L’excellente performance de Mike Condon n’a pas convaincu Guy Boucher de déroger à son nouveau système d’alternance avec ses gardiens.

Anderson est bien prêt à alterner

L’excellente performance de Mike Condon dans la victoire des Sénateurs jeudi contre Anaheim n’a pas convaincu Guy Boucher de déroger à son nouveau système d’alternance avec ses gardiens.

L’entraîneur-chef québécois enverra donc son gardien américain Craig Anderson dans la mêlée samedi contre les Flyers à Philadelphie, avant de revenir avec Condon dimanche à Montréal.

Avant de prendre le chemin de la Pennsylvanie, Boucher a bien pris soin d’assurer qu’il n’y a pas de controverse de gardiens à Ottawa, que le titre de gardien numéro un appartient toujours à Anderson, même si un système d’alternance veut habituellement dire qu’il n’y a pas un partant et un substitut.

Quand le Droit lui a demandé s’il n’y avait plus de numéro un à l’heure actuelle, il a rétorqué en riant : « Non, ça c’est toi qui cherches à créer quelque chose dans cette situation. Notre gardien numéro un n’a pas changé, et le rôle de “Condo” (Condon) n’a pas changé. On va faire ça (alterner les départs) d’ici la fin de l’année pour s’assurer que les deux gardiens jouent assez pour que leur jeu arrive au niveau où ils sont capables de jouer. Ça a bien regardé lors des trois derniers matches, ce qu’on tente de faire fonctionne et on va continuer jusqu’à la fin de la saison. »

Il a ajouté que lui et l’entraîneur des gardiens Pierre Groulx n’ont pas considéré la possibilité de revenir avec Condon dès samedi après ses 30 arrêts de jeudi contre les Ducks, « parce qu’on sait que “Andy” aime jouer à Philadelphie et que “Condo” a bien fait lors de son dernier match à Montréal », a-t-il souligné en faisant référence à un revers de 2-1 encaissé le 29 novembre dernier.

Anderson, qui a une fiche de 11-5-3 en carrière contre les Flyers, a commenté pour la première fois vendredi de la décision de ses patrons d’y aller avec un système d’alternance, notant qu’il n’avait pas d’objection fondamentale à jouer moins souvent.

« Ça ne me dérange pas, ça te permets de demeurer frais, alerte mentalement ainsi que physiquement. Présentement, nous sommes dans la situation où nous sommes en tant qu’équipe. On est dans une situation où tu dois chercher à tirer le maximum de ton temps (devant le filet), et tu dois mériter ton temps de glace. Si tu joues bien, tu vas en obtenir plus. Si tu joues de façon horrible, les choses pourraient changer. Présentement, Mike joue très bien et moi aussi, ça semble fonctionner. Bien des équipes ont alterné par le passé et ça a bien fonctionné pour elles », a-t-il déclaré.

Anderson est quand même habitué à avoir la part du lion du travail devant le filet des siens, quand il est présent évidemment. Il a participé à 36 parties jusqu’à maintenant (fiche de 12-17-5, moyenne de 3,17, taux d’efficacité de ,903), contre 18 pour Condon (4-7-4, 3,27, ,903 lui aussi). Il n’avait joué que 40 matches en 2016-2017, mais il avait dû rater deux mois pour être au chevet de son époule Nicholle alors qu’elle subissait des traitements pour un cancer. Il avait subi des blessures lors de ses quatre saisons précédentes. En sept ans à Ottawa, il a quand même eu deux saisons de 60 parties ou plus (2015-2016 et 2011-2012).

« Si on regarde le passé, je pense que le chiffre magique est de jouer 50 parties sur 82, et si on continue avec cette rotation, ça va ressembler à ça. Il faut juste prendre chaque match comme une entité, y aller un match à la fois. Ça ne sert à rien de s’inquiéter de l’ensemble de la saison, il faut s’assurer de continuer à mériter son temps de glace. Ça fait assez longtemps que je joue, et j’ai appris ça assez tôt, que je sais que si tu ne joues pas bien, tu ne mérites pas ton temps de glace. Tu dois t’assurer d’être un compétiteur et de mériter ta place », a ajouté Anderson, qui aura 37 ans en mai.

Les Sénateurs ont besoin que leurs deux gardiens finissent la saison en force alors qu’ils se sont engagés envers eux pour les deux saisons suivantes, Anderson ayant signé une prolongation de contrat de deux ans en septembre dernier (salaire moyen de 4,75 millions $) alors que Condon a paraphé un pacte de trois ans en juin (salaire de 2,4 M $/an).

LES SÉNATEURS EN BREF

Programme double tôt

Le Canadien est habitué à jouer des programmes doubles de matches tôt en après-midi la fin de semaine du Super Bowl, c’est devenu une tradition pour lui, mais c’est la première fois sauf erreur que les Sénateurs en feront partie, eux qui, par les années passées, ont connu certaines difficultés lors des parties disputées avant la tombée de la nuit. 

« Moi, j’aime ça. Tu te lèves et tu vas à l’aréna. Tu n’as pas le temps de penser. La routine est un peu différente. Tu te prépares mentalement la veille au soir plutôt que le jour », a noté le gardien Craig Anderson. 

« Il faut être prêt à commencer le match parce qu’on dirait que tu te réveilles et tu t’en vas à l’aréna. Personnellement, j’adore jouer l’après-midi, je sais que c’est le cas pour plusieurs gars », a ajouté l’attaquant Zack Smith.

Go Eagles, Go Patriots

À l’approche du match du Super Bowl dimanche, le vestiaire des Sénateurs est partagé entre les deux formationsn qui s’affronteront à Minneapolis, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et les Eagles de Philadelphie. 

Les joueurs provenant de la région de Boston comme Mike Condon et Colin White ont évidemment un parti pris pour les champions en titre. 

« Tom Brady ne perdra pas », a assuré White. Plus impartial même si la famille de son épouse originaire de la Pennsylvanie favorise les Eagles, Craig Anderson a dit qu’il « aime les négligés, ils ont beaucoup de choses à prouver et ils sont affamés. La Nouvelle-Angleterre a une excellente équipe, mais je pense qu’on joue le match pour une raison et on ne sait jamais ce qui peut arriver », a souligné le gardien originaire de la région de Chicago.

Entre les lignes

L’attaquant Mark Stone n’a pas patiné avec ses coéquipiers vendredi au Sensplex et il ne jouera donc pas en fin de semaine, à moins d’une récupération miracle qui lui permettrait de rejoindre le club à Montréal dimanche.

Les Sénateurs auront le défenseur des Flyers Radko Gudas dans les pattes samedi alors que la LNH n’a pas révisé un incident du revers de 4-3 des Flyers contre les Devils jeudi où celui-ci a été puni pour avoir commis de l’obstruction à l’endroit de Kyle Palmieri, ayant sauté haut dans les airs avant d’entrer en collision avec lui. Le récidiviste s’est défendu en disant aux médias de Philadelphie qu’il n’avait cherché qu’à l’éviter. C’était sa première punition en 21 matches, soit depuis qu’il a fini de purger une suspension de 10 matches pour avoir cinglé Mathieu Perreault, des Jets.