L’entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa, Guy Boucher

Boucher exige de l’intensité

Guy Boucher n’a pas sorti le fouet, mais presque.

Deux jours après un cuisant revers de 5-0 à Winnipeg où son club ne s’était pas présenté, et au lendemain d’une journée de congé sous le soleil de Los Angeles, l’entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa a exigé de ses joueurs l’intensité qui n’avait pas été déployée lors de cette mauvaise sortie, dans l’espoir que ça ne se reproduira pas alors que le club amorce une séquence de trois parties en quatre soirs en Californie mercredi à Anaheim.

La pratique de l’équipe au complexe d’entraînement des Kings de Los Angeles à El Segundo a donc comporté plusieurs exercices où les joueurs devaient se livrer des batailles dans les coins de patinoire, le tout étant parfois interrompu pour que tout le monde fasse des tours de glace si l’intensité de quelques-uns n’était pas au rendez-vous, ou des pompes/redressements assis étaient ajoutés à la fin des exercices.

Son iPad à la main, le responsable du conditionnement physique Chris Schwartz pouvait confirmer après coup que l’entraînement qui a duré 80 minutes avait été difficile, chaque joueur portant une puce qui mesure sa fréquence cardiaque pendant les pratiques.

« On savait que ça s’en venait et c’en était une bonne, c’était nécessaire et bien mérité, a commenté l’attaquant Bobby Ryan. Ce n’était pas une surprise pour nous, on s’y attendait... Je pense que c’est la plus dure pratique que nous avons eue depuis qu’il (Boucher) est arrivé (au début de la saison dernière). »

Boucher, qui s’est dit « direct et non fâché comme après le match », estimait qu’il était important d’envoyer un message clair à ses ouailles que ce qui s’est passé à Winnipeg était inadmissible.

« Nous n’étions certes pas contents du dernier match. Notre performance était inacceptable. Est-ce que c’était parce que nous étions tellement contents d’avoir mis fin à notre série de défaites, ou que nous étions satisfaits de notre éthique de travail des matches précédents. Peu importe la raison, c’était inacceptable. Présentement, ils (les Jets) sont le meilleur club de la ligue, on le savait qu’ils sortaient toujours forts. Mais la différence entre leur éthique de travail et leur détermination par rapport à la nôtre était tellement grande... C’était inacceptable et il fallait corriger certaines choses spécifiques », a commenté Boucher, qui a parsemé certains de ses discours, dont le dernier avant de quitter la patinoire, de quelques jurons bien sentis.

Le vétéran Derick Brassard était d’accord avec le ton employé par son patron après la huitième défaite en neuf matches des siens.

« Nous sommes tous des professionnels, il n’avait pas vraiment besoin de nous dire que notre effort n’a pas été assez bon. Nous sommes tous venus à l’aréna pour travailler fort. C’est ce qu’on a fait et on va espérer que nous serons prêts à jouer contre de bonnes équipes au cours des deux prochains jours », a souligné Brassard.

Le centre gatinois a retrouvé ses ailiers du début de la saison, Ryan et Mark Stone, lors des deux derniers matches, ce qui ne l’a pas aidé à sortir d’une léthargie de 17 parties sans avoir secoué les cordages.

« Chaque match, j’ai des chances de première qualité. Quand les chances ne sont pas là, tu vas t’inquiéter », a noté celui qui est aussi en quête d’un 400e point en carrière depuis quatre matches.

STONE MALADE, CECI AU RANCART ?

Comme si les Sénateurs n’avaient pas suffisamment de problèmes sur les bras, leur joueur le plus utile depuis le début de la saison et meilleur compteur, Mark Stone, a raté l’entraînement de mardi et il représente un cas douteux pour le match de mercredi à Anaheim. 

«Il est malade, mais il va mieux et on s’attend à ce qu’il puisse jouer. S’il ne le peut pas, il va soit falloir rappeler un attaquant (de Belleville) ou jouer à sept défenseurs», a indiqué Guy Boucher. 

S’il joue à six défenseurs, celui-ci n’a pas dévoilé lequel sera retranché, mais il avait formé des duos différents pour la pratique, Ben Harpur prenant place aux côtés d’Erik Karlsson alors que Thomas Chabot demeurait avec Dion Phaneuf, tandis que les Suédois Fredrik Claesson et Johnny Oduya formaient une troisième paire. 

Le jeune vétéran Cody Ceci était le septième dans la rotation, ce qui laissait croire qu’il pourrait être mis de côté contre les Ducks, sauf que Boucher a dit que ces duos n’étaient pas nécessairement ceux qu’il utiliserait pour le match.