Bobby Ryan est fier de se retrouver parmi les trois finalistes pour l’obtention du trophée Bill-Masterton.
Bobby Ryan est fier de se retrouver parmi les trois finalistes pour l’obtention du trophée Bill-Masterton.

Bobby Ryan finaliste au trophée Bill-Masterton

Bobby Ryan est fier de se retrouver parmi les trois finalistes pour l’obtention du trophée Bill-Masterton. Il reconnaît qu’il a fait preuve de persévérance pour effectuer un retour au jeu, cette saison, après avoir passé plusieurs mois à combattre sa dépendance à l’alcool.

Il accepte toutefois cette honneur avec humilité.

Il s’estime différent des deux autres finalistes, Stephen Johns et Oskar Lindblom.

Johns, un attaquant des Stars de Dallas, a passé presque deux ans loin de la patinoire, avec de sérieux maux de tête. Ses commotions cérébrales lui ont causé de sérieux problèmes de santé mentale.

Lindblom, vedette montante des Flyers de Philadelphie, a été frappé de plein fouet par un cancer, en décembre.

«Ma situation est différente, note Ryan. Moi, contrairement aux deux autres, j’ai une grande part de responsabilité dans tout ce qui m’est arrivé.»

Le vétéran ailier des Sénateurs d’Ottawa semble particulièrement touché par l’histoire de Lindblom.

Le joueur suédois vient de compléter ses traitements. Il a recommencé à patiner. Si tout continue de bien aller, il pourrait participer aux séries éliminatoires de la coupe Stanley, cet été.

«Je suis originaire de la région de Philadelphie, nous rappelle Ryan. Je garde toujours un oeil sur ce qui se passe chez les Flyers. J’ai été très heureux de voir la vidéo dans laquelle Oskar quitte l’hôpital après avoir sonné la cloche qui annonce la fin de ses traitements. Il a été une source d’inspiration pour toute son équipe, durant la dernière saison. Je peux vous assurer que je vais regarder tous les matches dans lesquels il sera impliqué. Je fais désormais partie de son fan club.»

Bobby Ryan a pris part à une visioconférence organisée par la LNH avec un des autres finalistes au trophée Bill-Masterton, Stephen Johns.

Journées difficiles

Ryan est fier d’être en lice pour le trophée Masterton, mais il aurait facilement pu se passer de toute cette attention.

«Dans un monde idéal, je n’aurais pas eu à raconter mon histoire à personne. Dans un monde idéal, j’aurais attendu la fin de la saison pour aller chercher l’aide dont j’avais besoin. J’ai appris à mes dépens qu’on ne contrôle pas vraiment tout ce qui nous arrive. Moi, j’ai atteint le point de non-retour quand notre équipe était à Détroit, cette saison.»

Ryan a quitté une séance d’entraînement, le lundi 18 novembre, alors que les Sénateurs se trouvaient au Michigan.

Deux jours plus tard, alors que l’équipe se trouvait à Montréal, nous avons appris qu’il s’était inscrit au programme de soutien aux joueurs de la LNH.

Il a effectué son retour trois mois plus tard.

À son deuxième match en trois soirs, le 27 février, il a réussi un tour du chapeau dans une victoire de 5-2 contre les Canucks de Vancouver, à Kanata.

«J’aurais aimé comprendre plus tôt, dans ma vie, que j’avais besoin d’aide. Je suis heureux d’avoir finalement compris.»

Pour un type qui aurait préféré ne pas partager son histoire, Ryan continue de répondre à toutes les questions qui lui sont posées.


« Je vis encore des journées difficiles, mais ces journées surviennent de moins en moins souvent. Je me sens bien. »
Bobby Ryan

Jeudi soir, il s’est encore une fois montré très transparent, durant une visioconférence organisée par la Ligue nationale de hockey.

«Atteindre la sobriété, ça n’a pas été la portion la plus difficile de mon parcours. Le plus difficile, c’est de laisser aller des choses qui plombent mon existence depuis longtemps. J’ai essayer d’engourdir le mal avec l’alcool. J’ai d’autres outils, maintenant. Je vis encore des journées difficiles, mais ces journées surviennent de moins en moins souvent. Je me sens bien.»

«Il y a quand même de belles récompenses, sur le chemin. J’ai eu plus de conversations sincères au cours des huit derniers mois qu’au cours des 33 années précédentes. C’est incroyable. Des tas de gens ont utilisé les réseaux sociaux pour me contacter. Ils m’ont parlé d’eux. Ils m’ont raconté l’histoire de gens qui en arrachent. Dans certains cas, leurs problèmes n’ont rien à voir avec l’alcool. Ces gens ont juste besoin de parler. Je suis en contact avec des tas de gens que je ne rencontrerai probablement jamais. C’est extrêmement gratifiant.»

«Au départ, j’ai fait tout ça parce que je voulais de l’aide. J’ai maintenant la chance de donner au suivant. C’est génial. Quand je vis des jours plus difficiles, je relis tous ces messages que les gens m’envoient.»

Le prochain défi de Ryan sera de trouver des moyens de s’entraîner, de façon efficace, jusqu’à son prochain match.

Les Sénateurs font partie des sept équipes qui ne seront pas impliquées dans le tournoi estival de la LNH. Il pourrait donc s’écouler entre cinq et six mois avant leur retour à la compétition.

Il doit retourner sur la patinoire la semaine prochaine.

«Cette période d’entraînement prolongée pourrait finir par m’être utile», conclut celui qui est sous contrat jusqu’en 2022.