Ben Harpur.

Ben Harpur ne passe plus inaperçu

À pareille date, l'an dernier, personne - ou à peu près - ne connaissait Ben Harpur. Personne ne s'intéressait vraiment à lui non plus.
Même les dirigeants des Sénateurs d'Ottawa, qui venaient de le sélectionner en quatrième ronde du repêchage amateur, ne savaient pas à quel point il était bon. «Je crois bien que Ben ne se doutait même pas lui-même à quel point il avait du potentiel», note le directeur général adjoint Randy Lee.
Cette année, plus personne ne peut ignorer Harpur. Il est un des espoirs les plus intéressants au camp de perfectionnement estival des Sénateurs, cette semaine, à Kanata.
À six pieds et six pouces, le défenseur qui est originaire de Niagara-on-the-Lake, en Ontario, est assez difficile à manquer.
Il ne pourra jamais vraiment évoluer avec Erik Karlsson et Cody Ceci sur l'attaque massive. En revanche, son travail acharné dans son territoire a permis à son club junior, le Storm de Guelph, d'atteindre la finale du tournoi de la Coupe Memorial.
Les dirigeants d'Équipe Canada Junior ont bien vu à quel point il était difficile de l'affronter. Ils ont pris soin de l'inviter à leur camp estival. S'il continue de progresser, il pourrait facilement avoir le mandat de stopper les meilleurs attaquants des autres nations, au temps des Fêtes, lors du tournoi qui sera présenté à Montréal et Toronto.
«Ça me permettrait de réaliser un de mes plus vieux rêves», lance le jeune homme au bon caractère.
Ce ne serait cependant pas son plus grand rêve, ni même son objectif premier pour la saison qui approche. «Je voudrais signer un contrat dans la LNH au plus vite», souligne-t-il.
Harpur n'en veut pas trop aux journalistes qui ne s'intéressaient pas à lui l'an dernier. Il n'en veut pas plus aux dépisteurs qui ont mis du temps à reconnaître son potentiel.
«Je suis défenseur depuis trois ans à peine», révèle-t-il.
Vraiment?
«C'est l'entraîneur de mon équipe midget qui a eu l'idée de me faire changer de position. On perdait tout le temps. J'évoluais à l'attaque, mais je ne touchais pratiquement jamais à la rondelle. Le coach a eu l'idée de muter trois de ses meilleurs patineurs à la ligne bleue. Ce changement de position m'a permis de prendre le contrôle de la rondelle. À partir de ce moment-là, les dépisteurs ont commencé à s'intéresser à moi.»
Changer de position à un âge aussi tardif entraîne un lot d'inconvénients. Des inconvénients qui pourraient expliquer, en partie, pourquoi les Sénateurs ont pu le sélectionner en quatrième ronde. «Lors de mes premières années dans la LHOntario, j'avais beaucoup de petites choses à apprendre. Rien de bien sérieux. Les gars qui évoluaient en défensive depuis une dizaine d'années avaient un certain avantage sur moi.»
Il y avait un autre «petit» détail. Il n'avait pas fini de grandir.
«Dans le midget, je mesurais six pieds et un pouce. À mon arrivée à Guelph, je mesurais six pieds et trois. Mon père mesure aussi six pieds et six. Je savais que j'avais une chance de le rejoindre.»
À moins d'une catastrophe, Harpur va l'avoir, son contrat. Ça ne signifie pas que son apprentissage est terminé.
«Il pourrait parfois se montrer plus agressif dans sa couverture en défensive», note Randy Lee.
«Mais il peut évoluer des deux côtés de la patinoire. Ça, c'est un truc qui nous plaît.»