Mark Borowiecki et Dylan DeMelo vivent la même incertitude chez les Sénateurs. « C’est bon de pouvoir se parler et se vider le cœur », reconnaît Borowiecki.

Borowiecki se pose des questions

Mark Borowiecki a eu un début de semaine chargé avec un coup de bâton près d’un œil lundi contre le New Jersey et son but dans un filet désert juste après deux tirs bloqués dans la victoire du lendemain à Buffalo.

Le vétéran défenseur des Sénateurs d’Ottawa se doute bien que la fin de la semaine ne sera pas de la tarte non plus avec des duels contre deux des meilleurs francs tireurs de la LNH. Alex Ovechkin sera en visite au Centre Canadian Tire vendredi soir avec ses Capitals de Washington avant une visite à Toronto samedi pour tenter de contrer Auston Matthews. Ils ont respectivement 35 et 36 buts, talonnant le meneur à ce chapitre, David Pastrnak, des Bruins de Boston.

Borowiecki va continuer à se défoncer pour le club de son patelin qui lui paie un salaire de 1,2 million $, la seule organisation professionnelle qu’il ait connue. Mais ça ne l’empêche pas de se poser de sérieuses questions existentielles alors que la date limite pour les échanges du 24 février approche et qu’une négociation n’a pas encore été tenue avec son agent, la même situation dans laquelle deux autres importants joueurs autonomes potentiels le 1er juillet prochain, Jean-Gabriel Pageau et Dylan DeMelo, se retrouvent.

Pour lui, la situation est compliquée par le fait que son épouse Tara est enceinte et qu’elle doit accoucher d’ici environ deux semaines, donc quelques jours avant qu’il soit fixé sur son sort, au moins pour le reste de la présente saison.

« Je dois voir ça comme une opportunité de croissance comme être humain, apprendre à jouer malgré quelques distractions. Et pas juste jouer, mais vivre avec l’incertitude. S’ils (les dirigeants de l’équipe) veulent te faire attendre, tu dois croire en toi-même, c’est la clé à travers tout ça pour en sortir meilleur de l’autre côté », a-t-il commenté jeudi alors que le club reprenait l’entraînement après son gain contre les Sabres, suivi d’une journée de congé.

Loin de la patinoire, les choses ne sont pas trop compliquées. « Ma priorité est ma femme. Je me concentre là-dessus, ce qui est le mieux pour elle », note-t-il alors que le couple a révélé avoir dû faire appel à la fertilisation in vitro pour avoir un enfant.

« Il reste que c’est une situation intéressante, je ressens beaucoup de loyauté envers cette ville ainsi que ce personnel d’entraîneurs, la relation que j’ai établie avec eux. Je pense que mes yeux ont été ouverts un peu. Avec un enfant en chemin, je dois prendre soin de ma famille d’abord. Je sais que je suis sur la deuxième moitié de ma carrière et ma priorité doit être de m’occuper de ma femme et de mon kid. Où ça va me mener ? Ainsi soit-il. J’aime jouer ici, j’aime ce vestiaire, j’aime ces entraîneurs et ce qu’on fait ici. Mais les organisations considèrent ça comme une business, et comme joueur, vous vous mentez si vous ne prenez pas des décisions d’affaire », estime celui qui, à 30 ans, a établi un nouveau sommet en carrière avec ses six buts cette saison.

Borowiecki, qui a encore été louangé par son entraîneur D.J. Smith pour son courage sur la glace jeudi, se demande certes comment Borowiecki est perçu par une organisation qui l’a déjà utilisé comme « porte-parole » avec le propriétaire Eugene Melnyk dans un vidéo où le plan de reconstruction du club était présenté en partie, en septembre 2018. « J’ai donné mon cœur et mon âme à cette équipe, cette organisation. J’en ai fait beaucoup, parfois en allant à l’encontre de mon meilleur jugement », a-t-il dit, semblant faire référence à ce fameux vidéo controversé.

Dans ce qu’il considère une « situation émotive en raison de l’attachement envers la communauté et l’équipe », Borowiecki pense que c’est au moins une bonne affaire de ne pas être seul dans ce bateau, de pouvoir en discuter avec des coéquipiers comme Pageau et DeMelo, entre autres. « C’est bon de pouvoir se parler et se vider le cœur », ajoute-t-il.

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Du contact pour Wolanin

Le défenseur Christian Wolanin a franchi une autre étape vers son retour au jeu jeudi alors qu’il a pu échanger le chandail vert indiquant qu’il ne pouvait pas absorber de contact à l’entraînement pour un autre de couleur régulière.

Opéré pour une épaule séparée, il avait déjà commencé à échanger quelques coups d’épaule tôt le matin en s’entraînant avec Bobby Ryan, qui continue à préparer son retour au jeu en catimini.

« Les deux derniers jours n’ont pas été faciles, mais c’est ce que ça prend pour que je sois prêt à jouer. Une mise en échec est différente d’un lancer ou de lever des haltères dans le gymnase, tu ne seras pas toujours prêt à absorber le coup et te protéger », a raconté Wolanin.

Ce dernier voit la lumière au bout du tunnel et il devrait effectuer un retour à Belleville en février, lui qui semble viser un week-end avec deux matches contre les Marlies de Toronto (les 14 et 15) pour donner ses premiers coups de patin dans un vrai match.