Bobby Ryan sera le candidat des Sénateurs d’Ottawa à l’obtention du trophée Bill-Masterton, qui récompense la persévérance et le dévouement.
Bobby Ryan sera le candidat des Sénateurs d’Ottawa à l’obtention du trophée Bill-Masterton, qui récompense la persévérance et le dévouement.

Bobby Ryan, candidat d'Ottawa au trophée Bill-Masterton

Bobby Ryan n’est pas tombé des nues, lundi, quand on lui a dit qu’il se retrouverait parmi les finalistes pour l’obtention du trophée Bill-Masterton.

Le vétéran ailier a effectué son retour au jeu le 25 février dernier, à Nashville, après avoir passé trois longs mois à tenter de se défaire de sa dépendance à l’alcool.

Deux jours plus tard, de retour à Ottawa, il a réussi un tour du chapeau dans une victoire contre les Canucks de Vancouver.

Ce fut, probablement, le plus beau moment de toute la saison des Sénateurs.

«Après le match, on jasait dans le vestiaire. Rapidement, un de mes coéquipiers m’a dit que je venais officiellement de faire mon entrée dans la course au Masterton», a raconté Ryan, mardi après-midi, dans une conférence vidéo avec les représentants des médias.

Les membres du chapitre régional de l’Association des chroniqueurs de hockey professionnel d’Amérique (PHWA) l’ont élu presque à l’unanimité.

Ryan passe donc en deuxième ronde, avec les finalistes des 30 autres équipes de la Ligue nationale.

Shea Weber représente le Canadien de Montréal, cette année.

Mark Giordano, Corey Crawford, Robby Fabbri, Henrik Lundqvist, Jay Bouwmeester et Joe Thornton se retrouvent aussi sur le bulletin de vote.

«Je n’ai pas pris la décision de changer ma vie dans le but de gagner un trophée», dit-il.

«Représenter les Sénateurs, et obtenir la chance de gagner un trophée qui récompense la persévérance, c’est quand même un grand honneur.»

Deux jours après son retour en février dernier, Bobby Ryan a réussi un tour du chapeau dans une victoire contre les Canucks de Vancouver.

Ryan est de retour dans son «repaire estival».

Depuis plusieurs années, il se réfugie dans un secteur rural de l’Idaho, loin des feux de la rampe, pour se reposer entre deux saisons de hockey.

«Ça va vous paraître bizarre, j’ai décidé de prendre la période de quarantaine comme un cadeau. J’ai l’impression d’avoir vécu ma vie à 100 miles à l’heure pendant environ quatre mois. Je n’avais pas pris un seul moment de recul. Au départ, j’y allais une journée à la fois. Mon objectif, c’était de rester sobre pendant 24 heures de plus. Par la suite, quand j’ai retrouvé mon équipe, j’ai replongé, tête première, dans le quotidien d’un joueur de la LNH.»

Il a choisi de ne pas vraiment s’accorder de vacances.

«Je crois sincèrement que j’étais au sommet de ma forme quand je suis revenu au jeu. Les préparateurs physiques des Sénateurs m’ont vraiment bien préparé. Je ne m’étais jamais senti aussi bien.»

«En ce moment, je me pointe au gymnase vers 6 h 30, chaque matin, pour m’entraîner. Je vous assure que je n’ai jamais fait ça de ma vie. Je trouve que c’est une façon très cathartique de commencer mes journées. Règle générale, ça me permet de rentrer à la maison vers 9 h. Ça me laisse tout plein de temps pour jouer mon rôle de père auprès de mes deux jeunes enfants.»

«Mon plan, c’est de ne pas trop bouger. Je veux continuer à vivre des journées comme ça.»

Ryan n’est pas le seul joueur de la LNH à se réfugier dans l’Idaho durant la saison morte. En ce moment, par exemple, il lui arrive d’organiser des séances d’entraînement sur glace avec le centre du Lightning de Tampa Bay Tyler Johnson.

Ryan va perdre son partenaire, toutefois, quand les séries éliminatoires vont débuter.

Johnson tentera de gagner la coupe Stanley.

Ryan, lui, ne sait pas trop ce qui risque de lui arriver.

Les Sénateurs pourraient bien disputer leur prochain match en janvier 2021. C’est loin.

«Je ne sais pas trop ce qui m’attend. Je n’ai même pas encore rencontré les dirigeants de l’équipe pour faire le bilan de ma saison. Pour l’instant, j’entends faire honneur à mon contrat en me présentant en forme au prochain camp d’entraînement. Je crois que je suis toujours capable de jouer dans un trio offensif et j’entends bien le prouver. Si on a toujours une place pour moi à Ottawa, je serai heureux d’aider les kids à grandir. Je serai un mentor.»

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HEUREUX D’AVOIR PARTAGÉ SON EXPÉRIENCE

Bobby Ryan a toujours été un livre ouvert. Il a choisi de parler ouvertement de son alcoolisme, ce printemps.

Il ne regrette rien.

«Les gens, souvent, regardent les athlètes professionnels et voient simplement des millionnaires qui mènent des vies rêvées. Ils n’ont aucune idée de tout ce qui peut se passer dans les coulisses. Moi, je suis quelqu’un d’ouvert. Je crois que pour cette raison, beaucoup de gens peuvent s’identifier à moi», pense-t-il.

Dans les dernières heures, des amateurs de hockey d’un peu partout, sur le continent nord-américain, ont choisi d’appuyer Ryan dans les réseaux sociaux. Plusieurs sont d’avis qu’on devrait lui remettre le trophée Masterton.

«Beaucoup de gens m’ont contacté pour me laisser savoir que j’avais été une source d’inspiration. Chaque fois, pour moi, c’est une récompense.»

«Les gens connaissent mon histoire. Ils connaissent plusieurs chapitres de ma vie. Depuis le tout début, j’ai décidé de ne pas me cacher. Je ne vais pas changer cette façon de faire.»