Jean-Gabriel Pageau

Bergeron, le gros défi de Pageau

Jean-Gabriel Pageau ne sait pas combien de temps il va garder les deux ailiers les plus productifs de son club, Mike Hoffman et Mark Stone, sur ses flancs.
Le centre gatinois des Sénateurs est conscient que son entraîneur-chef Guy Boucher aime jongler avec ses effectifs, et ce dernier a été bien averti mardi après un entraînement où ce trio a été rassemblé comme lors du match de samedi contre les Rangers où il s'est partagé six points que les lignes « pourraient changer après cinq minutes ».
Ce que Pageau sait, ou ce dont il se doute comme un peu tout le monde, c'est que son patron va certes chercher à l'opposer au meilleur centre des Bruins, Patrice Bergeron, qui forme un dangereux duo avec Brad Marchand, la peste qui a terminé la saison au sixième rang des compteurs de la LNH avec ses 85 points, dont 39 buts.
« J'ai joué contre lui pratiquement tout le temps lors de chaque match de la saison à domicile. Je ne sais pas encore certain à 100 % ce que le coach a en tête, mais pour moi, ce serait un beau défi de jouer contre lui et Marchand. Ce serait le fun, mais c'est quelque chose que je ne contrôle pas. Je vais prendre le rôle que le coach va me donner et donner mon 100 % », a souligné Pageau après l'entraînement des siens mardi.
Dans un face à face avec l'excellent centre qu'est Bergeron dans les deux sens de la patinoire, le premier défi du centre qui l'affronte est de lui soutirer la rondelle dans les cercles de mises en jeu. Parmi les joueurs qui ont participé à plus de 1000 mises au jeu cette saison, Bergeron a pris le troisième rang avec son taux d'efficacité de 60,1 %, n'étant devancé que par Matt Duchene, de l'Avalanche du Colorado (62,6 %), et l'ex-Sénateur Antoine Vermette, des Ducks d'Anaheim (62,3 %).
Pageau a été le meilleur à ce chapitre chez les Sénateurs à 54,8 % (558 en 1018), suivi de Kyle Turris (53,1 %, 650 en 1225) et Derick Brassard (49,96 %, 612 en 1225).
« Il est dans les premiers de la ligue, c'est un gars qui est très fort sur son bâton. On va certes faire du vidéo, tous les centres, afin d'être prêt, connaître leurs tendances. C'est toujours bon de commencer le jeu avec la rondelle, la possession de rondelle, c'est important. Il va falloir être prêt dans cet aspect du jeu... C'est un joueur tellement intelligent, et il a un bon timing quand le juge de lignes met la rondelle en jeu », a souligné le Gatinois qui a complété sa saison avec 12 buts et 33 points à sa fiche, avec un différentiel de plus-13.
S'il est séparé de son fidèle compagnon Tom Pyatt en séries, celui qui avait fait sa marque dès son premier printemps avec les Sénateurs avec son fameux tour du chapeau contre le Canadien de Montréal en 2013 ne se plaindra certes pas de se retrouver avec Hoffman et Stone, deux compteurs de 20 buts cette saison.
« C'était ça (mardi) et ça va peut-être changer demain. Comme on dit, on connaît notre système, on sait ce qu'on a à faire. Peu importe avec qui on joue, il faut être prêt. Je ne pense pas qu'il (Boucher) ait des lignes en tête à 100 % », a-t-il noté.
« À domicile, on sait qu'on a eu du succès à matcher les lignes. J'ai donc des options A, B, C et D en tête et je suis prêt à faire des changements rapidement. À la maison, il y a un avantage d'avoir le dernier changement. Les joueurs le savent et ils seront prêts pour les différentes options qui pourraient venir », a noté Boucher à ce sujet.
Pour Stone, qui n'a pas compté lors de ses 15 derniers matches en saison, le fait d'affronter les meilleurs attaquants adverses dans cette série ne serait rien de trop énervant. « J'ai joué avec pas mal tout le monde dans notre équipe cette année et je me sens à l'aise avec tout le monde. Mais les choses peuvent changer vite. De toute façon, peu importe avec qui je vais jouer, on va probablement affronter certains des meilleurs avants et des meilleurs défenseurs adverses, c'est comme ça depuis deux ans. Les affrontements sont tellement disséqués en séries alors que tu joues contre les mêmes gars soir après soir. Tu dois quand même trouver des moyens de générer de l'attaque », a-t-il souligné.
Dzingel pas content
Ryan Dzingel
L'attaquant recrue Ryan Dzingel a connu une bonne première saison complète avec les Sénateurs avec ses 14 buts et 32 points en 81 matches, mais il était en perte de vitesse en fin de saison, ce qui fait qu'il ne faudrait pas être surpris de le voir commencer la série contre les Bruins dans les gradins. Il était un des attaquants de trop, avec Chris Kelly, Chris Neil, Chris DiDomenico et Colin White, lors de l'entraînement de mardi, alors que Bobby Ryan l'a remplacé aux côtés de Kyle Turris et Clarke MacArthur sur le premier trio du club. « Je ne veux rien dire de négatif concernant mes coéquipiers ou mon entraîneur. Je suis arrivé et j'ai vu (les trios) sur le tableau, je n'ai pas eu de conversation avec lui, on verra si ça arrive... On sait que Guy aime y aller avec ses vétérans, les gars me l'ont dit dès le premier jour. J'ai cherché à faire mes preuves chaque jour, clairement, je n'ai pas été assez bon. Je vais être meilleur », a-t-il déclaré, se disant fier de sa saison considérant qu'il a été appelé à changer de rôle à plusieurs occasions.
Burrows et les Bruins
L'attaquant québécois Alexandre Burrows ne voulait pas trop parler de la dernière fois où il a affronté les Bruins en séries éliminatoires, lors de la finale pour la coupe Stanley de 2011 remportée par ces derniers. « C'était il y a longtemps. Ce que je me souviens surtout de cette série, c'est de ne pas l'avoir gagnée, a-t-il dit mardi midi. On avait joué de bons matches à domicile et de moins bons à l'étranger. Je n'y pense plus trop, je suis avec un club tout nouveau, ils ont une équipe différente aussi. Je me concentre sur le présent plutôt que sur le passé. » Burrows avait fait couler beaucoup d'encre, faut-il le rappeler, quand Patrice Bergeron l'avait accusé de l'avoir mordu dans une échauffourée à la fin du premier match à Vancouver, remporté 1-0 par les Canucks. Le département de la sécurité des joueurs l'avait blanchi de l'accusation, notant qu'il n'y avait aucune preuve qui aurait pu l'inciter à décréter une sanction supplémentaire.