer à un premier entraînement avec les Sénateurs mercredi matin.

Burrows attiré par Boucher et «Crow»

La prolongation de contrat consentie par les Sénateurs d'Ottawa à leur nouvelle acquisition, Alexandre Burrows, a été officialisée mardi.
L'attaquant qui aura 36 ans en avril empochera 2,5 millions $ pour les deux campagnes suivant la présente, un pacte qui comprend une clause de non-échange limitée lui permettant de dresser une liste de 10 équipes auxquelles il ne pourra pas être refilé.
Cette entente a certes pesé pour beaucoup dans la balance quand l'athlète originaire de Pincourt a pris la décision de lever une clause similaire pour quitter Vancouver, la seule organisation qu'il a connue pendant ses 12 saisons dans la LNH. Le d.g. Pierre Dorion a mentionné lundi qu'une conversation avec l'entraîneur-chef Guy Boucher, qui l'a déjà dirigé à un Championnat mondial en Finlande en 2012, l'avait aussi convaincu, mais le principal intéressé a aussi dit lors de son point de presse d'adieu à Vancouver en soirée lundi que la présence de Marc Crawford comme associé à Boucher a aussi eu un impact.
«"Crow" (Crawford) a eu un gros mot à dire dans ma carrière. Sans "Crow", je n'aurais probablement jamais joué dans la LNH. Il a cru en moi et il a vu quelque chose en moi. J'ai hâte de le revoir. Il m'a montré comment jouer de la bonne façon et avec passion chaque soir», a-t-il mentionné.
Burrows devait s'amener dans la capitale mardi avec son épouse Nancy et leurs trois enfants (deux filles et un garçon, tous âgés de six ans et moins). Il devrait participer à un premier entraînement avec son nouveau club mercredi matin.
«C'est (la prolongation de contrat) une grosse affaire pour moi. J'adore toujours le hockey et je voulais aller à une équipe qui cadrait bien au niveau hockey et pour la famille aussi. Il n'y a pas de situation parfaite, mais Ottawa est près (de Montréal, où il a sa résidence estivale). C'est un marché canadien et ils semblent vouloir tous pousser dans la même direction. Je peux nous voir sortir de la division... Et il (Boucher) est un entraîneur vraiment intense et passionné, très orienté sur les détails et ça paraît dans la façon dont (Erik) Karlsson joue présentement. Je vais apporter du leadership, de la passion et de l'intensité», a-t-il dit, ajoutant qu'il n'était pas intéressé à être un simple «joueur de location» pour le reste de la saison.
Après le revers de 5-1 à Tampa Bay lundi, Boucher a déclaré que Burrows était exactement le genre de joueur dont son équipe avait besoin, en particulier pour combler l'absence de Clarke MacArthur, au rancart toute la saison en raison de sa commotion cérébrale encaissée au camp d'entraînement.
«Au Championnat mondial, j'ai été tellement impressionné par la personne hors glace en plus de son désir de payer le prix sur la glace, sa ténacité. C'est resté avec moi, mais aussi avec tous ceux qui ont joué avec lui, demandez à (Dion) Phaneuf, à n'importe qui. Sur la glace, vous voyez qu'il est très difficile de jouer contre lui. Mais dans le vestiaire, il est une des meilleures personnes que vous pouvez avoir. C'est une chose dont nous avons besoin, les éléments intangibles qu'il apporte», a-t-il souligné.
L'acquisition de Burrows a été bien accueillie dans le vestiaire de l'équipe. «Comme on ne les affrontait (les Canucks) que deux fois par année, je n'ai jamais vraiment eu de problème avec lui. Mais en parlant à des gars qui ont déjà été ses coéquipiers sur différentes équipes, je n'ai entendu que des bonnes choses à son sujet comme gars dans le vestiaire. Il apporte quelque chose d'unique, c'est évident. On peut dire ce qu'on veut au sujet de sa façon de jouer, mais il fait son travail et il le fait bien», a souligné le défenseur Mark Borowiecki après le match de lundi à Tampa Bay.
Le chemin de croix de Burrows
Alexandre Burrows est parti de très loin pour atteindre la LNH, n'ayant été repêché ni dans ce circuit ni dans la LHJMQ.
Sur le chemin le menant à une carrière de plus de 800 parties à Vancouver, il a croisé deux entraîneurs gatinois, Benoît Groulx et Alain Vigneault.
À Shawinigan, où il s'est taillé un poste comme simple joueur invité en 2000, Groulx faisait ses premiers pas comme entraîneur en tant qu'adjoint à Denis Francoeur. L'ancien entraîneur des Olympiques maintenant rendu à la barre du Crunch de Syracuse, dans la Ligue américaine, a cependant refusé de ressasser ses souvenirs du jeune Burrows quand joint par Le Droit, disant que ça remontait à trop loin. Il avait connu une saison de 30 points, dont 16 buts, comme recrue de 19 ans, avant de s'imposer avec 35 buts et 35 passes, pour aller avec 184 minutes de punition, lors de sa saison de 20 ans.
Gravissant les échelons chez les professionnels en commençant dans la ligue East Coast, avec le Grrrowl de Grenville en 2002, Burrows a ensuite joué pour Alain Vigneault avec le Moose du Manitoba, dans la Ligue américaine.
« J'ai été là une saison et je me souviens qu'à l'époque, il avait un contrat à un sens dans la Ligue américaine, mais il avait tellement eu un bon camp avec les Canucks qu'ils lui ont fait signer un contrat à deux sens. Un peu plus tard, ils m'ont demandé qui était mon meilleur ailier et je leur ai répondu que c'était Alex Burrows, donc il a été rappelé. Je me souviens que j'avais dit à mon adjoint, "On ne le reverra plus jamais celui-là", et c'est ce qui est arrivé. Alex, c'est un gars qui trouve une façon de faire le travail et de fitter dans une équipe. Il a tout un sens du jeu, c'est sa force avec sa persévérance », s'est rappelé Vigneault lorsque joint mardi.
Celui-ci l'a ensuite dirigé pendant sept saisons à Vancouver. Il parle d'un joueur de caractère « qui a plus d'habiletés que les gens pensent, c'est pourquoi il a compté 35 buts en jouant avec les jumeaux (Daniel et Henrik Sedin), il est très bon le long des bandes et pour aller devant le filet adverse », souligne-t-il.
Burrows a compté de gros buts pour lui, Vigneault estimant même qu'il « a sauvé ma job à deux occasions ».
« À ma troisième saison, la première de Mike Gillis comme d.g., nous avons perdu neuf parties de suite à un moment donné. Beaucoup de monde demandait la tête du coach. Le match suivant contre la Caroline, c'est 3-3 en fin de match et on écope d'une punition, je suis peut-être congédié si on perd ce match, mais Alex avait marqué en désavantage », a-t-il relaté.
Vigneault souhaitera maintenant ne pas avoir à croiser son ancienne peste en séries ce printemps.