Comme la plupart des athlètes qui s'apprêtent à prendre le chemin de la Russie, Milan Michalek est fébrile. Il a hâte de vivre la frénésie du village olympique.

À l'approche de Sotchi, Michalek se souvient de Nagano

Le 28 septembre 1972, le Canada a cessé de fonctionner pendant quelques heures. On raconte parfois que tous les Canadiens, ou presque, se sont installés devant un téléviseur pour assister au huitième et ultime match de la Série du siècle.
En République tchèque, 26 ans plus tard, le même phénomène s'est produit.
Milan Michalek se souvient fort bien du jour où ses héros d'enfance ont remporté la médaille d'or lors du tournoi olympique de hockey de Nagano.
«J'étais à l'école, mais je n'étais pas en classe. Tous les élèves étaient réunis dans un grand hall pour suivre le match final à la télévision. Il y avait des rassemblements comme celui-là un peu partout. Personne, en République tchèque, n'a travaillé ce jour-là.»
«Ce fut, sans l'ombre d'un doute, la plus belle journée d'école de toute ma vie», lance-t-il en pouffant de rire.
Seize ans après Nagano, alors qu'il s'apprête lui-même à représenter son pays aux Jeux olympiques pour la deuxième fois, l'ailier gauche des Sénateurs est optimiste.
Il est capable de tisser des liens entre l'équipe Cendrillon de 1998 et la formation négligée de 2014.
À Nagano, d'abord, l'attaque des Tchèques était menée par Jaromir Jagr.
À Sotchi, ce sera la même chose.
«J'ai déjà eu la chance de jouer avec lui à trois occasions. Nous avons été coéquipiers à deux reprises au Championnat mondial. Nous avons joué ensemble aux Jeux de Vancouver. Il demeure, malgré son âge, un des meilleurs attaquants de la planète. Il n'est peut-être plus aussi rapide qu'autrefois mais il n'a rien perdu de sa force physique. Il sait se servir de sa force physique pour compléter des belles pièces de jeu.»
Quelques surprises
Les dirigeants de la Fédération tchèque de hockey sur glace ont causé quelques surprises, le mois dernier, quand ils ont dévoilé la composition de leur équipe olympique. Ils ont laissé de côté quelques joueurs qui évoluent dans la LNH. Ils ont préféré miser sur des joueurs - comme le vétéran Petr Nedved et l'ancien espoir des Sénateurs Michal Barinka - qui font partie de circuits inférieurs européens.
En 1998, l'équipe tchèque réunissait aussi des joueurs amassés ici et là. «J'aime bien l'idée de faire un peu de place aux meilleurs joueurs des ligues d'Europe. Ça devrait nous conférer un certain avantage puisque le tournoi sera présenté sur des grandes patinoires.»
«Je crois que nous avons tendance à sous-estimer les joueurs qui évoluent en Europe. La KHL évolue à grande vitesse, vous savez. Il ne faut pas s'imaginer que les joueurs qui n'évoluent pas dans la LNH ne savent pas jouer.»
Parmi les négligés
Au terme de cette envolée qui ne lui ressemble pas, Michalek se ressaisit.
«Il est clair que notre équipe ne figurera pas parmi les favorites à Sotchi. Je persiste toutefois à croire que nous pouvons causer une surprise.»
Comme la plupart des athlètes qui s'apprêtent à prendre le chemin de la Russie, Milan Michalek est fébrile. Il a hâte de vivre la frénésie du village olympique. Il a bien l'intention de s'aventurer un peu à l'extérieur du village des athlètes pour assister à d'autres compétitions.
À Vancouver, en 2010, il a eu la chance de rencontrer une légende nationale, la patineuse de vitesse sur longue piste Martina Sablikova. «Cette fois, j'aimerais bien la voir en action», dit-il.
Les Jeux lui permettront également de passer du bon temps en famille. Son frère Zbynek sera un de ses coéquipiers. Ses parents seront en Russie pour l'encourager.