Alors que Drake Batherson n’a pas connu « une très glorieuse soirée » contre Toronto, mercredi soir, son coéquipier Jean-Gabriel Pageau (photo) prêche la prudence et croit que la recrue des Sénateurs mérite une chance de se relever.

Batherson déjà dans l’eau chaude?

Jean-Gabriel Pageau croit qu’on devrait y aller mollo. Les partisans, les médias, les gérants d’estrade (et de Twitter) gagneraient à ne pas trop critiquer son jeune coéquipier Drake Batherson.

La recrue n’a pas connu une très glorieuse soirée, mercredi, dans le match inaugural de la saison régulière. Il a quitté Toronto avec un différentiel de moins quatre, même s’il a passé moins de 12 minutes sur la patinoire.

Batherson est un bon joueur, plaide le centre gatinois des Sénateurs d’Ottawa. Il mérite une chance de se relever.

« Drake a fait sa place, rappelle Pageau. On a vu à quel point il a été bon dans la Ligue américaine. On a vu comment il a été bon quand on l’a monté avec nous autres, l’an dernier. Le premier match, ça ne veut rien dire. Au premier match, t’es stressé. T’as une boule dans le ventre. Même aujourd’hui, avec toute mon expérience, je ressens comme une boule dans le ventre avant le premier match de la saison. C’est beaucoup de stress. Ça fait beaucoup de choses à gérer. Je le connais. Je ne serais pas surpris de le voir rebondir, dès le prochain match. »

Reste à voir si Batherson aura la chance de prendre part au prochain match, samedi soir, contre les Rangers de New York.

L’entraîneur-chef D.J. Smith a procédé à son premier remaniement de trios. Batherson a été relégué à la quatrième unité. Cette unité comptait quatre joueurs, lors de l’entraînement de jeudi.

L’un d’entre eux devra suivre la prochaine partie dans la galerie de la presse.

« Tout ce que je sais, c’est que Mikkel Boedker effectuera un retour dans la formation débutante. Je n’ai pas encore identifié le joueur qui lui cédera sa place », a-t-il fait savoir.

Smith préférerait aussi qu’on laisse Batherson respirer, un peu.

« Son trio au grand complet s’est retrouvé dans une position difficile. Les trois joueurs, ensemble, ont joué de malchance tout au long de la soirée. »

« C’est dur ! C’était le premier match de la saison et ça ne s’est pas très bien passé pour eux. J’ai décidé de les séparer pour un match ou deux. On verra bien ce que ça va donner. Mais ce n’est pas la faute de Drake ! Le trio au grand complet doit faire mieux. »

Tête haute

Dans le court terme, le jeune Batherson a choisi de se retrousser les manches et de garder la tête haute.

Il a été un des derniers joueurs à quitter la patinoire, au terme de la séance d’entraînement de jeudi.

À son retour au vestiaire, il a été capable d’échanger quelques blagues avec les journalistes qui l’attendaient.

On lui a par exemple parlé de sa production offensive, dans ses 21 premiers matches en carrière. Il a inscrit ses neuf points lors des 12 parties qui ont été présentées sur la patinoire du Centre Canadian Tire. Sur la route, il a été blanchi en neuf sorties.

« Quelqu’un m’a dit ça, l’autre jour ! C’est fou. Je n’aurais jamais pensé à ça tout seul. Dieu merci ! Nous allons jouer nos trois prochaines parties à la maison », a-t-il blagué.

Il reconnaît, sur un ton plus sérieux, qu’il est plus facile pour un jeune joueur de s’illustrer à domicile.

« L’an dernier, je jouais dans le trio de Matt Duchene. Sur la route, on avait souvent les meilleurs défenseurs adverses dans les pattes. Ça me posait un beau défi. »

Les séquences difficiles « font partie de la game », enchaîne-t-il. « Tous les joueurs ont de bons et de moins bons matches. Je dois me libérer l’esprit, oublier tout ça. »

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SCOTT SABOURIN DANS LE TROISIÈME TRIO

Marquer un but à son premier match dans la LNH, ça ne change pas le monde...

Peut-être que ça change un peu le monde, au fond.

Scott Sabourin ne sera pas l’attaquant retranché, samedi. Il devrait même obtenir une promotion et évoluer dans un des trois premiers trios, lors de la visite des Rangers.

« J’aime bien mon trio », dit l’homme fort qui a patiné avec Tyler Ennis et Chris Tierney, jeudi.

« Je suis avec Enzo et Tiernz. Je pense que la chimie entre nous pourrait être bonne », dit-il.

Sabourin trouve que ça va vite, depuis quelques jours. Il a signé son contrat avec les Sénateurs juste avant le dernier match préparatoire, la semaine dernière. Il a compris, à ce moment-là, qu’il avait réussi à se tailler un poste à Ottawa. Il a tout juste eu le temps de se préparer à disputer un premier « vrai » match dans la LNH. On lui a déjà remis, en cadeau, la rondelle de son premier but.

« C’est une expérience surréaliste. Je pense que je n’ai pas complètement réalisé ce qui m’était arrivé avant d’aller au lit, mercredi soir. »

« La rondelle sera entreposée chez mes parents pour un petit bout de temps. Quand j’aurai enfin trouvé un endroit où loger, je vais la récupérer. Je devrais être capable de lui trouver un petit coin de mur, quelque part... »

Marquer son premier but dans la LNH, ça ne change peut-être pas le monde. Mais ça use la batterie d’un téléphone portable ! « J’ai reçu des tas de messages de la part de gens que j’ai côtoyés durant les sept dernières années », dit le joueur.