Mardi, La veille, Craig Anderson a réalisé  une performance de 45 arrêts dans le gain de 2-1 contre les Penguins. Une victoire qui créait l'égalité 3-3 dans cette finale de l'Est.

Anderson veut changer l'histoire

(Pittsburgh) Craig Anderson n'est pas un grand féru d'histoire.
Le gardien des Sénateurs a beau avoir encaissé une défaite lors de son seul septième match avec Ottawa, un revers de 2-1 à New York au printemps 2012, il a mentionné qu'il n'était pas au courant de la fiche d'aucune victoire contre cinq revers de la franchise au fil de son histoire de 25 ans.
« C'est la première fois que j'en entends parler. J'imagine qu'il faudrait changer ça », a-t-il lancé à la fin d'un point de presse à l'aéroport d'Ottawa.
Outre ce revers en première ronde en 2012, les Sénateurs ont également perdu un septième match contre les Devils du New Jersey en finale de l'Est en 2003 ainsi qu'en deuxième ronde contre Toronto l'année précédente et au premier tour l'année suivante (trois revers à la fiche de Patrick Lalime), ainsi que contre Buffalo en 1997 lors de ses premières séries (en prolongation, Ron Tugnutt échappant un tir de Derek Plante).
Au moins pour le match de jeudi soir, ils ne sont pas les seuls à avoir des fantômes à exorciser puisque les Penguins ont une fiche de 9-7 lors des septièmes matches, mais de 0-7 à domicile lorsque l'adversaire a remporté le match numéro six.
Ne voulant rien savoir des leçons de l'histoire, l'entraîneur-chef Guy Boucher ne voulait pas parler de ces statistiques du passé.
« Je ne pense pas à ça. C'est en plein ça que je ne veux pas avoir dans la tête, c'est en plein ce qui détruit ton focus, qui te fait passer d'être bien activé à avoir de l'anxiété. Ce sont des affaires pour les partisans, pour les médias. C'est correct, c'est ce que j'appelle le roman-savon de jour en jour qui est suivi par tout le monde. C'est bien, mais ce n'est pas pour nous, il ne faut vraiment pas rentrer là-dedans. La minute qu'on embarque là-dedans, le vase déborde. Les joueurs sont comme une auto, la révolution du moteur est au maximum. La minute que tu en ajoutes, le char pète, en bon Québécois. Ce n'est pas le temps d'en rajouter, c'est le temps de rester au niveau qui nous permet d'exécuter avec du calme avec la rondelle », a lancé l'entraîneur-chef Guy Boucher.
Ce dernier a déclaré après le match de mardi que la présence d'Anderson comme gardien numéro un avait été un élément attrayant pour lui quand il a postulé pour le poste de successeur à Dave Cameron. « Sans gardien numéro un, je n'aurais pas voulu le poste... Tout tourne à la noirceur quand tu n'as pas de gardien numéro un », a-t-il dit.
Anderson retourne à l'endroit où il s'est fait retirer du match après avoir alloué quatre buts sur 14 tirs, mais il a aussi un bon historique récent lors des matches où il a l'occasion d'éliminer un adversaire, ayant une fiche de 3-1 avec une moyenne de 0,76 et un taux d'efficacité de ,981 à ses quatre derniers matches du genre depuis 2015.
« La préparation (pour un septième match) n'est pas différente que l'autre soir. Chaque fois que vous jouez un match où vous pouvez éliminer l'adversaire, vous voulez sortir et offrir votre meilleur effort. Tu fais tout en ton possible pour te préparer pour le match, puis tu laisses tout sur la glace », a-t-il noté.
Anderson ne pense pas que le fait que la partie soit présentée à Pittsburgh change quelque chose pour lui. « L'endroit n'a pas d'importance. Le match de hockey ne change pas... C'est juste qu'il y a des amateurs qui te crient après », dit-il.
À 36 ans depuis quelques jours, Anderson entend savourer pleinement ce moment où il est si près de la coupe Stanley. « Tu ne sais jamais quand ça va se produire à nouveau. Quand tu es jeune, tu te dis qu'il y a toujours l'an prochain. Quand tu arrives à mon âge, il reste moins de "l'an prochain". Tu profites du moment et si c'est dans les cartes d'être un des rares qui a cette chance, c'est certes un honneur. Tu dois rester dans le moment et le savourer. Autant on aime penser qu'il y a toujours l'an prochain, tous les gars qui ont été dans ma position savent que le compte à rebours arrive à la fin à un moment donné », a-t-il lancé.
Les Sénateurs en bref
Boucher satisfait du jeu de White
L'entraîneur-chef Guy Boucher s'est dit satisfait du jeu de la recrue Colin White lors du sixième match, même s'il ne l'a utilisé que pour sept présences et 2:39 minutes de temps de glace où il a perdu ses trois mises au jeu et lancé accidentellement vers son propre gardien.
Mais il ne faudrait pas se surprendre qu'il fasse appel à un joueur plus expérimenté, comme Chris Kelly, pour le septième match.
«Un jeune comme ça, il faut que j'y pense, je ne veux pas l'exposer non plus en n'ayant pas le dernier changement. Il faut être juste, on lui a donné une opportunité (mardi), il a bien fait. Comme je dis toujours, il faut que tu apprennes à ne pas nous faire mal avant de nous aider, et il l'a fait. C'est une bonne première étape qui a été sûrement difficile à gérer. Je vais être franc, à sa place, j'aurais "fait" dans mes culottes», a blagué Boucher.
Ryan soulagé
En marquant lors d'un double avantage numérique le but qui faisait 1-1 en fin de deuxième période, Bobby Ryan a mis fin à la longue disette de 29 attaques à cinq sans but des siens.
«On a eu quelques tirs bien meilleurs que les miens auparavant sur le cinq contre trois, (Erik) Karlson et (Kyle) Turris notamment. C'est surprenant à quel point les chances sont meilleures quand tu ne retiens pas la rondelle trop longtemps. C'était un but un peu chanceux qui nous, dans le sens de toute la communauté, a permis de mieux respirer», a-t-il raconté après le match.
Entre les lignes
Le président des Sénateurs Tom Anselmi a accordé une entrevue à TSN 1200 mercredi où il s'est porté à la défense des partisans de l'équipe qui n'ont pas complètement rempli le Centre Canadian Tire pour le sixième match de mardi, où on retrouvait 18 111 amateurs (un peu plus de 400 sous la capacité). «Nous avons vendu autant de billets que n'importe quelle autre équipe en finale d'association», a-t-il notamment déclaré...
Guy Boucher était en verve mercredi quand il s'est fait parler de l'aspect psychologique rendu à ce stade-ci. «Tu choisis chaque jour la perception que tu as des choses. Tu te réveilles le matin et tu peux venir pour t'améliorer, tu peux rester au même niveau, ou tu peux empirer. Quelque chose va se passer, un des trois. C'est ton choix de décider ce que ce sera», a-t-il philosophé.