Craig Anderson garde les yeux sur la rondelle pour effectuer cet arrêt en troisième période du match opposant les Sénateurs aux Blackhawks de Chicago.

Anderson s'offre les Blackhawks

Une mystérieuse blessure au «haut du corps» a tenu Craig Anderson à l'écart du jeu pendant 18 jours.
Au moins, cette blessure n'a pas trop laissé de traces.
À son retour au jeu, vendredi soir, le gardien américain s'est offert les champions en titre de la coupe Stanley. S'il n'avait pas réussi 46 arrêts, les Sénateurs d'Ottawa n'auraient jamais obtenu cette victoire de 5-3 contre les Blackhawks de Chicago.
«La rouille? Seul le métal rouille. Mes lames de patin n'étaient pas rouillées. Je n'étais pas rouillé non plus», a-t-il déclaré après la rencontre.
Mine de rien, les Sénateurs avaient perdu leurs cinq dernières parties au Centre Canadian Tire. Ils n'avaient pas remporté un seul match devant leurs partisans depuis le 6 février.
«C'est ça. Ce qu'il faut retenir de cette rencontre, c'est que nous avons trouvé un moyen d'aller chercher deux points», complète Anderson.
Avec ses gros arrêts en début de soirée, il a permis à son équipe de survivre à un début de match où les Blackhawks étaient dominants.
À l'autre bout de la patinoire, le gardien était un peu moins expérimenté. Moins en forme. Antti Raanta, comme si ce n'était pas suffisant, s'est blessé à une jambe en effectuant un arrêt de routine.
Il a fini par encaisser trois buts très rapidement.
Erik Condra a mis un terme à une séquence de 25 matches sans marquer quand il a ouvert la marque durant une infériorité numérique. Cody Ceci a mis un terme à une séquence de 11 parties sans point lorsqu'il a doublé l'avance des Sénateurs avant la fin du premier tiers.
Dans la première minute du second engagement, quand Milan Michalek a fait 3-0, les Hawks étaient dans les câbles.
Mais les Hawks sont les champions en titre. Des champions, ça peut se relever après avoir visité le tapis.
Ils ont bien essayé de le faire, vendredi soir. Ils ont presque réussi. Quand la troisième période a débuté, ils tiraient de l'arrière par un seul but.
«Dans nos réunions d'avant-match, nous avons expliqué à nos joueurs qu'ils ne contrôleraient pas la rondelle contre les Hawks. Ils ont accepté cette réalité. Quand les Hawks sont revenus de l'arrière, nos joueurs n'ont jamais paniqué», croit Paul MacLean.
Les champions avaient joué la veille à Boston mais la fatigue n'a jamais eu trop d'effet sur eux. Ils avaient eu à jouer deux matches en autant de soirs à 15 occasions depuis le début de la saison. Ils présentaient une fiche de 11-1-3 dans le match du deuxième soir.
On pourrait dire que les champions s'ennuient de leur superstar blessée Patrick Kane. En vérité, ils ont assez de talent pour s'en tirer sans lui. Patrick Sharp, Marian Hossa et Brent Seabrook ont marqué dans la défaite, vendredi.
Les champions avaient aussi la chance d'affronter une équipe qui est passée maître dans l'art de se tirer dans le pied.
Une supériorité numérique et un très mauvais revirement ont permis aux Hawks de revenir dans le match.
La troisième a toutefois tourné à la faveur d'Ottawa. Kyle Turris et Clarke MacArthur ont marqué les buts qui ont fait la différence dans les 20 dernières minutes de jeu.
MacLean vante les qualités de Stone
Lorsqu'il s'est présenté devant les journalistes après la rencontre, Paul MacLean s'est empressé de lancer des fleurs à Mark Stone.
La recrue venait d'inscrire deux mentions d'aide contre les Blackhawks. Ça lui fait quatre points en trois parties depuis son rappel de Binghamton.
«Dans ces trois parties, Mark a joué un rôle important à l'attaque, mais en défensive aussi», croit l'entraîneur.
Stone avait fait bonne impression lors de son premier séjour de la saison dans la LNH, au début du mois de janvier. Il semble maintenant avoir atteint un niveau supérieur.
«La grosse différence, à mon avis, c'est la confiance. Durant son stage précédent, Mark s'est rendu compte qu'il était capable de jouer dans la LNH. Il est retourné à Binghamton gonflé à bloc, bien décidé à revenir très rapidement. Il a continué à bien travailler à Binghamton. Ça paraît aujourd'hui dans son jeu», commente MacLean.
Stone a participé au pointage dans ses cinq dernières parties dans la Ligue américaine. Si on ajoute ses points obtenus dans la LNH, on se rend compte qu'il a marqué trois buts et obtenu sept mentions d'aide lors de ses huit dernières parties de hockey.
«Je ne m'attendais pas nécessairement à continuer à produire de façon aussi régulière dans la LNH, mais je dois reconnaître que je me sentais bien quand j'ai été rappelé. J'espère juste que la séquence s'étire un peu plus longtemps», indique le jeune homme originaire de Winnipeg.
Stone a surtout la chance d'évoluer au sein d'un bon petit trio. Il remplace Bobby Ryan avec Kyle Turris et Clarke MacArthur.
«Je dois dire que je suis impressionné. Stoney n'a pas beaucoup d'expérience, mais ça ne paraît pas trop jusqu'à maintenant», note MacArthur.