Pierre Dorion et Guy Boucher ne voient pas toujours les choses de la même façon.

Boucher reste... pour l'instant

Guy Boucher devra attendre avant de savoir s’il sera de retour derrière le banc des Sénateurs d’Ottawa la saison prochaine.

Le directeur général Pierre Dorion a indiqué lors de son point de presse de bilan de fin de saison jeudi qu’il n’a pas encore statué sur l’avenir de son entraîneur-chef et de ses adjoints, Marc Crawford et Martin Raymond en tête.

«Une évaluation complète du personnel d’entraîneurs est en cours présentement, de haut en bas. Il n’y a pas vraiment de date butoir. Nous voulons nous donner assez de temps pour faire une évaluation en profondeur et nous ne prendrons pas de décisions difficiles tout de suite après la saison», a déclaré Dorion.

«Ce n’est pas pour maintenant ou lors des deux prochaines, mais à un moment donné, nous allons prendre une décision. Je ne pense pas que ce soit pendant le mois d’avril», a-t-il ajouté.

Dorion a indiqué qu’il a déjà tenu une réunion de deux heures lundi avec Boucher et ses assistants, et il entend en tenir d’autres plus tard, mais il avait l’intention de faire du dépistage à Barrie, où joue un des bons espoirs en vue du prochain repêchage, Andreï Svechnikov, avant de passer le week-end à Belleville, où le club-école va clore sa saison.

Depuis qu’ils ont atteint la finale de la coupe Stanley en 2007, les Sénateurs ont eu sept entraîneurs différents (Bryan Murray, John Paddock, Craig Hartsburg, Cory Clouston, Paul MacLean, Dave Cameron ont précédé Boucher). Ce dernier a un contrat valide pour encore une saison, et Dorion a laissé entendre que s’il garde son poste, il devra changer certaines de ses manières de faire les choses.

«S’il revient, je pense que des choses ont besoin de changer. On en a parlé. Pendant la saison, Guy et moi avons des réunions où des éléments ont été discutés. Mais je pense que Guy a l’emploi le plus difficile à Ottawa, je l’ai répété plusieurs fois... Nous pensons que Guy nous donne une meilleure chance d’avoir du succès quand il coache avec un esprit ouvert. Il est l’entraîneur et on doit aussi le laisser être l’entraîneur», a-t-il dit.

Alors que le club amorce clairement un virage jeunesse, Dorion voudra que Boucher – ou son successeur – donne plus de glace aux jeunes joueurs de l’organisation, ce qu’il a fait avec Thomas Chabot et Colin White en fin de saison. Il voudrait aussi que le club tienne plus de séances d’entraînement sur la glace qu’au cours de la dernière saison.

«On a parlé de beaucoup de choses parce que pour nous, ceci est inacceptable. Deux choses qui vont certainement changer, s’il est de retour, sont que des jeunes joueurs vont prendre plus de place dans notre alignement. Il va décider qui obtient ce temps de glace. L’autre est que nous allons nous entraîner plus. “Le repos est une arme...” Si j’entends ça une autre fois, je vais virer fou. Nous pensons tous encore que Guy est un très bon entraîneur. Il n’y a pas de doute. Mais quand vous terminez au 30e rang, je pense que vous devez évaluer tout», a affirmé Dorion.

Ce dernier avait pourtant déclaré au Droit que «Guy est mon entraîneur» en février dernier quand il a obtenu que son propre contrat soit prolongé par le propriétaire Eugene Melnyk.

Dorion n’avait pas invité Boucher, qui a une fiche de 97-79-20 en deux ans, à faire partie des rencontres de fin de saison avec les joueurs lundi, effectuant celles-ci avec son adjoint Randy Lee seulement.

«La direction hockey décide qui est l’entraîneur, pas les joueurs. Ce n’est pas un secret que Randy et moi avons rencontré les joueurs sans Guy. Ce n’était pas pour poser des questions au sujet de Guy. Je n’ai pas demandé : “Que pensez-vous du coach ?” C’était plutôt : “Qu’est-ce qui s’est passé cette année ? Qu’allons-nous faire pour être meilleurs l’an prochain ?” Les joueurs n’ont pas blâmé les entraîneurs, ils se sont blâmés eux-mêmes plus que n’importe qui», a-t-il relaté.