Bobby Ryan a été laissé de côté, dimanche soir, contre les Sharks de San Jose.

Bobby Ryan relégué aux gradins

D.J. Smith avait passé un message à Bobby Ryan vendredi dernier en le clouant au banc en troisième période contre les Islanders.

Dimanche, l’entraîneur-chef des Sénateurs en a rajouté, reléguant le plus haut salarié de son club à la galerie de presse pour la visite des Sharks alors que Filip Chlapik a été rappelé de Belleville pour combler un poste sur le quatrième trio.

« La situation est que sa production n’a pas été très bonne (un but, quatre points en 10 parties). Bobby est certainement un attaquant digne du top-9 dans cette ligue et je ne le voyais pas remplir un rôle à l’aile gauche du quatrième trio, avec ‘Saby’ (Scott Sabourin) du côté droit, donc... C’est ma décision d’y aller avec cet alignement », a dit Smith en matinée pour motiver cette décision.

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L’entraîneur recrue a laissé entendre qu’il a parlé au vétéran de 32 ans dimanche matin pour lui expliquer les raisons motivant ce qu’il croyait être son premier retranchement « en santé » en 12 ans de carrière dans la LNH. Ce qui n’était pas tout à fait exact puisqu’il l’avait été en janvier 2017 lors d’un match à Washington, pour des raisons disciplinaires cependant.

Smith a particulièrement souligné que l’unité de jeu de puissance dont Ryan fait partie n’a pas encore compté cette saison. « Ce n’est pas juste de sa faute. Mais on a besoin de production de sa part et il doit aussi créer des chances offensives à cinq contre cinq. En même temps, nous avons des jeunes joueurs dans les mineures, comme Chlapik qui a été le meilleur joueur là-bas au niveau de l’éthique de travail. C’est une bonne opportunité de le récompenser et de le rappeler », a-t-il noté au sujet de l’attaquant tchèque qui avait été rétrogradé après avoir joué le premier match de la saison à Toronto.

« Je suis un entraîneur qui se base sur le travail acharné et ce soir, je vais y aller avec mes 20 joueurs les plus travaillants », a aussi ajouté Smith.

Ryan, qui a patiné en matinée avec les deux autres joueurs retranchés, Mikkel Boedker et Cody Goloubef, n’a pas commenté la décision, le vestiaire de l’équipe étant demeuré fermé vu que l’équipe n’a pas tenu d’entraînement matinal.

Un des vétérans qui ont été appelés à s’amener devant les médias, le gardien Craig Anderson, a indiqué qu’il comprenait Smith de chercher à passer le message que le temps de glace doit être mérité, lui qui avait vu son adjoint Anders Nilsson obtenir trois départs de suite.

« C’est à lui (Ryan) de trouver une solution. Il est un excellent joueur avec beaucoup d’habiletés offensives. Quand ces gars-là tombent dans une léthargie, ils peuvent être durs envers eux-mêmes. Il va devoir travailler pour passer au travers et reprendre confiance. Il est un des attaquants les plus dynamiques que nous avons, il a un excellent lancer et un bon manieur de rondelle. On a vraiment besoin qu’il fonctionne à plein régime », a-t-il commenté.

« C’est comme ça depuis le début de la saison, tu dois mériter ton temps de glace, que tu sois un jeune ou un vieux, ou encore un gars entre les deux. Le message, c’est ça, tu mérites ta glace. C’était comme ça quand j’avais 20 ans et c’est encore comme ça pour moi maintenant à mon âge. Ce n’est pas différent pour un patineur », a ajouté Anderson.

Il reste encore deux autres saisons après la présente au contrat de 7 ans pour 50,75 M $ (moyenne de 7,25 M $ par saison) que Ryan a paraphé en octobre 2014, un an après avoir été acquis des Ducks d’Anaheim dans la foulée du départ de Daniel Alfredsson. Il n’est jamais redevenu le compteur de 30 buts qu’il était sur la côte Ouest, n’ayant connu que deux saisons de plus de 20 buts à Ottawa. Il a été limité à 15 buts et 42 points en 78 parties la saison dernière.

Ryan est évidemment difficile à échanger en raison de son contrat, lui qui avait failli passer aux Golden Knights de Vegas en compagnie d’Erik Karlsson, de passage hier au Centre Canadian Tire à la date limite des transactions il y a deux ans.

Les Sénateurs, en passant, ont conclu un échange mineur samedi, envoyant le joueur des mineures Jack Rodewald aux Panthers de la Floride en retour de l’espoir Chris Wilkie, qui joue au niveau universitaire avec Colorado College.

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Erik Karlsson tente de soutirer la rondelle à Connor Brown.

RETOUR DE KARLSSON, PRISE 2

Le second retour de l’enfant prodigue qu’est Erik Karlsson s’est passé pas mal différemment du premier.

Alors que les Sharks avaient organisé une conférence de presse fort courue après une pratique à l’Université d’Ottawa en décembre de l’an dernier à la veille de ce qui allait être un revers de 6-2, l’ancien joueur de concession des Sénateurs a eu droit à une petite mêlée de presse bien normale dimanche matin.

Le numéro 65 est apparu pas mal plus serein et à l’aise dans sa peau qu’il y a un an, après avoir signé un nouveau contrat de huit ans l’été dernier et alors qu’il est récemment devenu père d’une petite fille, Harlow Rain.

« La sensation est différente. L’an passé, je ne savais pas à quoi m’attendre. Je suis plus à l’aise cette année. Je n’ai pas fait grand-chose (samedi, jour de congé pour les Sharks). J’avais vu tout le monde, embrassé tous les bébés (l’été dernier), donc je pouvais juste relaxer et passer la soirée à la maison, ce qui était bien », a relaté Karlsson, qui a conservé sa résidence dans le Glebe et sa carte de membre du Royal Ottawa, où il a joué neuf trous samedi.

Le nouveau papa a relaté que sa petite fille, née prématurément le 3 octobre alors qu’il a dû déclarer forfait du match inaugural de la saison à Las Vegas, se porte bien. « Elle fait ce que les petits bébés font, manger, dormir et “pooping”. Tout va bien, elle est à la maison maintenant et on essaie d’établir notre nouvelle routine. Elle change chaque jour, donc c’est difficile de trouver un rythme... Elle est tellement petite présentement que je n’ai pas été capable de faire grand-chose comme père. Elle est à la maison maintenant, en santé et maman aussi, c’est le plus important », a indiqué Karlsson, qui avait vu son épouse Melinda avoir une fausse couche très publicisée il y a deux ans.

Karlsson, qui avait un but et sept passes avant d’affronter les Sénateurs, dit que son nouveau pacte, pour 92 M $ sur huit ans, fait qu’il peut « se concentrer sur le chemin que j’emprunte, ce qui est bien. Il y a moins de balles dans les airs que l’an passé ». Il a noté que le retranchement de Bobby Ryan « n’est pas de mes affaires », alors qu’il est content de voir que son dauphin Thomas Chabot progresse bien. « Je savais que “Chaby” ferait bien. C’est bien de voir ça, qu’il progresse et gagne de la maturité. Il va dans la bonne direction et on pouvait voir même quand il était jeune qu’il trouverait le moyen de bien faire soir après soir dans cette ligue », a-t-il ajouté.