Logan Brown a inscrit 22 points à ses 17 derniers matches dans la Ligue américaine avant d’être rappellé par le grand club.

Brown pourra-t-il succéder à Duchene ?

Au revoir, Matt Duchene. Salut, Logan Brown !

Tous les yeux étaient rivés vers le nouveau centre numéro un des Blue Jackets, vendredi soir. Dans le contexte, on aurait facilement pu oublier qu’un autre centre doué faisait ses débuts, du côté d’Ottawa.

Pourtant, Brown a pris du galon quand le sac d’équipement de Duchene a changé de vestiaire. Il demeure, jusqu’à preuve du contraire, le meilleur espoir des Sénateurs au centre de la glace.

Avec 22 points à ses 17 dernières parties, dans la Ligue américaine, il méritait certainement d’être rappelé par le grand club.

Il a certainement prouvé qu’il a l’étoffe d’un centre numéro un dans les mineures.

Sera-t-il capable de jouer le même rôle dans les majeures ?

« Je crois que l’organisation peut afficher un optimisme prudent », a réagi l’entraîneur-chef des Senators de Belleville, Troy Mann, dans une conversation téléphonique.

« Logan a certainement progressé dans la bonne direction depuis le début de la saison. Des blessures ont ralenti son développement, à l’automne. Quand nous avons tourné la page du calendrier, au début de 2019, il est passé à la vitesse supérieure. Il joue du hockey de qualité sur 200 pieds. Il se replie très bien. Il soutient nos défenseurs. Il récupère souvent la rondelle dans le fond de notre territoire. »

On dit souvent que les petits joueurs d’âge junior doivent gagner du muscle avant de se mettre à produire de façon régulière dans les rangs professionnels.

C’est un discours qu’on devrait entendre souvent quand il sera question du petit Vitalii Abramov dans les prochains mois.

Même s’il mesure six pieds et six pouces, Brown est lui aussi passé par là. « Il est plus fort qu’en début de saison, remarque Mann. Sa force physique lui permet de remporter plus de bagarres, à un contre un, pour le contrôle de la rondelle. Ces victoires lui permettent de passer plus de temps à l’attaque. »

Les Sénateurs ont repêché Brown au 11e rang, lors du repêchage amateur de 2016. D’excellents défenseurs comme Charlie McAvoy, Jakob Chychrun et Samuel Girard étaient toujours disponibles.

Pierre Dorion et ses dépisteurs l’ont choisi parce qu’il faisait de très bonnes lectures du jeu en zone adverse.

Il a marqué près de 30 % de ses buts en avantage numérique, durant ses quatre saisons dans la LHOntario. Contre des hommes, il a continué de laisser sa marque dans les unités spéciales.

« Il dirige la première unité de notre attaque massive. Tout passe par lui. Il a raté un match, récemment contre Cleveland. On l’a tout de suite remarqué. Dans ce match, nous avons fait zéro en quatre avec l’avantage d’un homme. »

Mann a quand même utilisé les mots « optimisme prudent », plus tôt. Rien ne dit que Brown connaîtra autant de succès à Ottawa qu’à Belleville.

« J’ai eu la chance de m’entretenir avec Browny pendant quelques minutes, avant son départ. Je lui ai rappelé qu’il devra toujours compétitionner quand il n’a pas la rondelle, dit son entraîneur. Il devra s’habituer au rythme de jeu de la LNH. Quand ce sera fait, sa créativité pourra reprendre le dessus. »

Brown a pris le chemin d’Ottawa en compagnie de son principal complice des dernières semaines, l’ailier Drake Batherson.

Le mandat premier de Troy Mann consiste à mener les Senators aux séries de la coupe Calder.

Sans ses deux meilleurs attaquants, la tâche sera drôlement plus compliquée.

« Nous avons quand même une belle profondeur. Nous avons une dizaine de défenseurs de calibre. Et nous avons Marcus Högberg devant le filet. Nous pouvons quand même y arriver. »

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LES SÉNATEURS EN BREF

Les mauvais souvenirs de Foligno

Nick Foligno conserve beaucoup de souvenirs des cinq premières saisons de sa carrière, passées à Ottawa. 

Ils ne sont pas tous positifs. Dans le corridor qui mène au vestiaire des visiteurs du CCT, vendredi matin, l’ailier de 31 ans racontait la plus importante vente de feu de l’organisation des Sénateurs. 

Il était un jeune joueur, au printemps 2011, quand le directeur général Bryan Murray a décidé de faire le grand ménage. 

« On a vu des gars comme Mike Fisher et Chris Kelly s’en aller. Je suis pas mal certain qu’Antoine Vermette a écopé, aussi. » Il s’est un peu trompé. Vermette avait quitté deux ans plus tôt. Chris Campoli, Brian Elliott, Alex Kovalev et Jarkko Ruutu avaient été les autres joueurs échangés, en 2011. 

« Dans plusieurs cas, il s’agissait de joueurs qui étaient solidement enracinés dans la communauté. Ça m’a donné un choc de tous les voir partir. J’ai vraiment réalisé à quel point le monde du hockey peut être cruel. Je reconnais quand même que les choses ont bien tourné pour la plupart des joueurs qui ont quitté. » Foligno est plutôt bien tombé, lui aussi, quand les Sénateurs l’ont échangé. 

Il est aujourd’hui capitaine d’une équipe qui gagne, dans un climat d’incertitude. « Les sources de distraction sont nombreuses, mais je dirais que nous gérons plutôt bien la situation. »