Mark Borowiecki a fait sa place dans la Ligue nationale grâce à son jeu robuste. Il cherche maintenant des façons de contribuer au succès de l’équipe qui sont moins dangereuses pour sa santé.

Borowiecki se calme

Dans un match robuste, lundi, Mark Borowiecki aurait pu jeter les gants. Il a reçu quelques invitations. Il a réussi à se contenir.

C’était tout, sauf une erreur de parcours.

Quand il est revenu au jeu, après avoir soigné sa dernière commotion cérébrale, il a laissé entendre qu’il devrait modifier ses habitudes de travail.

De façon à protéger sa tête, il doit éviter de subir des coups inutiles.

Il s’est toujours fait un point d’honneur de se porter à la défense de ses coéquipiers. Il devait cependant se rendre à l’évidence. S’il voulait étirer au maximum sa carrière dans la LNH, il devait d’abord se protéger lui-même.

« Nous avons eu plusieurs discussions à cet effet », raconte Guy Boucher.

Les deux hommes ont fini par se mettre d’accord.

Borowiecki était un peu ankylosé, jeudi. « J’ai bloqué quelques rondelles de trop lors de notre dernière partie. C’est douloureux », a-t-il reconnu.

« Sinon, honnêtement, je me sens bien. Ma tête se porte bien. Je n’ai rien de sérieux à vous annoncer », dit celui qui devrait prendre part à un 27e match consécutif, vendredi soir, quand les Sénateurs accueilleront les Stars au Centre Canadian Tire.

« Mon principal souhait, pour 2018, était de rester en santé. Je ne voulais surtout pas continuer à jouer, constamment, en me demandant si ma tête allait bien. Je peux vous garantir que tout se passe bien de ce côté. »

Borowiecki a quand même livré quelques combats depuis son retour au jeu. « Quand ça se produit de façon spontanée, dans le feu de l’action, j’y vais. »

« C’est quand même difficile. Personne n’aime se battre. Les joueurs qui prétendent le contraire essaient simplement de se rendre intéressants ou d’avoir l’air cool. En réalité, on le fait quand c’est absolument nécessaire. On le fait parce que ça fait partie du boulot. »

« Pour ma santé, tant sur la patinoire qu’à l’extérieur de la glace, je dois faire attention en ce moment », précise-t-il.

Boucher n’a rien contre cette idée.

Statistiques

D’abord, les statistiques continuent de nous indiquer que les bagarres sont en voie de disparition dans la LNH.

Le site hockeyfights.com, référence non-officielle en la matière, en témoigne.

Il y a 10 ans, durant la saison 2007-08, 664 combats ont éclaté dans la LNH. Un grand total de 324 joueurs ont été impliqués dans ces combats.

Cette saison, si la tendance se maintient, les juges de lignes seront appelés à intervenir moins de 300 fois pour mettre fin à une bagarre. Moins de 250 joueurs ont été impliqués dans des rixes, durant les six premiers mois de la saison régulière.

« Les combats prémédités, à mon avis, n’ont pas leur place dans notre sport. Je n’ai jamais été un grand fan. Je suis très heureux de constater qu’il n’y en a presque plus », dit l’entraîneur.

« Dans nos conversations, j’ai vite été rassuré. Boro ne veut pas nécessairement tourner le dos à ce qui lui a permis de connaître du succès. Il sait qu’il a réussi à se tailler une place dans la LNH, entre autres, parce qu’il est robuste est intimidant. Il comprend qu’il nous est quand même utile à d’autres points de vue. »

Marc Méthot et Dion Phaneuf partis, Borowiecki devient, de facto, le défenseur gaucher le plus expérimenté à Ottawa...

« En vieillissant, je cherche constamment de nouvelles façons de contribuer aux succès de l’équipe. J’ai l’impression de jouer mon meilleur hockey en carrière, en ce moment. Je veux continuer à construire là-dessus. Pour aider mon équipe, je dois trouver une façon de garder mes gants le plus longtemps possible. »

En mission à Edmonton

La date limite des transactions est derrière nous. Ça ne veut pas dire que le moulin à rumeurs a complètement cessé ses opérations. Le directeur général des Sénateurs, Pierre Dorion, n’est pas passé inaperçu dans les derniers jours. On l’a croisé au Rogers Arena d’Edmonton lors de deux matches des Oilers. Il n’en fallait pas plus que pour que le moulin à rumeurs se mette à fonctionner. On dit, par exemple, qu’il s’intéresserait à l’ancien premier choix de repêchage, le centre Ryan Nugent-Hopkins. Dorion, en réalité, a remis son chapeau de dépisteur au début de l’hiver 2018. Il se promène un peu partout, dans des arénas de hockey junior, en cette année où les Sénateurs pourraient bien obtenir un des cinq premiers choix du repêchage amateur.

Wideman veut jouer bientôt

« J’ai travaillé tellement fort sur la glace, avec les thérapeutes, dans le gymnase... J’ai fait tout ça parce que j’ai l’intention de jouer d’ici la fin de la saison. Si j’obtiens le feu vert des médecins, vous pouvez être certains que je vais sauter dans le feu de l’action», déclare Chris Wideman. Le défenseur droitier, qu’on croyait perdu pour la saison, a récemment repris espoir. Il a rencontré ses médecins, en début de semaine. « Ils m’ont examiné et ils ont déterminé que j’ai environ un mois d’avance sur le calendrier qu’ils avaient élaboré », dit-il. Wideman continue de s’entraîner avec ses coéquipiers. Il porte un chandail bleu poudre, ce qui signifie qu’il n’est pas prêt à subir des mises en échec. « Les gars essaient quand même de me faire subir certains chocs. Je réagis bien. »