«On dirait que la stigmatisation des maladies mentales commence à être cassée, le monde ne juge plus vraiment les gens qui disent avoir des problèmes mentaux», affirme Alexandre Burrows.

Burrows a la cause à coeur

En cette saison frustrante où ils multiplient les séries de défaites, la santé mentale des joueurs et dirigeants des Sénateurs est mise à rude épreuve.

La journée du 31 janvier était cependant importante pour discuter de réels problèmes à ce niveau, alors que des sommes importantes ont été amassées par le biais de la campagne Bell cause pour la cause (Bell Let’s Talk, en anglais).

Celle-ci est particulièrement importante aux yeux de l’attaquant québécois Alexandre Burrows, qui se souvient encore trop bien d’avoir dû assister aux funérailles de son ancien coéquipier avec le Moose du Manitoba et les Canucks de Vancouver, Rick Rypien, qui s’est suicidé en août 2011.

«Cette cause me tient énormément à cœur. J’étais le représentant de l’équipe pour Hockey Talks à Vancouver et j’avais un bon ami qui souffrait de dépression et qui a pris sa propre vie en Rick. On était vraiment proches, on a joué ensemble dans les mineures, on a monté ensemble à Vancouver, on a joué plusieurs années. On était des cochambreurs en plus, on a passé beaucoup de temps ensemble. En plus, ma sœur (Catherine) est directrice adjointe de la Fondation des maladies mentales au Québec. Je crois donc que c’est important d’en parler, surtout pour les plus jeunes qui souffrent de dépression et ne savent pas vraiment où demander de l’aide. Ils pensent qu’ils vont se faire juger ou rabaisser s’ils demandent de l’aide. C’est parfois le plus gros obstacle, demander de l’aide, qui est la première chose à faire alors que ça se guérit quand on parle aux bonnes personnes», a confié Burrows au Droit mercredi.

«Je suis content, ça fait plusieurs années qu’on en parle un peu plus. On dirait que la stigmatisation des maladies mentales commence à être cassée, le monde ne juge plus vraiment les gens qui disent avoir des problèmes mentaux», a-t-il ajouté.

Burrows est très fier de sa sœur aînée, qui a commencé à travailler dans ce domaine en faisant la tournée d’écoles secondaires pour sensibiliser les jeunes aux problèmes de santé mentale et de harcèlement (bullying). «Elle occupe un poste demandant. Moi, je suis un joueur de hockey et je fais beaucoup d’argent, mais les gens comme elle en font pas mal moins, mais ils font une différence dans la société, auprès des jeunes, les futures générations. C’est vraiment remarquable», estime-t-il avec raison.

L’entraîneur-chef Guy Boucher, un diplômé en psychologie sportive de l’université McGill, aime le message véhiculé en cette journée.

«Comme société, on commence à mettre beaucoup d’emphase là-dessus parce qu’on comprend qu’il y a beaucoup de gens qui sont affectés, soit directement parce qu’ils sont affectés eux-mêmes, ou indirectement parce qu’ils ont des gens autour d’eux, des amis ou de la famille qui sont affectés par ça», a indiqué Boucher.

Entre les lignes

Mark Stone (genou enflé) n’a pas pratiqué avec ses coéquipiers mercredi et Guy Boucher a dit qu’il ne jouera pas jeudi et qu’il représente un cas «très douteux» pour les parties du week-end à Philadelphie et Montréal... Johnny Oduya pourra affronter les Ducks, lui, tandis que des décisions concernant Nate Thompson et Filip Chlapik, qui ont patiné mercredi, seront prises jeudi matin... Le défenseur Erik Burgdoerfer a été retourné aux Senators de Belleville.

Smith pas surpris du retour de Fisher

L’ancien Sénateur Mike Fisher a surpris la planète LNH mercredi en annonçant son intention de sortir de sa retraite pour effectuer un retour avec les Predators de Nashville. « Il s’ennuyait, il faut croire. Quoi faire après la saison de chasse aux cerfs ? », a blagué Zack Smith, le seul membre de l’édition actuelle à avoir joué avec Fisher avant l’échange qui l’a envoyé au Tennessee en 2011. « Ce n’est pas si surprenant que ça qu’il revienne, ça l’avait été qu’il prenne sa retraite parce qu’il était encore un très bon joueur. Quand je suis arrivé ici, il était un des modèles à suivre... Quand il a été échangé, tout comme Chris Kelly, ça a été un choc et c’était difficile de voir ça. Mais ça m’a donné une chance de jouer plus souvent, c’est comme ça que j’ai eu mon départ. Ça m’a bénéficié à l’époque, et j’espère que la même chose ne m’arrivera pas maintenant », a dit l’ailier gauche qui serait convoité par certains clubs à l’approche de la date limite des transactions.