Craig Anderson a effectué 14 arrêts sur 16 lancers samedi contre l'Avalanche du Colorado.

Anderson dépasse Lalime

Craig Anderson a récolté une des plus faciles de ses 147 victoires en carrière avec les Sénateurs samedi soir au Colorado.
Dans le sixième gain de suite des Sénateurs d'Ottawa, 4-2 contre l'Avalanche, il n'a été mis à l'épreuve qu'à 16 occasions, incluant deux lancers en troisième période et quatre en deuxième.
Le gain lui permettait de s'emparer seul du premier rang de l'histoire des Sénateurs pour le plus de victoires par un gardien, après l'avoir partagé brièvement avec Patrick Lalime. Il l'a aussi rejoint pour le plus de parties jouées par un cerbère de l'équipe, à 283, marque qui devrait tomber mardi lors de la visite du Lightning de Tampa Bay au Centre Canadian Tire.
« Quelqu'un a ramassé la rondelle pour moi après le match. J'ai beaucoup de respect pour Patrick, je l'ai rencontré à quelques reprises et c'est un chic type. Il était encore dans la ligue quand je tentais d'y faire ma place. C'est un bon gars, un excellent gardien. Je me sens fortuné de l'avoir rattrapé et dépassé. Il a toujours été très gentil avec moi », a dit Anderson, déjoué par Matt Nieto au premier tiers et Sven Andrighetto en toute fin de partie.
Pour ce qui est de la victoire contre son ancien club, qui l'a refilé aux Sénateurs en 2011 contre Brian Elliott, il a apprécié la tenue de ses coéquipiers devant lui.
« C'est un de nos meilleurs matches que nous avons joués. On s'est tenu ensemble défensivement, on ne leur a pas donné beaucoup d'espace. Nous les avons gardés à l'extérieur la plupart du temps et on les a frustrés alors que leurs joueurs habiles cherchaient à faire la passe de plus. On a joué à notre façon... En l'absence de plusieurs vétérans, il y a d'autres joueurs qui compensent, ils profitent de leurs chances », a souligné Anderson.
Fredrik Claesson est un de ceux-là, lui qui a compté un deuxième but en trois parties en l'absence de Mark Borowiecki pour une deuxième partie de suite. Alexandre Burrows et Mike Hoffman ont aussi compté en deuxième, alors que Ryan Dzingel a ajouté un but d'assurance en troisième, son premier en 11 matches. Jean-Gabriel Pageau a récolté une passe sur le but de Claesson, un cinquième match de suite avec au moins un point pour lui (trois buts et trois passes dans la séquence). Erik Karlsson a pour sa part amassé deux passes, ce qui lui en donne 50 pour la saison, quatrième fois qu'il atteint ce plateau.
L'entraîneur-chef Guy Boucher a certes apprécié l'effort de son équipe à la fin d'un éreintant voyage de trois parties en quatre soirs dans l'Ouest, sans plusieurs piliers alors que Mark Stone (bas du corps) s'est ajouté aux Kyle Turris, Bobby Ryan et Chris Neil, en plus de Borowiecki, sur la liste des éclopés.
« Ce que les gars ont réalisé est pas mal impressionnant, limitez l'adversaire à 16 tirs. Notre structure était un peu croche à Dallas et Phoenix, mais on a resserré les choses en défensive. Nos nouveaux joueurs comme Burrows et (Viktor) Stalberg sont maintenant bien intégrés, c'est probablement le plus vite que j'ai vu des gars échangés cadrer dans un nouveau club comme ça. C'est un crédit à leur intelligence, ils aiment jouer dans une structure. Le crédit doit aussi aller aux autres joueurs qui leur ont fait sentir qu'ils étaient les bienvenus », a dit Boucher.
Son club s'est réveillé dimanche matin au premier rang de la division Atlantique avec ses 84 points, même total que les Canadiens de Montréal avant qu'ils n'affrontent Edmonton dimanche soir, mais avec un match en main. Le Tricolore occupait cette position depuis le 20 octobre dernier.
« Le premier rang, ça n'est pas une considération. On veut juste se qualifier pour les séries éliminatoires, ça a toujours été le but. Quand vous commencez à calculer ces choses-là, c'est là que vous pouvez vous écarter de l'objectif. On a encore un bon bout de chemin à faire, plusieurs clubs sont encore dans la course, tu perds deux ou trois matches et le portrait change », a dit Boucher.
« Un match à la fois, on garde nos oeillères sur le prochain match seulement et on ne mettra pas la charrue devant les boeufs », a renchéri Anderson.
Dzingel met fin à sa léthargie
Ryan Dzingel était content d'avoir secoué une longue léthargie samedi soir contre l'Avalanche, mais il s'inquiétait un peu de l'exemple qu'il a donné à ses petits cousins qui étaient dans l'assistance au Pepsi Center en lâchant les gants en fin de rencontre contre le capitaine de l'Avalanche Gabriel Landeskog.
«Il ne m'a pas donné le choix, il fallait que je me présente. À 4-1, ce n'était pas vraiment nécessaire, mais je n'ai pas eu le choix... Le frère de mon père habite ici et je n'avais pas vu ses enfants depuis longtemps, c'était bien de les voir. Ils sont venus à l'hôtel et j'ai passé du temps avec eux au lieu de faire ma sieste habituelle de trois heures. Je ne leur ai pas donné un trop bon exemple avec ce combat, je ne pouvais pas reculer», a-t-il raconté après le match, ayant passé à l'infirmerie pour recevoir deux points de suture à la tête.
La recrue qui a 13 buts et 29 points à sa fiche n'avait pas marqué à ses 10 parties précédentes et il n'avait pas eu de point à ses huit matches précédents non plus avant de faire dévier un tir d'Alexandre Burrows au troisième tiers.
«J'ai parlé beaucoup à "Marty" (l'entraîneur adjoint Martin Raymond), qui me disait de continuer à jouer de la même façon, que ça débloquerait éventuellement. Il m'a aidé beaucoup alors que je traversais une période où c'était moins facile. "Brass" (Derick Brassard) et Dion (Phaneuf) m'ont aussi parlé beaucoup... Je pense que je jouais assez bien même si je n'étais pas vraiment moi-même. J'ai été chanceux, je n'ai même pas vu la rondelle frapper mon bâton. Parfois, ça arrive comme ça. C'est bon d'avoir marqué devant mes amis et ma famille ici. C'était ma première longue léthargie dans la LNH», a dit l'attaquant qui a eu 25 ans jeudi dernier.
«J'ai particulièrement aimé le fait qu'il a marqué en allant au filet. On développe cette attitude de plus en plus, lui autant que l'équipe d'ailleurs», a noté l'entraîneur-chef Guy Boucher.
Avec l'arrivée des nouveaux venus par voie d'échange, le rôle de Dzingel risque de changer quand tous les blessés vont revenir et celui-ci est prêt à accepter un rôle diminué.