Guy Boucher a laissé tomber quelques indices qu’il se prépare à « l’après Karlsson » en déclarant que son adjoint Marc Crawford aura beaucoup de travail à faire.

Boucher prêt pour le virage jeunesse

Au milieu de la tornade qui frappe les Sénateurs en cet été, Guy Boucher reste droit comme un chêne.

L’entraîneur-chef québécois a tenu son premier point de presse depuis la fin de la dernière saison vendredi soir en marge du match intra-équipe du camp de perfectionnement de l’équipe, et il en a profité pour dire qu’il est prêt à toutes les éventualités, incluant, à mots couverts, la perte de son capitaine, Erik Karlsson.

« Nous avons une option A, une option B et une option C, avec l’idée d’avoir un club qui va être plus rapide », a-t-il laissé entendre.

À savoir si le plan « C » est celui « sans capitaine », il a ajouté : « C’est documenté un peu partout et il y a toutes sortes de spéculations. Je ne peux pas embarquer là-dedans, mais... je ne peux pas mentir, certains gars sont dans l’équipe, d’autres ne le seront pas pour différentes raisons. Je dois attendre et voir. Pierre (Dorion) est celui qui s’occupe de tout ça, il travaille vraiment fort pour faire tout ce que nous devons faire. Après ça, je vais avoir une meilleure idée de l’équipe, mais je ne veux empiéter sur le territoire de Pierre. Les joueurs que j’aurai sous la main, je serai très enthousiaste de travailler avec eux pour qu’on ait la croissance la plus rapide possible. »

Il ne l’a évidemment pas dit ouvertement, mais Boucher a laissé tomber quelques indices qu’il se prépare à « l’après Karlsson » en déclarant que son adjoint Marc Crawford aura beaucoup de travail à faire « parce que nous allons avoir de jeunes défenseurs », et il n’a identifié que Mark Stone et Matt Duchene comme vétérans qui auront un travail de leader à effectuer dans le vestiaire la saison prochaine.

Il a parlé en plus de son désir d’avoir « possiblement un jeune joueur par trio l’an prochain, mais peut-être qu’on ne pourra pas, ça va dépendre d’eux... Je trouve ça excitant, j’ai déjà eu un club avec 15 recrues (à Drummondville) et l’année suivante, on a gagné la coupe (du Président). »

Un de ses protégés à Drummondville était Mike Hoffman, qui a été une source de tourmente avec les allégations de cyberintimidation de l’épouse de Karlsson par sa fiancée. Le d.g. Pierre Dorion a dit après l’avoir échangé qu’il devait le faire parce que « le vestiaire était brisé »

À une question du Droit à savoir s’il avait eu connaissance des fractures dans la chambre des joueurs, Boucher n’a pas voulu répondre. « Il y a plusieurs choses que nous avons eu besoin de régler, et il va y en avoir encore d’autres à régler plus tard. Mais je ne regarde pas en arrière, je vais vers l’avant. Ce qui est derrière au niveau des joueurs, de l’an passé, je ne touche pas à ça. Présentement, je me concentre sur les joueurs qui sont ici, sur la glace... Le reste, je laisse ça à Pierre, a-t-il dit. Si tu mets un pied vers l’arrière et un pied vers l’avant, tu ne bouges pas. »

Boucher a dit qu’il n’a pas encore pris de vacances cet été. Il a examiné les raisons des succès des cinq meilleurs clubs de la ligue « pour être les meilleures voleurs d’idées possible ».

À la fin de la saison, Dorion a pris quelques semaines pour évaluer tout le personnel d’entraîneurs avant de confirmer le retour de Boucher au début mai, avec tous ses adjoints. Il amorcera la troisième et dernière saison de son contrat, jamais idéal pour un entraîneur, mais ça ne le dérange pas.

« On a gagné le championnat à ma dernière année de contrat chez les juniors. Mon expérience dans cette situation n’a pas été mauvaise. Si vous demandez à “Trotzy” (Barry Trotz), il n’a pas détesté son année non plus, a-t-il noté au sujet de l’entraîneur champion de la coupe Stanley avec Washington, qui a ensuite signé un contrat de 20 M $ pour cinq ans avec les Islanders. Je ne contrôle pas ces choses-là qui flottent. »

Mandolese fait ses preuves

Filip Gustavsson est peut-être le gardien d’avenir des Sénateurs, mais l’espace d’un soir, il s’est fait dâmer le pion par Kevin Mandolese et Jordan Hollett.

Le gardien québécois repêché en sixième ronde samedi dernier, et celui sélectionné au septième tour l’an dernier, ont connu de bonnes sorties devant le filet pour mener les Blancs à un gain de 6-3 contre les Rouges devant des gradins remplis d’amateurs voulant éviter la canicule vendredi soir au Richcraft Sensplex.

Mandolese n’a rien donné alors qu’il a fait face à plusieurs tirs difficiles en troisième période, tandis que Hollett n’a accordé qu’un but en faisant de même, repoussant notamment un tir de punition de Jonathan Gruden, fils de l’ancien Sénateur John.

« J’étais un peu stressé au début, mais après une couple de chances, quand j’ai fait les premiers arrêts, tout en revenu en place et ça a été vraiment le fun, a confié Mandolese, le gardien des Screaming Eagles du Cap-Breton. La première journée du camp m’a permis de m’habituer aux tirs, à la vitesse du jeu. Dès la deuxième journée, je me sentais bien, à l’aise. À date. le camp va vraiment bien. Il y a bien des gars avec de bons tirs, les Colin White, Brady Tkachuk, Logan Brown, Drake Batherson. Tout le monde en fait, tu ne peux pas prendre congé sur un tir. Ça te challenge plus quand il y a plus de difficultés. »

Ça a été plus difficile pour Gustavsson, le cerbère suédois acquis dans l’échange de Derick Brassard avec Pittsburgh, alors qu’il a concédé trois buts au cours de sa moitié de match, même s’il n’a pas été faible. Scott Daccord, cerbère d’Arizona State, a aussi été déjoué trois fois.

La rencontre a permis de voir que le défenseur originaire de Québec Maxime Lajoie se débrouille encore bien à la ligne bleue, lui qui a fait ses débuts chez les pros l’an dernier à Belleville, où il a disputé 56 matches (un but et 14 passes). Il s’est retrouvé du côté des perdants, mais il a quand même joué un match solide.

« C’est mon troisième camp et je suis satisfait de comment ça se passe. Je suis pas mal content à date. L’an passé, j’ai essayé de gagner ma place à Belleville, en deuxième moitié de l’année, j’ai joué de plus en plus. J’ai pris confiance en obtenant plus de glace. Cette année, je veux faire la même affaire, être là et peut-être pousser pour une place à Ottawa », a indiqué ce choix de cinquième ronde en 2016.

« Pierre (Dorion) nous l’a dit, ça va être une équipe jeune (à Ottawa). Ça ouvre beaucoup de portes à beaucoup de joueurs et je veux juste prendre ma chance », a-t-il ajouté.