Craig Anderson a remporté deux victoires consécutives. Il aimerait avoir l’opportunité d’en ajouter une troisième en affrontant les Panthers jeudi soir.

Anderson a le sourire facile

Mercredi après-midi, dans le vestiaire des Sénateurs d’Ottawa. Personne ne connaissait encore l’identité du gardien débutant en prévision du prochain match.

Personne ne pouvait savoir parce que l’entraîneur-chef Marc Crawford avait lui-même du mal à se brancher.

Rien pour affecter la bonne humeur de Craig Anderson.

Le vétéran gardien vient de coller deux victoires consécutives. Après l’hiver de misère qu’il a vécu, il aimerait sans contredit qu’on lui offre la chance d’en obtenir une troisième.

« Il a réussi un blanchissage et c’est important, note Crawford. Cela dit, Anders Nilsson a plutôt bien joué, lui aussi, récemment. Nous avons encore beaucoup d’évaluations à faire d’ici la fin de la saison. Anders est un de ces joueurs que nous devons évaluer... »

L’incertitude n’affectait en rien la bonne humeur d’Anderson.

Au contraire. On l’avait rarement vu d’aussi bonne humeur au cours des huit dernières années !

On lui a par exemple appris qu’il a réussi mardi son 13e blanchissage de plus de 35 arrêts en carrière. Ce n’est pas un mince exploit. Depuis 1987, seulement deux gardiens l’ont fait.

L’autre, c’est son vieil ami et rival, Roberto Luongo.

« Lou ? Vraiment ? Ouais... Force est de constater que Lou a fait partie de plusieurs mauvaises équipes. »

Curieusement, il y a toujours eu beaucoup de liens à tisser entre Luongo et Anderson.

C’est encore le cas aujourd’hui.

« Il est vieux. Moi aussi. Nous sommes deux résidents de la Floride », a énuméré Anderson, à moitié sérieux.

« Il faut que les étoiles s’alignent pour réussir un exploit du genre », s’est-il repris, rapidement.

« Quand je fais le bilan de mes années passées ici, je me dis que j’ai fait partie de quelques équipes qui étaient solides, défensivement. J’ai aussi fait partie d’équipes qui étaient moins solides... »


«  Il faut que les étoiles s’alignent pour réussir un exploit du genre.  »
Craig Anderson

Anderson avait l’esprit vif. Il ne portait pas trop de traces du match joué la veille.

« Dans un match, il y a des séquences de trois ou quatre minutes où je n’affronte pas de lancers. Il y a les pauses pour la télévision, tout ça... Même lorsque les lancers sont nombreux, j’ai toujours l’opportunité de reprendre mon souffle. »

La victoire doit faire du bien, aussi.

On se demandait à quel point les défaites qui s’accumulaient minaient le moral du vétéran. À force de perdre, le vétéran de 37 ans aurait facilement pu perdre le goût de jouer.

Jamais, jure-t-il aujourd’hui.

« Parfois, la frustration peut s’installer. La frustration peut être forte, même, quand on pense faire les bonnes choses et que les résultats ne sont pas au rendez-vous. »

« Quand les choses ne vont pas bien, le danger, c’est que le sport devienne un travail. »

Alors qu’il reste une autre année à écouler à son contrat, Anderson jure qu’il aime toujours autant le hockey.

« Personne, dans le vestiaire, n’a perdu de vue la passion. Moi, par exemple, je profite de chaque opportunité qui s’offre à moi pour jouer aux mini-bâtons avec mes deux garçons, quand je suis à la maison. »

On a risqué une dernière question. Les garçons, préfèrent-ils lancer ou stopper la balle ?

« Le plus jeune veut toujours lancer. Le plus vieux était comme ça, avant. Il aime de plus en plus le rôle de gardien. J’essaie donc de lancer le plus fort possible pour lui faire peur. Ça ne fonctionne pas. »

« C’est bien malheureux », ajoute-t-il avec un sourire plein de fierté.

+

Un arrêt déterminant

Un arrêt en première période qui change le cours d’un match? Pour une deuxième journée consécutive, Marc Crawford a parlé d’un arrêt que Craig Anderson a effectué au tout début du match de mardi. Durant une infériorité numérique, au terme d’une glissade, il a stoppé un tir sur réception du capitaine des Sabres, Jack Eichel.

«Craig était tellement éveillé qu’il a donné l’impression que c’était un arrêt facile. C’était tout, sauf un arrêt facile», croit l’entraîneur. «Nous gardons un registre des chances de marquer que nous allouons à nos adversaires. Celle-là serait une chance de marquer de catégorie B. Il nous a donné l’impression que c’était une chance de marquer de rien du tout.»

Les Sénateurs ont éventuellement remporté ce match par quatre buts. On a vite oublié l’importance de ce jeu survenu en tout début de partie.

Crawford, avec toute son expérience, est convaincu que l’issue de la rencontre aurait été différente si jamais Eichel avait réussi à ouvrir la marque avec ce lancer.