Bobby Ryan était partagé entre son désir de voir ses anciens coéquipiers vaincre le Canada aux Jeux de Sotchi et celui de voir les dirigeants de l'équipe américaine mal paraître.

Bobby Ryan en a voulu aux dirigeants américains

Bobby Ryan traîne une blessure depuis quelque temps. On présume qu'il s'agit d'une blessure au «bas du corps».
L'ailier américain des Sénateurs insiste: cette blessure ne peut pas expliquer ses récentes difficultés à l'attaque.
«La blessure a peut-être un peu affecté ma force d'accélération», finit-il néanmoins par avouer quand on insiste un peu. «J'avais un peu plus de misère à effectuer certains mouvements. À un certain moment, j'avais décidé de limiter mes présences lors des séances d'entraînement pour me concentrer sur les matches. Ce n'est pas nécessairement la meilleure décision à prendre parce que les joueurs qui s'entraînent peu peuvent difficilement s'améliorer.»
La bonne nouvelle, c'est que Ryan a bien pris le temps de se reposer durant les deux dernières semaines.
Il a raté deux séances d'entraînement à la fin de la semaine dernière mais il était de retour au boulot hier. Il était même le premier joueur sur la glace en matinée au Sensplex. Pendant un long moment, il a pu profiter des conseils particuliers du préparateur physique Chris Schwarz.
Jeudi soir, quand les Red Wings seront en ville, il devrait être à son poste. «Je suis bien entouré ici. Les Sénateurs ont mis plein de gens compétents à ma disposition», dit-il.
Déchirement intérieur
Physiquement, Ryan se sentait relativement bien durant la pause olympique.
Mentalement, c'était une autre histoire. Il vivait un véritable déchirement intérieur chaque fois que l'équipe nationale américaine sautait sur la glace.
«Je voulais encourager tous ces gars qui étaient mes coéquipiers à Vancouver en 2010. En même temps, j'espérais un peu que les dirigeants de l'équipe paraissent mal. C'était vraiment étrange comme sensation», avoue-t-il. Quand l'équipe tirait de l'arrière par un but, j'espérais qu'elle parvienne à niveler la marque. Si elle revenait dans le match, je ne voulais pas qu'elle marque trop de buts. Vraiment, c'était étrange.»
Ryan était convaincu que les Américains étaient capables de battre l'équipe canadienne en demi-finale, vendredi. «Je souhaitais que mes anciens coéquipiers puissent savourer leur revanche. Ils ont passé les quatre dernières années à se répéter qu'ils leur manquaient un seul but pour gagner la médaille d'or à Vancouver...»
Il n'a pas été complètement surpris quand ses grands copains Ryan Getzlaf et Corey Perry ont eu le dernier mot.
«Ryan, c'est le genre de gars qui réussit toujours à élever son jeu quand ça compte. Avec les Ducks, il était toujours à son mieux en séries. Dans le match contre le Canada, Corey et lui ont obtenu une bonne dizaine de chances de marquer. Je me suis dit qu'ils étaient sur le point d'exploser. Même s'ils n'ont pas rempli le filet en finale, il faut reconnaître qu'ils ont été très bons...»
«La bonne nouvelle, s'il y en a une, c'est qu'ils ne pourront plus m'appeler Silver...»
Ryan fait ici référence à une vidéo virale, tournée peu de temps après les Jeux de Vancouver. Dans différentes scènes, Getzlaf et Perry riaient du fait qu'il devait se contenter d'une médaille d'argent.
Ironiquement, à Sotchi, c'est leur nouveau coéquipier Jakob Silfverberg qui a été obligé de se contenter de la deuxième marche du podium.
«C'est bien vrai! Le nouveau Silver, c'est Silfver», ricane-t-il.
Sstlaurent@ledroit.com