Tout comme Craig Anderson, Pekka Rinne a disputé un bon match. Il a su protéger l’avance que ses coéquipiers lui ont donnée.

Anderson n’a rien à se reprocher

NASHVILLE — Le gardien des Sénateurs d’Ottawa Craig Anderson n’aura pas passé une journée de la famille trop mémorable au Tennessee.

Devant son épouse Nicholle et ses deux jeunes fils, il s’est fait chanter « You suck » et « Tout est de ta faute » à cinq reprises par les partisans impitoyables des Predators de Nashville, qui l’ont emporté 5-2 lundi soir au Bridgestone Arena.

C’était la sixième fois cette saison que les Sénateurs (21-28-9) tentaient sans succès de coller trois victoires de suite, alors que la formation du Tennessee freinait une séquence de deux revers de suite à domicile.

« J’espère qu’on ne leur a pas trop fait la vie dure (à sa famille) là-haut. Mais ils sont venus et ils ont vu de quoi ça à l’air dans ce nouvel édifice. C’est une nouvelle expérience pour eux... C’était quand même amusant pour moi, j’ai joué ici souvent, je savais à quoi m’attendre. Leurs partisans sont passionnés, il faut leur donner du crédit. Pour moi, j’essayais de les empêcher de crier... On a cependant commis un peu trop de revirements et ils ont capitalisé sur nos erreurs », a dit Anderson, qui avait remporté ses cinq dernières décisions. Il a fait face à 41 lancers.

Viktor Arvidsson a dirigé l’attaque des Predators avec un doublé, ses 19e et 20e de la saison, alors qu’il a décoché neuf tirs en tout. Son second a porté la marque à 4-2 à mi-chemin du deuxième tiers, Filip Forsberg lui refilant la rondelle dans l’enclave après qu’il ait intercepté la tentative de passe d’Erik Karlsson.

Tout juste auparavant, Max McCormick avait réduit l’écart à un but avec un tir du poignet précis sur une incursion en territoire adverse du défenseur Fredrik Claesson, de retour dans l’alignement après trois matches dans les gradins. Et tout juste après, Thomas Chabot s’est présenté seul devant le gardien Pekka Rinne avec une chance de créer l’égalité, mais celui-ci a sorti la jambière pour le frustrer, un de ses 36 arrêts dans cette rencontre. Le cerbère finlandais n’a perdu qu’un match à ses 13 dernières sorties (11-1-1).

Pour ne pas être en reste, les défenseurs des locaux Roman Josi et Ryan Ellis ont compté en avantage numérique sur des tirs sur réception où Anderson n’y a vu que du feu.

« Décevant »
Les Sénateurs avaient assez bien amorcé la rencontre en dominant au chapitre des tirs, mais c’était quand même 2-0 en faveur des Predators jusqu’à ce que Jean-Gabriel Pageau profite d’une rare chance de jouer en avantage numérique pour inscrire les siens au pointage. Le Gatinois a sauté sur le retour du tir sur réception de Mark Stone qui avait été préparé par Karlsson, ce dernier obtenant une mention d’assistance pour un quatrième match consécutif. Pour Stone, c’était un 50e point cette saison.

« C’est décevant, on a donné un bon effort et notre gardien nous a donné une chance de gagner tout le match. On a eu nos chances nous aussi à l’autre bout, elles étaient là. Leur jeu de puissance nous a fait mal aussi. On a commis des revirements, les erreurs font partie de la game », a souligné Pageau.

Dans la victoire, l’ex-Sénateur Kyle Turris a mis fin à une séquence noire de cinq parties où il avait été blanchi en récoltant une passe sur le premier but du match. Ça lui donne 23 points en 42 parties depuis l’échange, alors que Matt Duchene, acquis dans l’échange à trois avec le Colorado, en a 27 en 44 matches avec Ottawa.

À son 700e match en carrière, le Gatinois Derick Brassard a frappé un poteau et a pour sa part été blanchi, voyant une séquence de quatre parties de suite avec un but prendre fin.

Craig Smith a ajouté un but d’assurance au cours d’une troisième période sans trop d’histoire, à part pour une barre horizontale frappée par Mike Hoffman en début d’engagement.

Les Sénateurs, qui ont maintenant un dossier affreux de 7-17-4 à l’étranger, ont pris le chemin de Chicago immédiatement après le match alors qu’ils y affronteront les Blackhawks mercredi soir.

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Boucher donnait du crédit à Rinne

Guy Boucher n’avait rien à redire sur l’effort des siens après leur revers de 5-2 aux mains des Predators.

«J’ai trouvé que nous sommes sortis forts, très forts. Mais nos revirements et quelques mauvais bonds ont fait que la rondelle s’est retrouvé au fond de notre filet, et la même chose n’est pas arrivée à l’autre bout. On a obtenu près de 40 lancers ici, on a eu beaucoup de chances, mais leur gardien (Pekka Rinne) a été excellent, il a fait de gros arrêts à des moments clés. On aurait mérité de compter plus de buts», analysait-il après coup.

Son capitaine Erik Karlsson (moins-2) a commis un revirement coûteux sur le quatrième but qui a coupé les jambes aux siens, mais Boucher ne lui en tenait pas trop rigueur. «Des gars qui ne commettent pas de tels revirements d’habitude en ont commis, ça va arriver parfois quand tu touches à la rondelle souvent. Mais la différence reste les chances que nous avons manquées, il (Rinne) a fait vraiment des arrêts clés, comme il l’a fait toute l’année», a-t-il ajouté.

L’assistant-capitaine Mark Stone, qui a écopé d’une punition en fin de deuxième tiers avec laquelle il n’était pas d’accord, abondait dans le même sens. «J’ai trouvé qu’on a bien joué, on a contrôlé le jeu pendant de longs moments dans la zone offensive. Notre désavantage numérique n’a pas été trop bon, et certains de nos leaders, moi inclus, ont commis des revirements coûteux. Leur gardien a été bon, mais le nôtre aussi», a-t-il indiqué.