Connor McDavid est parvenu à déjouer Craig Anderson, samedi, mais le gardien des Sénateurs a eu le dernier mot.

Anderson enfin débarrassé du gorille sur ses épaules

EDMONTON — Craig Anderson détient la majorité des records positifs de gardiens dans l’histoire des Sénateurs d’Ottawa.

Le record négatif, dont il est le seul détenteur depuis la défaite de jeudi dernier à Calgary, était cependant pesant sur ses épaules : une séquence noire de 14 défaites consécutives. Brian Elliott, le gardien contre lequel il a été échangé en s’amenant du Colorado en février 2011, détenait l’ancien record (13 défaites de suite).

La série d’Anderson s’est arrêtée samedi lorsque Brady Tkachuk a compté en prolongation pour procurer un gain de 4-3 à son club ainsi qu’au vétéran cerbère, qui n’avait pas de victoire à son actif en 2019, sa dernière remontant au 17 décembre contre Nashville.

Après coup, le soulagement ressenti par Anderson était palpable, lui qui attendait les médias dans un vestiaire désert.

« Ça faisait longtemps que j’attendais ça. Personnellement, ça a été une période difficile et c’est une bonne sensation après être passé proche souvent. Pour un joueur qui traverse une léthargie, ça devient pesant, c’est certain. La meilleure chose que tu peux faire, c’est de ne pas montrer que ça t’affecte et offrir ton meilleur effort. Il y a eu des matches au cours de cette séquence où nous sommes passés proches, mais on n’a pas fini le travail. L’histoire a été différente cette fois, Dieu merci. On va pouvoir enterrer le gorille qui était sur mes épaules », a souligné Anderson, qui a réalisé 26 arrêts dans ce match.

Les émotions ressenties à cette occasion n’étaient évidemment pas les mêmes que lorsqu’il avait blanchi les Oilers 3-0 le 30 octobre 2016 à Rogers Place, revenant à la rescousse de son équipe à la demande de son épouse Nicholle qui venait d’être diagnostiquée avec un cancer, alors que son adjoint Andrew Hammond s’était blessé lors du match précédent à Calgary.

« J’ai de bons souvenirs ici, j’ai offert des bonnes performances à Edmonton au fil de toute ma carrière. Donc, je savais que si ça (un gain) n’arrivait pas (samedi), j’allais probablement devoir abandonner le hockey parce que ça n’arriverait jamais », a-t-il blagué.

« Il y a des hauts et des bas à toute saison et tu dois demeurer calme en tout temps. Quelqu’un m’a déjà dit qu’au baseball, un lanceur peut lancer un bon match et faire tout ce qu’il doit faire sans obtenir le résultat escompté parce qu’il n’obtient pas l’appui de son attaque. C’est la même chose pour un gardien, si tu n’as pas l’appui de tes coéquipiers, ça peut te frustrer et devenir pesant », a-t-il noté, lui qui a parlé d’un « bond favorable » quand il a obtenu une passe sur le but gagnant de Tkachuk, ayant harponné une rondelle qui s’amenait vers lui alors que le dangereux Connor McDavid était dans les parages.

Des êtres humains

L’entraîneur-chef par intérim Marc Crawford, qui a vu son club finir son voyage dans l’Ouest canadien avec une fiche d’un gain contre deux revers, était content que le travail d’Anderson ait été récompensé.

« Tout le monde sait à quel point c’était pesant sur lui de ne pas obtenir de victoires. Il avait un gros sourire accroché au visage après en avoir obtenu une. Les joueurs sont des êtres humains, ils savent que dans cette business, les résultats sont importants. Quand les résultats ne sont pas là, le doute s’installe. On va espérer que ça va lui permettre de relaxer et commencer une séquence dans l’autre sens... Il y a probablement plus de gars qui sont allés le voir après le but que de gars qui sont allés célébrer avec “Chucky” (Tkachuk) », a-t-il souligné.

Anderson, qui a une fiche de 15-25-5 après ce gain, avait vu son adjoint Anders Nilsson obtenir pas mal plus de résultats au cours des derniers mois, lui dont le dossier depuis son arrivée à Ottawa le 2 janvier est de 10-10-0, avec un taux d’efficacité de ,913 et une moyenne de 3,02.

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LE RETOUR DE CHABOT A FAIT UNE GROSSE DIFFÉRENCE

Thomas Chabot s’est amené dans le vestiaire des Sénateurs samedi avec un gros sac de glace sur son gros orteil cassé.

Sur la patinoire auparavant dans le gain de 4-3 des siens contre les Oilers, ça n’a pas paru qu’il avait raté presque deux semaines d’activité pour permettre à son os de revenir en place. L’arrière québécois a joué presque 28 minutes, dont plusieurs contre le rapide capitaine des Oilers Connor McDavid, incluant au début de la prolongation. Il a aussi obtenu une mention d’assistance sur le but de Bobby Ryan en avantage numérique au premier tiers, ce qui lui donnait 50e point de la saison. Il est seulement le quatrième défenseur de l’histoire des Sénateurs à atteindre ce plateau, après Erik Karlsson (six fois), Norm Maciver et Wade Redden.

« Quelle différence ça fait à notre brigade défensive quand Thomas Chabot est là. Il a fait un excellent jeu pour le but de Bobby Ryan, un jeu de classe mondiale, a souligné l’entraîneur-chef Marc Crawford. On a commencé la prolongation avec deux défenseurs (Dylan DeMelo étant l’autre) et un avant (Jean-Gabriel Pageau), mais Chabot est comme un rover dans le temps où le hockey se jouait à sept joueurs... J’ai aimé voir qu’il est immédiatement allé couvrir McDavid, il ne voulait pas le lâcher d’une semelle. C’est vraiment bien, c’est le match à l’intérieur du match qu’une jeune étoile veuille défier une autre étoile du même âge. »

Chabot était heureux de s’être amené en renfort. « J’étais un peu rouillé en première période avec la rondelle, mais c’est revenu vite, je n’ai pas manqué tant de temps que ça », a-t-il noté. Concernant le plateau des 50 points, il a ajouté : « Ce n’est pas nécessairement quelque chose à quoi je pensais ou que j’espérais, mais c’est le fun. J’ai eu beaucoup de temps de glace au cours de l’année et j’ai essayé de profiter de l’opportunité que j’avais. »

Pour sa part, le gardien Craig Anderson a noté : « Chabot est un joueur dynamique, un de nos meilleurs et pour avoir du succès, pas juste cette saison mais lors des prochaines, il va être un gros morceau. C’est bien de le voir revenir en confiance, capable de faire des jeux. C’est une traite de le voir s’améliorer. »