Guy Boucher

Boucher prêt à s’adapter

MONT-TREMBLANT — À l’aube d’une nouvelle saison, sa troisième à la barre des Sénateurs d’Ottawa, Guy Boucher ne ressent pas de pression supplémentaire parce qu’il écoule la dernière année de son contrat. L’entraîneur-chef québécois a également affirmé dans une entrevue avec Le Droit qu’il ne se retrouve pas dans une situation difficile en devant naviguer un changement de cap, l’organisation ayant officiellement reconnu avant le début du camp d’entraînement qu’elle est en reconstruction. Avec une formation qui comptera six joueurs de 22 ans ou moins dans son alignement pour le premier match de jeudi contre les Blackhawks de Chicago, il entend modifier le système de jeu de son équipe, en s’inspirant des succès connus par les Golden Knights de Vegas la saison dernière. En format questions et réponses, voici ce que Boucher, 47 ans, avait à dire.

LD : À la fin de la dernière saison, le DG Pierre Dorion a effectué une évaluation du travail de l’équipe d’entraîneurs avant de confirmer votre retour pour la saison 2018-2019. Est-ce que votre relation est toujours bonne ?

GB : Chaque année, que ça ait bien été ou non, tu as le même genre de rencontres, tu évalues les mêmes affaires. Tu fais une liste des choses que tu veux refaire bien, des choses que tu veux changer. Puis pendant l’été, tu travailles très fort pour changer ce que tu veux changer, aller chercher de nouvelles affaires, et voir ton groupe, ce qu’il va devenir. Après ça, le seul temps où on revient en arrière, c’est quand vous nous ramenez-là. On n’est plus là depuis longtemps, depuis des millénaires... Tout ce qu’on avait à faire pour être sur la même longueur d’onde et aller dans la bonne direction a été fait. C’est excitant maintenant de voir ce qu’on va faire avec ce qu’on a, pas ce qu’on n’a pas. Tout le monde va nous parler de ce qu’on n’a pas, mais je m’en fous. On a ce qu’on a, et j’aime beaucoup ce qu’on a. Mais on a besoin de temps. C’est pourquoi l’organisation a reconnu qu’on est en reconstruction. On ne fait pas semblant. La priorité est de créer une équipe avec ça, avoir des joueurs qui se tiennent.

LD : Est-ce que votre vestiaire, qui était « brisé » selon Dorion, est réparé maintenant ?

GB : Ça, c’est l’année passée. On n’a pas le même vestiaire. Comme j’ai dit, je ne regarde pas en arrière, je vais vers l’avant.

LD : Est-ce que Thomas Chabot est prêt à être sur une première paire de défenseurs, possiblement avec Cody Ceci ?

GB : En ce moment, on ne parlera pas de première, deuxième et troisième paire, on n’a pas ça dans l’alignement. C’est une question de comment gérer les matches contre les deux premières lignes des autres équipes... Ça va être du travail à relais en défensive. Au départ, on ne veut pas trop exposer Chabot. Il va être un superbe joueur de hockey, mais s’il affronte Crosby à toutes les présences, et ensuite Malkin, ce n’est pas juste. (Mark) Borowiecki et Ceci vont être appelés à jouer ces minutes-là, et on va voir qui d’autre peut le faire. Notre solution, c’est un relais, pour pallier au manque d’expérience de nos jeunes.

LD : À quel point l’absence de Jean-Gabriel Pageau fait mal ?

GB : Ça fait très mal, on ne fera pas semblant. Ça donne des opportunités à d’autres. Il va y avoir des jeunes qui vont grandir vite à cause de ça. Mais ça fait mal parce qu’il devait jouer à toutes les sauces encore plus cette année. J’avais l’intention de l’utiliser sur l’avantage numérique. Il allait jouer en désavantage et contre les meilleurs attaquants adverses aussi.

LD : Vous avez parlé pendant le camp d’adapter le système de jeu aux joueurs que vous avez sous la main. Ça devrait ressembler à quoi ?

GB : Je m’ajuste toujours à ce qu’on a. Je suis content parce que je reviens à ce je faisais à Tampa et dans la Ligue américaine. Moi, je n’ai pas de style. J’ai le style des joueurs que j’ai. Et là, j’ai des joueurs rapides qui sont fringants. Donc j’essaie d’avoir un style rapide et fringant parce qu’on a les joueurs pour ça... L’an passé, Vegas était dans ce bateau-là, tu ne pouvais pas cibler qui vraiment allait jouer contre les meilleures lignes et qui était vraiment leur première ligne. Tout s’est fait à relais, la force était dans la totalité, la globalité de l’équipe plutôt que dans des individus, un duo ou une ligne. On va être obligés d’avoir ce genre de plan-là.

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