Boucher n'est pas spécialement ému

TAMPA BAY - Guy Boucher n'est pas un homme particulièrement sentimental, pas en ce qui a trait au hockey en tout cas.
Il ne fallait donc pas trop être surpris d'entendre l'entraîneur-chef des Sénateurs d'Ottawa dire mercredi qu'il ne ressentait rien de particulier en remettant les pieds à Tampa Bay pour la première fois depuis son congédiement par le Lightning, le 24 mars 2013.
« Honnêtement, je n'ai pas d'émotions. Pour être franc, il n'y en a pas du tout. Nous avons déjà joué contre eux. Ce serait peut-être différent si on ne les avait pas encore affrontés, ce serait plus gros de revenir à ce moment-là. Mais là, c'est juste plaisant de revenir et de voir du monde que tu connais, de revoir l'aréna. Ça va être un peu bizarre d'aller du côté des visiteurs, c'est tout », a mentionné Boucher après la pratique des siens au complexe d'entraînement du Lightning à Brandon, un endroit où ses propres enfants ont patiné souvent.
Une dame responsable du complexe avait d'ailleurs pris soin d'installer une affiche où on pouvait lire « Welcome Home, coach Boucher » dans une baie vitrée de la patinoire.
Le match auquel il a fait référence, c'est le cinquième match de la saison régulière de son nouveau club, qui s'était incliné 4-1 au Centre Canadian Tire contre son ancien. Avant cette rencontre, l'entraîneur québécois avait réitéré à quel point il avait apprécié ses années de travail avec le DG Steve Yzerman et son adjoint Julien Brisebois, qui lui ont donné sa première chance comme entraîneur-chef dans la LNH. Il pense encore la même chose.
« Les souvenirs que j'ai d'ici, c'est tout du positif. En plus, il y a une grande distance émotionnelle maintenant, il ne reste qu'un joueur que j'ai dirigé (Victor Hedman) dans leur alignement actuellement alors que (Steven) Stamkos ne joue même pas... Il n'y a donc pas de négativité en revenant ici, c'est juste des sentiments positifs », a-t-il ajouté.
Boucher est pas mal plus intéressé à remettre son club sur les rails après deux parties où les Sénateurs n'ont pas été à la hauteur des standards qu'il a établis cette saison, leur revers de 3-2 en prolongation contre Calgary jeudi dernier puis la défaite de 6-5 contre les Panthers de la Floride mardi, au retour de la pause du match des Étoiles.
« Nous étions là (dans ces deux matches), mais défensivement, nous n'étions pas là totalement (mardi). On menait quand même 3-2 après une période alors que l'autre club était comme nous. Puis on prend l'avance 4-2 et on relâche. On doit être plus fort pour se regrouper mentalement quand on alloue un but. Aussi, on s'est contenté de bloquer huit ou neuf tirs alors que contre Washington, on en avait obtenu 21. Ça montre qu'on ne paie pas le prix défensivement comme on l'a fait lors de nos bonnes séquences, et en général de façon constante depuis le début de l'année... Il faut retrouver l'urgence dans notre jeu, comme les clubs qui sont en danger de rater les séries en ont présentement », analyse-t-il.
Boucher pensait que son club avait commencé à mieux jouer en troisième période de cette rencontre, mais le but alloué sur une mauvaise sortie par Mike Condon a fait la différence dans cette rencontre.
Encore Condon
Il n'est pas question de lui accorder un congé à la faveur d'Andrew Hammond, cependant. « Il a toujours rebondi après un mauvais match ou après avoir alloué un mauvais but. Quand les gens disaient qu'il était fatigué il y a deux semaines, il est revenu avec un blanchissage. S'il y a quelque chose, la pause ne l'a pas aidé, il est le genre de gardien qui a besoin de travailler chaque jour pour demeurer sharp », estime Guy Boucher. 
Condon établira donc un nouveau record d'équipe avec une 26e apparition consécutive jeudi soir contre le Lightning.
Lazar garde le sourire
Curtis Lazar
À l'image du vétéran Chris Neil, qui n'a pas fait de vagues après son retranchement de jeudi dernier, Curtis Lazar ne s'est pas plaint d'être relégué aux gradins mardi à Sunrise, un sort qui risque de se répéter jeudi soir à Tampa Bay.
« Ce n'est jamais plaisant d'être à l'écart du jeu, mais notre club a beaucoup de profondeur maintenant (avec l'arrivée de Tommy Wingels). Ça ne me donnerait rien de bouder ou de laisser mes émotions prendre le dessus, ce que j'ai fait parfois avant la pause du match des Étoiles... Je vais prendre ça un jour à la fois et jouer du mieux que je le peux quand on va faire appel à mes services. Je vais demeurer le plus positif possible et recommencer à sourire, c'est dans ce temps-là que je suis un meilleur joueur et un meilleur coéquipier », a-t-il dit mercredi, à la veille de son 22e anniversaire de naissance.
Guy Boucher a laissé entendre que Mark Borowiecki sera de l'alignement contre le Lightning, mais comme Fredrik Claesson a récolté une passe dans un troisième match de suite mardi, il est possible qu'il utilise un alignement avec sept défenseurs et 11 attaquants.