Craig Anderson «a le don de faire les arrêts au moment opportun», analyse Ryan McDonagh, l'unique marqueur des Rangers, jeudi soir.

Anderson inspiré par le jeu du « King »

Craig Anderson a gagné la première bataille contre Henrik Lundqvist, mais il sait très bien que la guerre est loin de l'être.
Au lendemain d'un match à bas pointage où les gardiens des Sénateurs et des Rangers ont largement volé la vedette, jusqu'au but vainqueur d'Erik Karlsson, le cerbère de l'équipe locale a réitéré à quel point affronter le « King » signifie pour lui qu'il doit être à son meilleur match après match dans cette série.
C'est selon lui ce qui explique sa bonne fiche contre les Newyorkais en carrière, une fiche de 10-5-3 avec quatre blanchissages, une moyenne de 1,74 et un taux d'efficacité de ,944 en saison régulière. Son dossier est maintenant de 4-4 contre eux en séries, cependant.
« Lundqvist est là depuis huit ou 10 ans, il est toujours bon, il donne toujours une chance de gagner à son club. À New York, le Madison Square Garden est un édifice rempli d'histoire, il y a toujours une motivation un peu plus grande en allant là, mentalement et physiquement, quand tu y mets le pied... Quand tu le vois faire des gros arrêts à l'autre bout alors que le momentum est de notre côté, c'est dans le derrière de ta tête que tu dois être prêt pour le moment où le vent va tourner de bord... Tu dois toujours être prêt à tout, le but d'Erik en est une autre preuve », a-t-il souligné une douzaine d'heures après avoir réalisé 34 arrêts dans le gain des siens d'entrée de jeu dans cette série.
Seul Ranger à avoir réussi à le déjouer, avec l'aide d'un tir de la pointe voilé, le capitaine Ryan McDonagh avait sa petite idée pour expliquer les succès du gardien américain des Sénateurs contre son club.
« Il a le don de faire les arrêts au moment opportun, que ce soit sur une échappée ou une descente en surnombre. Comme gardien, il trouve un moyen de s'illustrer dans ces situations. De notre côté, ce sont des chances où on veut faire la différence et mettre la rondelle au fond du filet. Il a bien fait aussi pour contrôler la rondelle quand on l'envoyait au fond de la zone, il va falloir s'ajuster et l'envoyer dans un coin pour qu'il ne puisse pas la manoeuvrer. On devra aussi emprunter une page de leur livre de jeux et lancer plus souvent au filet de tous les angles possibles, comme ils l'ont fait avec Hank (Lundqvist). On a vu ce que ça peut donner », a mentionné McDonagh.
Sur le but de Karlsson, le Gatinois Jean-Gabriel Pageau était posté devant Lundqvist pour lui voiler la vue, un aspect toujours important contre un gardien de sa trempe.
« Je m'attendais un peu qu'il lance au filet, il avait déjà tenté de lancer, mais la rondelle (bloquée) lui était revenue. Il a fait un lancer parfait, digne de son talent. On l'a vu compter des buts comme ça auparavant, contre Detroit (en fin de saison). Je savais que ça s'en venait, je voulais juste ne pas y toucher en chemin », a noté Pageau.
Celui-ci s'attend à un match plus axé sur la défensive samedi. « On a eu des chances de compter, mais on en a donné aussi beaucoup trop. On veut vraiment être plus serrés dans notre jeu », a-t-il indiqué.
Ça ne semble pas être l'avis de l'entraîneur-chef Guy Boucher, cependant. 
« Avec eux, pour être honnête, tu sais qu'ils vont obtenir des chances, des échappées. Un gars comme (Michael) Grabner, tu peux mettre qui tu veux devant lui, il va se retrouver seul contre ton gardien. Il est tellement rapide, et ils ont d'autres gars comme lui. Je m'attends à ce qu'ils aient des chances sur des descentes. Je pense qu'on ne pourra pas les limiter à moins de 20 tirs... On en a obtenu plus qu'on s'attendait, mais c'était le plan. On ne peut pas battre ce gars-là (Lundqvist) avec 20 tirs, ni avec 30. Ça va en prendre 40 et plus. Même avec ça, on a juste compté deux buts. Ça va être comme ça. C'était comme ça lors de la série précédente. On sait qu'ils vont nous donner leur meilleur match (samedi) », a-t-il noté.
Lundqvist, rappelons-le, a fait face à 43 lancers lors du gain de 2-1 de jeudi soir.
Skjei peut en rire
Le défenseur des Rangers Brady Skjei a compté deux buts lors de la série contre les Canadiens, mais il a bien failli passer de héros à zéro lors du premier match alors qu'une passe transversale qu'il tentait dans sa zone au deuxième tiers s'est transformée en tir au but que Henrik Lundqvist, alerte a cependant réussi à bloquer. « Quand la rondelle est dans ta zone, tu dois être prêt à tout. Parfois, tu te fais surprendre. C'est juste arrivé comme ça, parfois c'est une question de pouces, vous savez. Heureusement, j'ai pu l'arrêter avec mon bâton. Il m'a remercié après coup de l'avoir empêché d'avoir l'air stupide. J'ai répondu qu'on aurait tous deux eu l'air fou. C'est bon de pouvoir en rire maintenant », a indiqué le gardien des Rangers vendredi.
La barbe de Pageau
Alors que certains de ses coéquipiers ont des barbes déjà très fournies vu qu'ils les ont laissées pousser toute la saison (Zack Smith et Fredrik Claesson en particulier), le centre gatinois Jean-Gabriel Pageau en a une qui est à ses balbutiements et qui est assez clairsemée. Est-ce qu'il se fait taquiner par ses coéquipiers ou, pire encore, ses adversaires ? « Non, je ne me fais pas achaler. Elle est quand même pas pire, non ? C'est quelque chose que je ne contrôle pas vraiment », a lancé en riant le jeune homme de 24 ans. La série contre les Rangers est encore jeune, cependant.
Entre les lignes
Selon l'entraîneur-chef Guy Boucher, l'attaquant Tom Pyatt est remis de sa blessure au bas du corps et il pourrait être en mesure de revenir au jeu samedi. « On va peut-être attendre cependant, on va voir. Les gars qui ont été dans l'alignement lors des deux derniers matches ont fait du bon travail, c'est difficile de les sortir de l'alignement », a-t-il dit... Les Rangers sont habitués de revenir de l'arrière dans une série : en défaisant les Canadiens au premier tour après avoir tiré de l'arrière 1-2, c'était la sixième fois en huit séries qu'il l'emportait de cette façon... Le défenseur Marc Staal va disputer le 100e match de sa carrière en série samedi, devenant le troisième Ranger à atteindre ce plateau après Henrik Lundqvist et Dan Girardi.