Mike Condon a accordé un mauvais but à Jake DeBrusk en troisième période. C’est le but qui a fait la différence. «Je vais essayer de passer à autre chose», a offert le gardien.

Bon match, mauvais but

La journée avait bien commencé avec de bonnes nouvelles sur le front des plaines LeBreton.

Les 15 232 amateurs présents au Centre Canadian Tire étaient de bonne humeur aussi après avoir ovationné une dernière fois le dur à cuire Chris Neil, honoré pendant le match.

Les Sénateurs d’Ottawa ont cependant été incapables de compléter la soirée sur une bonne note, l’équipe de l’heure dans la LNH, les Bruins de Boston, leur infligeant un revers de 3-2 même sans leur meilleur compteur Brad Marchand.

Victoire morale, les Sénateurs, qui encaissaient un cinquième revers de suite, ont mieux paru que lors de deux défaites par un pointage cumulatif de 10-1 à la fin décembre contre ces Bruins qui n’ont pas perdu en temps réglementaire à leurs 18 dernières sorties (14-0-4), et qui signaient un cinquième gain de suite.

Le gardien partant Mike Condon a connu un fort match face au club de son patelin, jusqu’à ce qu’il alloue un très mauvais but en milieu de troisième période sur un tir provenant du coin de la patinoire de Jake DeBrusk sur le 36e tir auquel il a fait face, lui qui en a vu 44 en tout.

« Toutes les défaites sont frustrantes. C’était un match amusant à jouer, avec beaucoup d’action. Mais j’ai fait une erreur à la fin. Un jeu ne fait pas tout le match, mais évidemment, le moment était mal choisi pour une telle gaffe... Un mauvais but est un mauvais but, que tu aies joué un bon match ou pas auparavant, ce n’est pas une bonne sensation. Je ne sais pas quoi dire d’autre à ce sujet. C’est une petite erreur facile à corriger, je vais essayer de passer à autre chose », a raconté le gardien substitut après coup.

Condon avait pourtant commencé la partie en force alors que les Bruins ont lancé de partout au premier tiers, mais qu’il était en pleine forme. Il a effectué 20 arrêts au cours de cet engagement alors que ses coéquipiers avaient toute la misère du monde à sortir de leur territoire. Il a notamment frustré Zdeno Chara de la mitaine, de même que David Pastrnak de la jambière quand il a coupé seul devant lui.

Sa solide performance a permis aux locaux de rentrer au vestiaire avec une avance de 1-0 étant donné que Thomas Chabot a marqué juste après la fin d’un avantage numérique peu menaçant, sa passe vers Bobby Ryan déviant sur le patin d’Adam McQuaid.

Les Sénateurs ont mieux protégé leur gardien en deuxième période, mais ça n’a pas empêché les visiteurs de créer l’égalité pendant une attaque à cinq, une passe de Pastrnak déviant pour aboutir en plein sur la palette de Danton Heinen, dont le tir sur réception a déjoué Condon entre les jambières.

En début de troisième, Tim Schaller a compté en désavantage numérique pour relancer les Bruins en avant, sur une passe de Patrice Bergeron, mais Ryan Dzingel a répliqué 20 secondes plus tard pendant le même jeu de puissance, complétant un passe et va avec Matt Duchene pour déjouer Tuukka Rask dans la partie supérieure.

« Toutes les défaites sont décevantes, surtout qu’on avait l’avance et de la façon dont “Condo” (Condon) jouait. Il se tenait sur la tête, ils ont eu 20 lancers en première et on voulait les garder à 25 ou moins pour tout le match. Quand un gars comme ça joue pour toi, tu veux tout faire pour lui. Ils ont eu plus de 40 lancers, il fallait que certains rentrent. Je ne pense pas que le dernier but était de sa faute, on doit lui lever notre chapeau », estimait Dzingel, qui a égalé sa production de sa saison recrue de 81 matches en comptant son 14e de la campagne.

Au deuxième tiers, le Gatinois Jean-Gabriel Pageau a montré qu’il était bien remis de sa blessure à l’épaule quand il a bousculé le grand Zdeno Chara pour lui soutirer la rondelle.

Les hommes de Guy Boucher, sauf Erik Karlsson, profiteront maintenant d’une fin de semaine de congé pendant que la LNH tiendra son Match des étoiles à Tampa Bay dimanche. Leur prochaine rencontre aura lieu mardi contre les Hurricanes de la Caroline, à Raleigh.

Chabot et White ont joué beaucoup

Thomas Chabot a freiné un peu l’hémorragie pour son club en comptant à la fin d’une première période totalement dominée par les Bruins. Malheureusement, ils ont ensuite échappé leur mince avance et se sont inclinés sur le mauvais but alloué par Mike Condon.

« C’est difficile de perdre sur un but comme ça, mais si ce n’était pas de Mike ce soir, ça aurait été un match totalement différent. Il nous a tenus dans le match en faisant des gros arrêts à des gros moments, il n’a rien à se reprocher », a noté l’arrière québécois, qui a passé plus de 17 minutes sur la glace.

« En première, ils sont sortis forts, ils lançaient d’un peu partout. Une fois qu’on a eu notre premier but, on a repris de l’erre d’aller un peu, ça nous a remis dans le match... Sur mon but, j’ai vu Bobby (Ryan) aller au filet, j’ai essayé de mettre la rondelle sur son bâton, mais ça a dévié sur le patin du défenseur. C’est un but chanceux, mais on va le prendre », a aussi noté celui qui enfilait son quatrième but cette saison.

Son entraîneur Guy Boucher était heureux de la sortie de ses deux premiers choix de 2015, Chabot et Colin White, qui a joué plus de 18 minutes sur un deuxième trio avec Derick Brassard. Mais il était déçu que son club n’ait pas réussi à aller chercher un but pour faire oublier l’erreur de Condon.

« On ressent tout pour les joueurs de l’organisation, tout le monde a ça à cœur. De le voir jouer comme ça, agressif et confiant, on a besoin de ça, il nous le donnait. C’est triste de voir que ça a pris fin comme ça pour lui, surtout que ça lui est arrivé une couple de fois, c’est dur mentalement... Ça aurait été le fun d’aller chercher ça (un but) pour lui, contre le club de son enfance en plus », estimait Boucher.