Le premier choix de Bruce Firestone pour construire un aréna de la LNH était les plaines LeBreton. Son deuxième ? Le site du lac Leamy. Il a finalement dû se rabattre sur Kanata.

Amphithéâtre à Gatineau: Firestone avait songé au lac Leamy

Plusieurs personnes pourraient rire à l’idée de voir les Sénateurs évoluer en Outaouais. Le premier propriétaire de l’histoire de l’équipe, Bruce Firestone, ne fait pas partie du lot.

Il est le premier à rappeler que la franchise d’expansion avait exploré la possibilité de construire dans l’ancienne ville de Hull ce qui est devenu le Palladium en 1996, à Kanata. Ses associés et lui cherchaient un site à la fin des années 1980 lorsqu’ils préparaient la candidature d’Ottawa pour l’obtention d’une franchise de la Ligue nationale de hockey (LNH).

«Notre premier choix était les plaines LeBreton», a relaté Firestone. Mais la présidente de la Commission de la capitale nationale (CCN) à l’époque, Jean Pigott, préférait conserver les terrains pour la construction d’un nouveau musée ou un futur édifice de la Cour suprême.

« C’était clair que notre deuxième option était le site du lac Leamy où le casino se trouve en ce moment », a expliqué Firestone. Il avait discuté avec le propriétaire des terrains à l’époque, Pierre Bourque.

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« Je trouvais que c’était un excellent endroit pour y aménager un amphithéâtre dans lequel les Sénateurs auraient joué. Je trouvais ça fantastique comme site. L’aréna aurait été à seulement six minutes de route du parlement. Tu avais déjà accès à l’autoroute. »

Ce qui a fait dérailler le tout ?

Les études de marché menées par les futurs Sénateurs. La réaction des amateurs de hockey en Ontario était peu favorable à un scénario d’une équipe évoluant en sol gatinois et non à Ottawa.

« Il y aurait alors eu trois franchises au Québec, puisque les Nordiques étaient encore à Québec. Et tu aurais eu une seule formation en Ontario », a souligné Bruce Firestone.

Le premier propriétaire de l’histoire des Sénateurs, Bruce Firestone

Puis il y avait la LNH qui était froide à l’idée, a-t-il ajouté.

« Notre troisième choix était Kanata. Nous avions aussi étudié des options à Orléans et dans le quartier South Keys. Mais Kanata s’est avérée l’alternative la plus viable. »

Le Palladium a ouvert ses portes en janvier 1996 le long de l’autoroute 417. Firestone n’était déjà plus le proprio, Rod Bryden ayant pris la relève.

Eugene Melnyk a racheté la concession de même que l’aréna qui s’appelle maintenant le Centre Canadian Tire en 2003.

Bruce Firestone suit encore l’équipe qu’il a mise au monde. Tout comme Gilles Desjardins, il estime que l’avenir passe par un aréna sur les plaines LeBreton.

Toutefois, il estime aussi qu’il ne faut pas exclure à long terme un site en Outaouais. « Ça deviendra sérieux si jamais le train léger d’Ottawa est prolongé vers le nord à Gatineau », a-t-il précisé, lui qui a été entrepreneur en résidence à l’école de gestion Telfer à l’Université d’Ottawa.

« J’ai d’anciens élèves qui travaillent et habitent à Gatineau. Il y a du développement incroyable qui se fait là-bas par de jeunes entrepreneurs, tu sais. »

Et à court et moyen terme ? Où les Sénateurs devraient-ils jouer ?

M. Firestone prônerait une remise à neuf de l’aréna actuel des Sénateurs, à Kanata.

« Je sais que l’équipe a étudié ce scénario lorsque Cyril Leeder (président du club de 2009 à 2017) était en poste. Il faudrait alors du lobbying auprès de la Ville d’Ottawa pour prolonger le train léger jusqu’à l’aréna pour y faciliter l’accès. »