Guy Boucher est d'avis que les Sénateurs doivent continuer à jouer le même style de jeu défensif qu'ils ont exploité tout au long de la saison, sachant qu'ils ne peuvent rivaliser offensivement contre les Penguins.

Boucher garde le cap

(Pittsburgh) Les Sénateurs d'Ottawa sont rentrés à la maison mardi avec le sentiment du devoir accompli, et avec l'intention de ne rien changer à leur façon de jouer quand les Penguins de Pittsburgh vont s'amener au Centre Canadian Tire mercredi.
Avant que Phil Kessel ne marque un but tardif pour procurer un gain de 1-0 aux champions en titre de la coupe Stanley qui permettait à son club d'égaler la finale de l'Est 1-1, les hommes de Guy Boucher avaient réussi en grande partie à embouteiller Sidney Crosby, Evgeny Malkin et compagnie, et ils entendent appliquer la même recette pour les deux prochaines parties dans la capitale nationale, et pour le reste de ce quatre de sept réduit à un trois de cinq où ils ont l'avantage de la patinoire jusqu'à nouvel ordre.
« Nous sommes venus ici pour gagner au moins un match, et nous avons fait le travail. Nous avons joué cinq très bonnes périodes sur six, et nous n'avons pas aussi bien joué en troisième (lundi). Nous n'avons pas bien géré la rondelle comme lors des cinq tiers précédents. Nous avons donné la rondelle trop souvent, et nous ne sommes pas allés suffisamment au filet. Mais en général, si vous m'aviez dit il y a un mois que nous serions en finale d'association et que ce serait 1-1 contre Pittsburgh, ça ne pourrait pas être plus positif que ça », estimait l'entraîneur-chef Guy Boucher.
Celui-ci était évidemment satisfait de la tenue défensive des siens en Pennsylvanie, alors qu'ils n'ont alloué que deux buts en deux parties au « meilleur club offensif de la ligue ».
Les Penguins ont semblé de plus en plus frustrés par le jeu en zone neutre de leurs adversaires, en particulier les Kessel et Malkin qui étaient très animés en retournant au banc des leurs.
« N'importe quand que votre adversaire devient frustré, c'est une bonne chose, estimait le défenseur Marc Méthot lors d'un point de presse tenu à l'hôtel de l'équipe à Pittsburgh avant leur vol de retour à Ottawa. Ils ont quand même gagné le match. Ils ont eu un petit powwow sur le banc, et ils ont fini par compter avec une passe par le gars (Malkin) qui se faisait crier après. Difficile de dire que ça les a affectés négativement alors. Je pense que montrer un peu d'émotions, c'est une bonne chose. En même temps, évidemment qu'on veut frustrer l'adversaire. Je pense qu'on le fait avec la façon dont on joue défensivement, c'est très serré, et c'est aussi un point positif. »
Boucher pense que c'est en jouant de cette façon que les Sénateurs se sont rendus aussi loin cette saison, et que c'est leur seule chance de battre des Penguins qui sont plus talentueux, même s'ils pourraient maintenant avoir à se débrouiller sans leurs trois meilleurs défenseurs, Kristopher Letang, Trevor Daley et Justin Schultz, qui a quitté le match de lundi en première période.
« Il y a toujours des ajustements à apporter, mais est-ce qu'on change le coeur de ce qu'on fait ? Non, si tu fais ça, oublie ça, tu es mort. Ça fait 100 matches que tu joues d'une façon... Avant (lundi), on comptait trois buts par partie. Mais là, on s'aperçoit qu'ils se défendent encore mieux qu'on pensait, et ils s'aperçoivent de la même chose. On a gagné les deux derniers matches contre eux en saison (en janvier et mars) et c'était des matches serrés. C'est la seule façon qu'on peut les battre. Si on commence à faire un concours d'offensive contre la meilleure de la ligue, on ne serait pas très brillant », a-t-il souligné.
Boucher n'était cependant pas d'accord avec Méthot et Tom Pyatt, qui a tenu des propos similaires concernant la frustration que les Penguins pourraient ressentir.
« Je ne peux pas parler pour les autres équipes. On se concentre sur nos émotions à nous. Ce qu'on essaie de faire, c'est d'enlever leurs grandes forces. Si on le fait, on a une chance. C'est toujours la même chose, tu veux enlever la force de l'adversaire et exploiter ses faiblesses. Leur force est d'attaquer sur le rush. Mais on n'a pas assez attaqué leurs faiblesses dans le dernier match », estimait l'entraîneur-chef.
Le 1-3-1 chatouille à Pittsburgh
Le système de jeu de Guy Boucher qui a amené les Sénateurs en finale d'association est critiqué de toutes parts à Pittsburgh, où une pancarte d'un partisan vu près du PPG Paints Arena disait « le 1-3-1 est plus ennuyant que le golf ».
L'entraîneur-chef des Sénateurs a perdu un peu patience mardi matin quand un journaliste local lui a demandé si son système permettait à ses joueurs de finir leurs mises en échec profondément en zone adverse.
« Le 1-3-1 n'est pas un échec avant, c'est une couverture en zone neutre quand l'adversaire se regroupe. C'est une mauvaise interprétation », a-t-il expliqué.
Quand le scribe a tenté une autre question, il l'a interrompu : « Notre échec avant est semblable à tous les clubs. Quand on a la rondelle, on est en attaque. Quand on ne l'a pas, on est sur la défensive. C'est bien simple... Et quand on fait de l'échec avant, nous sommes un des clubs les plus agressifs parce qu'on demande à nos défenseurs de mettre de la pression (pincher, en jargon de hockey) », a-t-il ajouté, clouant le bec à son interlocuteur, mais probablement pas à tous ses détracteurs.