Alexander Steen célèbre le but marqué par son coéquipier Vladimir Sobotka en première période.

Blanchis une 8e fois

ST. LOUIS — Les Sénateurs d’Ottawa n’ont pas aidé la cause de leur gardien Craig Anderson mardi soir en se faisant blanchir pour une huitième fois cette saison.

Mais comme c’est arrivé trop souvent en cette campagne où il semble soudainement avoir pris de l’âge, le cerbère américain de 36 ans a aussi sa large part de blâme pour une autre défaite des siens, 3-0 aux mains des Blues de St. Louis devant 18505 amateurs au Scottrade Center.

Anderson a accordé deux buts douteux, très douteux, aux deux Vladimir de la formation du Missouri, Tarasenko et Sobotka, dans ce quatrième revers de suite des hommes de Guy Boucher.

Les Sénateurs (15-22-9) sont donc rentrés bredouilles de ce court voyage de deux jours amorcé par un revers de 3-1 au Minnesota lundi. Sans leur meilleur compteur Mark Stone, blessé à un genou, ils ont été très peu menaçants en attaque lors de ces deux rencontres.

Le gardien des Blues Carter Hutton les a battus pour une deuxième fois en cinq jours, repoussant 24 lancers pour son deuxième jeu blanc de la saison, son 10e en carrière. Il n’a cependant pas eu beaucoup d’arrêts difficiles à effectuer, la plupart venant de l’extérieur alors que ses gros défenseurs se sont chargés des retours. 

« Il faut donner le crédit à St. Louis, ils ont bien embouteillé notre attaque et leur gardien a bien joué. Nous sommes passé le stage où nous sommes frustrés. On essaie de faire de notre mieux et travailler fort, jouer au mieux de nos habiletés. Parfois, on va l’avoir, et parfois non. Malheureusement, on a eu trop de mauvais résultats », a dit Anderson après coup.

Rejoint par une passe précise de Brayden Schenn à la ligne bleue des Sénateurs, Sobotka a ouvert le pointage en fin de premier tiers quand il a pu se démarquer de son couvreur, Tom Pyatt, et à un contre un face à Cody Ceci, son tir vif a surpris Anderson, déjoué sous la jambière gauche.

Anderson a fermé la porte pendant de longs moments par la suite, lui aussi faisant face la plupart du temps à des tirs de routine. Mais il a cédé du côté rapproché face à Tarasenko à la sixième minute du troisième tiers après avoir alloué un long retour. Il a aussi effectué de bons arrêts parmi ses 38, mais il a avoué qu’il aurait dû arrêter ces deux rondelles.

« Je pense avoir été O.K., mais ces buts... Je ne suis pas content de les avoir alloués. J’essaie de trouver la rondelle et elle s’est faufilée. Ce n’était pas des jeux par la porte d’en arrière ou des ‘tics-tacs-toe’, c’était des tirs que j’aurais pu arrêter. On jouait assez bien en première et le premier but a coupé le vent de nos voiles », a dit Anderson.

Hutton a pour sa part eu besoin de l’aide de la barre horizontale sur un puissant tir sur réception de Derick Brassard lors d’un avantage numérique de quatre minutes accordé aux visiteurs quand Robert Bortuzzo a ensanglanté Zack Smith avec un bâton élevé au deuxième tiers.

Moribonde toute la saison, l’attaque à cinq en arrache particulièrement à l’étranger, n’ayant marqué que deux buts en 29 chances de se déployer lors de leurs 12 derniers matches à l’étranger. Pas surprenant que lors de cette séquence noire, les Sénateurs n’ont remporté qu’une victoire, contre huit défaites et trois revers en prolongation ou tirs de barrage.

Les Sénateurs sont rentrés à la maison immédiatement après le match et ils devraient bénéficier d’une journée de congé, une autre, avant de recevoir les Bruins de Boston jeudi soir au Centre Canadian Tire. Ils auront ensuite la fin de semaine de congé, sauf Erik Karlsson qui prendra part au match des Étoiles de la LNH à Tampa Bay.

Le fond du baril n’a apparemment pas encore été atteint par les Sénateurs et leur capitaine Erik Karlsson ne voit pas de lumière au bout du tunnel.

Quand il s’est fait demander après la défaite de 3-0 contre les Blues si son club était près de renverser la vapeur, il a répondu bien franchement : « Non, pas vraiment ».

« On en arrache, on n’est pas capable de créer des chances quand on contrôle la rondelle... Notre jeu de puissance n’a pas été mauvais, on obtient assez de chances de compter des buts, mais on ne le fait pas. On a eu trois ou quatre chances, mais on ne trouve pas le moyen de trouver le fond du filet. On travaille fort pour obtenir les opportunités, mais quand elles sont là, on ne prend pas la bonne décision ou le bon tir. C’est l’histoire de notre saison », a-t-il commenté. 

Revenu au jeu la semaine dernière, le défenseur Mark Borowiecki prenait cette quatrième défaite de suite assez durement.

« Il faut cesser d’essayer de trouver des excuses pour ce qui se passe, ce n’est pas acceptable et il faut trouver le moyen de s’en sortir. Quand les choses ne vont pas bien au cours d’une si longue saison, ça s’additionne. On cherche des réponses, mais il va falloir être des hommes et trouver des solutions. C’est compliqué, il y a plusieurs façons d’approcher ça, mais le message des entraîneurs à nous, et de nous aux entraîneurs, est que ce n’est pas acceptable. On joue bien pour quelques présences, puis on prend congé pour d’autres. Il y a un manque de prise de responsabilité », a-t-il affirmé.

Le Gatinois Derick Brassard, qui a frappé la barre horizontale sur la meilleure chance de compter des siens, ne savait plus quoi dire, lui. « On essaie de suivre le plan de match, je ne sais pas quoi dire. On est dans le match, mais il nous manque une étincelle, je ne sais pas. Il manque de quoi. On ne se fait pas déclasser. J’ai eu la chance avec le poteau, une couple de chances, mais on doit passer au prochain match », a-t-il confié.

De son côté, l’entraîneur-chef Guy Boucher concédait que les Blues ont tout simplement été meilleurs que son club. «Il n’y a pas de frustration à y avoir, c’est clair qu’ils ont été meilleurs que nous. Mais je pense qu’on aurait certes pu faire mieux sur notre jeu de puissance. On a eu quelques bons tirs à la fin. Il faut leur donner crédit, ils défendent bien leur but... Mais ayant dit ça, on aurait pu générer plus de tirs et de circulation devant leur filet. En l’absence de certains joueurs clés, c’set une chance pour d’autres de s’illustrer et ça n’a pas été suffisant», a-t-il commenté.