Riley Nash, au centre, a terminé sa soirée de travail contre les Sénateurs avec trois points.

Abattus à Beantown

BOSTON — Après un congé de trois jours pour fêter Noël, les Sénateurs d’Ottawa ont choisi de ne pas partir tôt de la capitale afin de se rendre au TD Garden pour tenir un entraînement matinal, histoire de se dégourdir les jambes un peu.

La décision de l’entraîneur-chef Guy Boucher, comme plusieurs autres prises en cette saison de misère, n’a pas fonctionné alors qu’ils ont été rossés 5-1 par les Bruins à leur retour au boulot.

Ce quatrième revers de suite des Sénateurs mettait fin à leur domination contre les Bostonnais, qu’ils avaient balayé en quatre parties de saison régulière l’an passé avant de les éliminer au premier tour des séries. Ottawa avait gagné ses six dernières parties contre les Oursons noirs et jaunes.

Une victoire contre eux aurait pu redonner un peu d’espoir à la formation locale qui a une côte énorme à remonter à l’approche du début de l’an 2018, les Bruins (20-10-5) occupant le troisième rang de la division Atlantique. Mais ils ont porté leur avance sur les visiteurs (11-16-8) à 15 points en remportant ce gain relativement facile.

Indication de la façon dont vont les choses pour les Sénateurs cette saison, une alarme de feu a retenti dans leur vestiaire après la rencontre.

« C’est difficile, les problèmes ne cessent de s’accumuler et on se retrouve dans une situation difficile, a dit le vétéran Nate Thompson. Une équipe était plus désespérée que l’autre, ils ont eu trois jours de congé comme nous, il n’y a pas d’excuses. On doit jouer d’une certaine façon pendant tout le match, pas seulement une partie de celui-ci. Il va falloir qu’on fasse quelque chose. »

Alors que Boucher disait craindre le premier trio de Brad Marchand, Patrice Bergeron et David Pastrnak en matinée, c’est le deuxième trio des Bruins qui a couru à la perte de son club, Riley Nash ayant l’air de Rick Nash lors de cette rencontre où il a dirigé l’attaque des siens avec deux buts et une passe.

Il a déjoué Craig Anderson en se présentant seul devant lui à deux occasions au cours de la période médiane, la première fois en bloquant un tir d’Erik Karlsson à sa propre ligne bleue et la deuxième en profitant du revirement causé par Anders Bjork, qui a soutiré le disque à Dion Phaneuf à sa ligne bleue.

Entre ces deux filets, Thomas Chabot avait redonné un peu d’espoir aux visiteurs en y allant de son deuxième but en carrière, son tir sur réception complétant la stratégie de Mark Stone et Derick Brassard.

Tuukka Rask, le joueur par excellence de la semaine dernière dans la LNH, s’est chargé du reste en repoussant les 25 autres lancers des Sénateurs. Il n’a pas perdu en temps réglementaire à ses 10 derniers départs (9-0-1).

Kevan Miller et Danton Heinen avaient lancé les Bruins en avant au premier tiers, comptant sur les cinq premiers tirs dirigés vers Anderson, de retour devant son filet après avoir raté le match de samedi dernier en Floride, terrassé par un virus. David Backes a ajouté un but d’assurance en fin de rencontre, un quatrième but pour le trio complété par Nash et Heinen.

« La première période a fait mal, on a commis des erreurs impardonnables sur leurs deux buts et après, c’était difficile de jouer du hockey de rattrapage », a commenté Boucher, qui a utilisé Mike Hoffman seulement 1:35 minute au premier tiers quand il a effectué une mauvaise couverture sur le premier but.

« On a donné les devants un peu trop tôt et un peu trop facilement et je ne sais plus trop quoi dire, a ajouté le capitaine Erik Karlsson. Je n’ai pas de réponse à offrir qui va satisfaire qui que ce soit, incluant nous-mêmes. On doit faire du meilleur travail, surtout tôt dans le match, pour se donner une chance quand on arrive à la fin des 60 minutes. »

Les Sénateurs sont rentrés de Boston immédiatement après le match, une douzaine d’heures après leur arrivée à l’aéroport Logan. Ils vont – peut-être – tenir un entraînement jeudi afin de se préparer pour leurs deux derniers matches de l’année 2017, vendredi et samedi au Centre Canadian Tire contre les Blue Jackets de Columbus et ces mêmes Bruins, dans l’ordre.

Chabot et Chlapik ont bien fait

Guy Boucher commence à se rendre à l’évidence qu’il va devoir commencer à penser à l’avenir à long terme des Sénateurs en faisant confiance à leurs jeunes joueurs.

« Chabot nous montre de belles choses en général, reconnaît l’entraîneur-chef. Il a fait de très beaux jeux avec la rondelle, a compté avec un bon lancer, il a eu d’autres chances de marquer. Plus il va avoir de glace, plus il va apprendre et plus ça va être bon pour nous autres à long terme. À court terme, ça a été difficile à date en ce moment, donc là, on regarde des gars à long terme. Un gars comme Chlapik a montré de belles choses encore. Dans une situation comme maintenant, un coach regarde à pus long terme, des gars qui vont nous donner des options de plus. »

Auteur du seul but des siens, Chabot a été appelé à jouer pas mal plus souvent (pus de 21 minutes) étant donné que Fredrik Claesson a été expulsé de la rencontre en fin de premier tiers pour avoir assené un coup à la tête de Noel Acciari. En plus d’écoper d’une majeure et d’une inconduite de partie pour ce geste qui devra automatiquement être révisé par la LNH, le défenseur suédois a dû lâcher les gants contre Tim Schaller, qui lui a infligé une correction.

Chabot a surtout joué avec Erik Karlsson par la suite. « C’était le fun, ce l’est toujours quand tu es aux côtés d’un joueur exceptionnel comme ça. J’essaie de profiter des minutes qu’on me donne... J’ai pu jouer contre la plupart des trios adverses. En général, on n’est pas fiers de comment on a joué, il va falloir se remettre au boulot en vue de notre prochain match (vendredi) », a souligné Chabot, qui a obtenu deux tirs au but et trois autres qui ont raté la cible.