Les Sénateurs et les Bruins ont rendu hommage aux victimes de l’accident d’autobus impliquant l’équipe de hockey junior, les Broncos de Humboldt, avant leur duel, samedi soir.

Boucher n’a pas trouvé les mots

BOSTON —Le décès de Jonathan Pitre vendredi, et le tragique accident des Broncos de Humboldt qui a coûté la vie à 15 de leurs joueurs et entraîneurs quelques heures plus tard, a remis les choses en perspective pour les Sénateurs d’Ottawa.

La fin de leur pénible saison 2017-2018 est peut-être déprimante pour leurs partisans, mais ça semble bien moins important comparativement à de tels événements qui rappellent à tout le monde qu’il faut profiter de la vie pleinement pendant qu’on le peut.

L’entraîneur-chef Guy Boucher, habituellement très volubile devant les médias, étaient à court de mots samedi quand il a été invité à commenter l’accident d’autobus de la formation junior A de la Saskatchewan.

« Quand tu as été dans le hockey junior, tu comprends ce que ça implique au niveau des randonnées en autobus. J’ai été entraîneur chez les juniors pendant neuf ans et nous sommes passés proches d’avoir des accidents deux fois. Je ne veux pas en parler parce que ce n’est pas comparable (aux Broncos), c’était avec Rouyn-Noranda, puis Drummondville... J’ai des pensées pour les parents en premier, en étant un moi-même. Je ne peux pas imaginer. Ça va au-delà des mots. Tout le monde dans le hockey a des pensées pour tout le monde là-bas. Je n’ai pas de mots pour quelque chose comme ça. »

Boucher a ensuite dit qu’il avait demandé à son épouse Marsha, qui était à Toronto avec une de ses filles pour un tournoi de basket-ball, d’embrasser leurs trois enfants pour lui.

Originaire de Maple Creek, en Saskatchewan, l’attaquant Zack Smith a regardé l’alignement de l’équipe en ligne samedi matin pour voir s’il connaissait des victimes.

« Les deux derniers jours ont été difficiles pour le monde du hockey, beaucoup de monde de l’organisation des Sénateurs et beaucoup de monde chez nous en Saskatchewan et dans l’ouest du Canada. Ce n’est pas juste à Humboldt, ça touche beaucoup de gens dans la partie ouest de la province », a-t-il dit avant d’affronter les Bruins samedi soir.

L’accident a touché plus de monde que ça, alors que la campagne de collecte de fonds pour aider les familles et les survivants avait amassé plus de 3,6 millions $ en date de dimanche après-midi.

« J’ai vu plusieurs noms de famille familiers (sur l’alignement), des joueurs avec qui j’ai joué au fil des années, et je pense à eux. C’est malheureux et plus tu parles à du monde, plus tu sais que ça touche du monde que tu connais... C’est une tragédie qui va plus loin que la Saskatchewan. Ça affecte tout le monde du hockey », a ajouté Smith.

Les Bruins ont tenu un moment de silence avant le match de samedi, comme plusieurs autres équipes à travers la LNH. Les Blackhawks de Chicago et les Jets de Winnipeg ont participé à une cérémonie d’avant-match particulièrement touchante, se regroupant autour du cercle des mises au jeu central alors qu’ils portaient des bandeaux avec le mot « Broncos » à la place où on retrouve normalement leurs noms de famille.

Smith a joué son hockey junior avec les Broncos de Swift Current, qui ont été marqués à jamais par le décès de quatre joueurs dans un accident d’autobus survenu le 30 décembre 1986 (auquel des joueurs de la LNH comme Joe Sakic et Sheldon Kennedy ont survécu). Il sait que Humbold va se remettre difficilement de cette tragédie.

« Quand tu joues là-bas, ou que tu passes du temps à Swift Current, tu sais où sont les monuments commémoratifs pour ces quatre joueurs qui sont décédés. C’est encore frais dans l’esprit de tout le monde et nous y pensons beaucoup. Tu ne t’attends pas à ce que ça se produise à nouveau. Tu espères que ça n’arrivera pas. C’est une chose terrible et je ne peux imaginer ce que la province vit avec tous ces gens impliqués dans l’accident. Bien du monde est touché, ils sont en deuil et ils se demandent probablement ce qui va se passer maintenant », pense Zack Smith.

LES SÉNATEURS EN BREF

Un dernier point de presse ?

L’entraîneur-chef des Sénateurs Guy Boucher tiendra son dernier point de presse de la saison lundi sur le coup de 11 h,  alors que ses joueurs feront face aux médias un peu plus tard. Il reste à savoir si Boucher sera de retour la saison prochaine après cette décevante campagne, lui qui avait signé un contrat de trois ans à son arrivée à Ottawa. 

Le congédiement d’Alain Vigneault à New York risque d’alimenter les rumeurs dans la capitale, même si son salaire est bien plus élevé que celui de Boucher. 

« Une saison où tu rates les séries est un échec, mais tu veux faillir en allant quand même vers l’avant et je pense que c’est ce qu’on a fait dans les dernières semaines de la saison. On a intégré des jeunes joueurs pour ajouter de la rapidité et c’est ce qu’il faudra continuer à faire l’an prochain », a dit Boucher samedi.

Un 19e club pour Taylor

En endossant l’uniforme des Sénateurs samedi pour affronter les Bruins, le gardien Danny Taylor, originaire d’Orléans, jouait pour un 19e club professionnel en carrière, à travers six ligues différentes. 

Le vétéran des mineures et de la KHL n’a pas eu grand-chose à se reprocher sur les quatre buts des Bostonnais, alors qu’il a effectué 30 arrêts. 

« Je suis comme ça, je pense que je peux effectuer tous les arrêts. En allant de l’avant, je sais ce que j’ai besoin de faire pour effectuer ces arrêts », a raconté Taylor après coup. 

Il a été retourné à Belleville dimanche, tout comme le défenseur Andreas Englund (rappelé pour compenser la blessure de Ben Harpur), mais il serait surprenant qu’il obtienne un autre départ avec eux alors que l’équipe s’est tournée vers les espoirs suédois Filip Gustavsson et Marcus Hogberg.

Quelques chiffres

Les Sénateurs ont terminé la saison avec une fiche de 28-43-11 (12-24-5 à l’étranger) pour 67 points, le quatrième plus bas total de son histoire pour une campagne qui n’a pas été écourtée par un lock-out. 

C’est une diminution de 31 points par rapport à l’an dernier, quand ils avaient pris le deuxième rang de la division Atlantique. 

Leur différentiel de moins-40 en période médiane (71 buts comptés contre 111 alloués) explique en partie cette dégringolade. 

Leurs 284 buts alloués (74 de plus que l’an dernier), pour une moyenne de 3,46 par match (deuxième pire de la LNH) y est pour beaucoup également, étant donné qu’ils ont compté 13 buts de plus qu’en 2016-2017 (219 contre 206).